On rappelle aujourd’hui dans de nombreux média que Claire Kirkland Casgrain, devenait le 14 décembre 1961, la première femme à être élue député au Parlement du Québec.
On en profite pour souligner avec jubilation que l’événement survenait avec plusieurs décennies de retard sur un semblable cas, arrivé au Canada et dans d’autres provinces canadiennes, voulant y donner la démonstration de la fermeture de la nation québécoise aux évolutions de la modernité.
Or, notre histoire démontre le contraire. Si, évidemment, on ne réduit pas le politique à la politique, on découvre que l’engagement politique des femmes remonte au Québec à la fondation du Canada. Il n’est en effet pas un seul progrès social, notamment en matière de salubrité publique, d’éducation, de santé, de protection de notre langue et de transmission de notre culture, qui ne soit attribuable à l’action des femmes. Où trouve-t-on ailleurs au Canada des Jeanne-Mance, Marguerite-Bourgeois, Hélène de Champlain, Madeleine-de-Verchères, Julie Papineau, Eulalie Durocher, Madeleine Parent, Simone Monet-Chartrand, Lise Bissonnette, Louky Bersianik?
Nous sommes une nation en lutte. Dans cette situation, l’action hors des cadres du pouvoir est primordiale. C’est par exemple ce que Lise Payette a compris d’une manière exemplaire, en déplaçant son lieu d’intervention de l’Assemblée nationale à ceux d’expression de sa pensée.
Alors, chères abonnées de ce site, je vous invite à prendre comme résolution de l’année 2012, d’avoir l’audace de prendre la parole publiquement sur cette tribune, éminemment la vôtre.
Avec mes souhaits de fêtes aimantes avec ceux et celles que vous aimez.
Andrée Ferretti





14 décembre 2011 à 16 h 38 min
Claire Kirkland était une collabo. J’aimerais plutôt rendre hommage aujourd’hui aux patriotes morts au champs de bataille ce 14 décembre 1837 à Saint-Eustache. Jean-Olivier Chénier criblé de balles par les soldats anglais.
Je voudrais me solidariser avec toutes ces femmes qui furent jetées à la rue le 15 décembre 1837 dans la neige et le froid à Saint-Benoit après que leur village fut pillé et incendié de fond en comble. JE ME SOUVIENS d’ELLES!
14 décembre 2011 à 17 h 31 min
À chacun sa mémoire
« 14 décembre 1837: Forte de 1300 hommes, l’armée britannique attaque le village de Saint-Eustache. Le combat fait rage pendant cinq heures; les Patriotes y perdent au moins 70 hommes dont leur chef, Jean-Olivier Chénier. Le village est incendié. »
Je n’étais pas là, bien sûr mais je peux facilement imaginer la douleur des femmes de ces Patriotes, laissées veuves avec leurs enfants.
Je me souviens.
Référence: Laporte, Gilles, La route des Patriotes, document d’accompagnement au circuit guidé, Montréal, Automne 2011.
14 décembre 2011 à 18 h 21 min
Plutôt qu’à « chacune » mémoire, n’est-il pas préférable que la mémoire des femmes du Québec retienne tout autant ses pionnières, les Jeanne-Mance, Marguerite-Bourgeois… que les femmes des patriotes et les femmes modernes impliquées en Politique, dont nous ferons les portraits ici. Mais, oui, sûrement qu’il faut noter cette date du 14 décembre 1837. Et y revenir…
Nicole
15 décembre 2011 à 7 h 32 min
Retenir la femme de. X la mère de X la fille de x? NON
Quand raconte-t-on dans l’histoire la destinée de x le mari de madame…, de x le fils de Madame … x le père de Madame…?
On constate, en faisant cet exercice que c’est Madame que l’on met en évidence et non la personne qui est en lien avec elle.
Il en serait pareillement si on faisait l’histoire des femmes en soulignant à qui elles « appartenaient ».
Il me semble qu’on a autre chose à dire, à montrer et à retenir de notre histoire (herstory) que la douleur et les pleurs
15 décembre 2011 à 7 h 43 min
Cela fait réfléchir, Claire. Et je comprends une partie de mon malaise devant le propos. Par ailleurs, celles que l’on appelle les « femmes des Patriotes » ont des prénoms et ont eu dans certains cas des implications et des actions qu’il serait – ou sera – intéressant de mettre ici en évidence, non? La réalité de l’époque étant ce qu’elle était…
NIcole
15 décembre 2011 à 7 h 49 min
Quel est le lien entre la photo du BONHOMME DE NEIGE et le titre de l’édito: Les femmes et la politique?
on fond comme neige au soleil?
on est décoratives?
on est souriantes et froides?:)
on fait carnaval?
15 décembre 2011 à 18 h 53 min
« Voici le système précis qui écrase les nôtres » (Gaston Miron)
Madame Hébert
Il ne s’agit pas pour moi de préférer retenir la mémoire de telles femmes plutôt que telles autres. Les dates des 14 et 15 décembre 1837-1838 sont inscrites dans l’histoire et personne n’y peut rien changer. Les villages ont été incendiés en ces années-là tandis qu’aujourd’hui, on s’apprête à procéder à la destruction du régistre des armes à feu. Ce qui est important pour l’avènement de l’Indépendance du Québec, c’est le système auquel nous faisons face. Cela ne vous enlève pas la liberté de préférer retenir la mémoire de qui vous voulez.
Cordialement.
28 décembre 2011 à 1 h 32 min
0- Vous avez dit »Nous sommes une nation en lutte. Dans cette situation, l’action hors des cadres du pouvoir est primordiale. »
Selon vous est-ce que Françoise David et Pauline Marois devraient démissionner de leur parti pour êtres hors des cadres du pouvoir, puisque que c’est primordial ?
Personnellement, je préfères et je crois que c’est au pouvoir que l’on peut vraiment changer les choses, changer les lois, etc.
Effectivement, nous avons eu plusieurs grandes femmes dans l’histoire du Québec. Mais pourquoi ne pourrions-nous pas en avoir d’autres ?
Étant donné que bien que j’avais offert mes services à madame Marois lors des dernières partielles en Gaspésie, elle, a préféré donner cette chance à un homme… Ou est sa solidarité féminine ?
Quoi qu’il en soit, je suis une femme et pour l’indépendance du Québec, tout comme vous. Alors, est-ce que je pourrais espérer avoir un peu d’aide et de solidarité féminine pour m’aider à fonder mon parti politique indépendantiste ?
À moins que votre solidarité féminine soit exclusivement au service de madame Marois ??
Dans ce cas, je n’aurai d’autre choix que de me tourner vers les hommes pour obtenir un peu de solidarité.
Pour celle qui ne sont pas exclusive au PQ et qui aimerait me donner un coup de main voici mon adresse courriel: jeanne.du.lys@gmail.com
Au plaisir,
Sylvie R. Tremblay
29 décembre 2011 à 14 h 18 min
Pour moi, madame Tremblay, une forme de lutte n’exclut pas l’autre, elles sont à des degrés divers toutes nécessaires.
Les mouvements indépendantistes sont à mes yeux d’une importance égale à celle des partis politiques. L’important est que les uns et les autres conjuguent leurs efforts, tout en conservant chacun son objectif précis et son mode de fonctionnement. Faire l’indépendance d’un pays est une réalisation éminemment révolutionnaire qui exige une multitude d’actions et l’engagement d’une grande majorité de citoyens.
Étant indépendantiste, je ne suis pas péquiste. À tort ou à raison, je considère que le projet de souveraineté-association a dilué le projet de l’indépendance (vous lirez mon analyse à ce sujet dans ma prochaine chronique intitulé « Et si le ver était dans la pomme »). Je considère de même que les infinies tergiversations du Parti québécois, avec les résultats que l’on connaît, démontrent par eux-mêmes la nécessité de l’existence de mouvements qui, n’ayant pas à exercer le pouvoir, jouissent d’une plus grande liberté de pensée et d’action favorables à la prise de conscience nationale et à la mobilisation du peuple.
Cela étant, j’ai appuyé le PQ au cours des dernières décennies, chaque fois que je jugeais ce support essentiel à l’avancement de notre lutte. C’est une fois de plus un appui ponctuel que je donne en ce moment à madame Marois.
Pour ce qui est de sa décision de choisir une autre candidature que la vôtre dans Bonaventure, je ne peux vraiment rien en dire, ignorant tout du contexte dans lequel cela s’est passé.
J’ose espérer, madame Tremblay, avoir répondu en partie, à vos questions et préoccupations.
Davantage encore, j’ose espérer que vous demeurerez une fidèle visiteuse de ce site et une intervenante régulière. Il a justement été créé pour susciter des débats entre des femmes aux conceptions diverses et aux expériences variées.
Avec l’expression de mon estime,
Andrée Ferretti.
30 décembre 2011 à 18 h 35 min
Madame Tremblay,
Précisons d’abord que dans le groupe des Indépendantes, il n’y a pas que des personnes qui appuient Pauline Marois. Et chez celles qui le font, il ne s’agit pas nécessairement d’un appui inconditionnel. Ni relié au fait qu’elle soit une femme, même si cela ne gâte rien dans le contexte actuel.
Pour ce qui est de votre projet de créer ce parti politique, Jeanne du Lys, vous l’aviez déjà en 2008, n’est-ce pas? Mais croyez-vous vraiment que la création d’un parti indépendantiste supplémentaire soit susceptible maintenant de faire avancer la marche du pays vers l’Indépendance? Nous venons d’assister à la naissance de deux nouveaux partis!…
Vous faites appel à notre solidarité; je serais portée pour l’instant à vous proposer une démarche d’introduction. Si vous décidiez, par exemple, après avoir consulté notre projet – voir la Section Les Indépendantes – de vous y engager dans une des tâches suggérées, ou de contribuer au site, vous nous permettriez de mieux vous connaître et possiblement de mieux comprendre votre projet.
Quoi qu’il en soit, vous aurez toujours le choix de vous adresser à ceux ou celles qui pourraient être susceptibles d’endosser votre démarche; il n’y aurait surtout pas de faute ou d’erreur – et je ne vois pas comment vous pourriez vous en priver – dans le fait de solliciter les hommes tout autant que les femmes.
Au plaisir de vous relire peut-être.
Nicole Hébert
5 janvier 2012 à 16 h 22 min
Madame Tremblay
Vous écrivez: « personnellement, je préfère et je crois que c’est au pouvoir que l’on peut vraiment changer les choses, changer les lois, etc. »
Je vous rappelle respectueusement, madame, que l’Indépendance du Québec, c’est le changement de statut de province conquise en celui d’État indépendant, ayant sa constitution, ses propres institutions politiques et intervenant sur la scène internationale de son propre chef. Il s’agit de jeter les bases juridiques devant contribuer à la construction d’un nouvel État en Amérique du Nord dont la langue Nationale sera le français. C’est beaucoup plus que « changer les choses, changer les lois, etc… » voyez-vous. Quel qu’ait été son chef, le Parti Québécois a été au cours de son existence au pouvoir un certain nombre d’années. Les parlementaires issus de ce parti ont voté des lois et présenté des motions en Chambre et ses députés ont fait tout le travail qui doit être fait par un député mais le Québec est toujours une province. Alors comprenez-vous qu’il s’agit de faire beaucoup plus que de « changer les choses, changer les lois etc… » J’ose espérer que Madame Marois l’a, elle, enfin conpris.