En 1810, pendant la campagne électorale déclenchée par le Gouverneur Sir James William Craig, dans le but d’écraser le Parti canadien, The Quebec Daily Mercury rapportait ainsi les propos tenus par les partisans du Parti anglais : « De la part d’un peuple conquis et élevé de la misère à toutes les indulgences et au sommet de la prospérité, un traitement comme celui que le gouvernement essuie continuellement est de l’ingratitude la plus incorrigible ».
Déjà était avancée par le Juge en chef Jonathan Sewell l’idée de l’Union des Haut et Bas-Canada. « Ce serait, soutenait-il, la manière la plus efficace de faire de cette province une véritable colonie britannique où seule la langue anglaise prévaudrait universellement. Noyés parmi les colons anglais, les Canadiens s’édifieraient de leur caractère industrieux et persévérant et, en essayant de leur ressembler, s’élèveraient dans la dignité humaine ».
Ce mépris n’a cessé de faire la manchette des journaux du Canada anglais, sa dernière expression fut de proclamer que le Québec est une société congénitalement encline à la corruption.
Comment s’étonner dès lors du sentiment de notre peuple de devoir continuellement s’excuser d’exister. Comment ne pas comprendre que c’est ce sentiment de culpabilité qui l’amène non pas à glorifier ses chefs, même et surtout quand, comme Pauline Marois, ils ont une attitude de vainqueur, mais à plaindre ceux qui tombent, faute de leur appui constant. Il veut alors, à la première occasion se faire pardonner sa défection.
C’est ce qui expliquait jusqu’à hier la popularité de Gilles Duceppe, selon les sondages, comme chef pouvant avantageusement remplacer Pauline Marois à la tête du Parti québécois. Les Québécois veulent le consoler de la défaite qu’ils lui ont infligée. Après l’échec du référendum de 1980, n’avons-nous pas agi de la même manière en 1981, en reportant René Lévesque au pouvoir accordant à son Parti 49,3% du vote et l’élection de 80 députés.
Plutôt que de crier à « l’assassinat politique », plutôt que proclamer que l’attaque à l’intégrité de Gilles Duceppe, menée par la Presse, profite aux fédéralistes, parce qu’il « était en meilleure position pour gagner les élections!», ceux qui le soutenaient auraient pu comprendre cette raison de sa popularité temporaire.
En effet, cette pitié n’aurait pas tenue longtemps, si par malchance, Gilles Duceppe était devenu chef du Parti québécois. Déjà, son attitude incohérente, pour ne pas dire déloyale envers Pauline Marois qu’il a prétendu appuyer, sans jamais se joindre franchement à elle, alors qu’elle lui ouvrait grande la porte du Parti québécois, déplaisait à une bonne partie de la population, principalement aux indépendantistes. Contrairement aux Dubuc et autres partisans de Duceppe, on peut en effet supposer avec autant de vraisemblance que ce ne sont pas ces derniers qui le soutenaient
Souhaitons qu’en 2012, le peuple québécois soit devenu si honoré d’être lui-même qu’il voudra une chef qui se tient debout envers et contre tout et qu’il sera fier d’appuyer une lutteuse qui a décidé de gagner ses batailles qui sont fondamentalement la sienne, celle qui le conduira à l’indépendance.
Andrée Ferretti





24 janvier 2012 au 19 h 44 min
Madame Marois, c’est une gagnante! Elle sait où elle va. Elle a occupé tous les postes importants de l’État du Québec: Finances, Conseil du Trésor, Administration, Éducation, Santé, Famille et Enfance, Condition féminine. Elle a négocié avec succès la modification de l’article 93 de la Loi constitutionnelle de 1867 (accord bilatéral entre l’Assemblée Nationale du Québec et le Parlement du Canada).
Ce qui précède concerne ses compétences professionnelles. Quand au Parti Québécois, avant son retour, il n’existait déjà plus. C’est elle qui lui a permis d’être là où il est. Elle a défrayé sa dette; elle a ouvert une permanence du parti à Québec pour couvrir tout l’Est du Québec. Elle a fait voté dans les instances un budget pour lui permettre d’entretenir des Relations internationales. Elle lui a permis de redevenir l’Opposition officielle. Elle a gagné plusieurs élections partielles.
Ét voilà qu’elle crée un comité stratégique sur la souveraineté. Ce comité sera composé d’expert et c’est elle qui le présidera. Si j’en juge par ses réussites passées, je suis plutôt optimiste.
Je vais suivre les activités de ce comité avec un intérêt beaucoup plus grand que la publication des sondages CROP-La Presse.
25 janvier 2012 au 13 h 41 min
Prière de lire « experts » et non expert.