Vacance

17 juin 2012

Éditorial

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Non, ce titre n’accuse ni faute ni coquille. Il n’est pas question ici des « vacances » de qui que ce soit, politiciens, journalistes ou écoliers, mais de « vacance ». De vide. De vacuité politique.

L’Assemblée nationale sera désertée jusqu’à l’automne et, selon les vox pop, les problèmes immédiats du Québec sont restés en suspens. Et l’on refusait de parler de moratoire!…

Avant d’abandonner l’enceinte, les chefs de partis, celui au pouvoir et ceux de l’opposition, ont procédé à leur bilan de cette session.  Aucun d’entre eux n’a pourtant semblé faire d’examen de conscience, de lucide retour sur lui-même. Il aurait été intéressant de les voir se pencher sur leur propre performance parlementaire. Jean Charest aurait pu s’excuser de ne jamais répondre aux questions. Mais non, de ce côté aussi… le vide.

Le moment venu des questions de la presse, et une fois épuisée celle des coupables carrés rouges, elles se sont portées, curieuses, sur les éventuelles élections d’automne. Si élections il y a  - la population les réclame – on connaît déjà la rengaine qui sera celle des Libéraux, rengaine qu’ils martèlent depuis belle lurette comme le veut leur Livre d’instructions, et à moins qu’ils ne changent de refrain d’ici le mois d’août, on entendra : « Jean Charest et les Libéraux: le Plan Nord et l’emploi Pauline Marois et le PQ: le référendum et la rue »! On s’est même permis ici le rythme et la rimette! À la limite, ils pourront le « rapper »!

François Legault nous chantera sa « toune » des « vieux partis » et de l’économie, contredisant le « parfait » bilan libéral et Amir Khadir celle de la Liberté d’expression et, avec raison, de la justice sociale.

Pauline Marois, à son tour, a proposé son slogan : « S’affirmer, s’enrichir et s’entraider ». Ambitieux programme! Il aurait été cependant rassurant et stimulant de l’entendre préciser que, pour sortir vraiment de l’impasse et pour réaliser ce programme : «ce que nous proposerons clairement, c’est l’indépendance du Québec ». Le voilà le programme; le seul qui convienne. Et quelle occasion d’aider les QuébécoisEs à constater qu’au fond, ils la veulent, depuis toujours, cette indépendance! Ils la portent dans leurs gènes. Mais, petite parenthèse, que cesse, dans les Assemblées péquistes, ce mécanique, artificiel et agaçant On-veut-un-pays… qui semble plutôt scandé pour la forme; et pour la galerie.

Par ailleurs, interrogé sur Le front uni, ce nième mouvement qui s’organise pour l’alliance des souverainistes – première étape: contrer la réélection de Jean Charest –  Nicolas Girard a exprimé ses réserves, récitant en souriant le slogan qu’il prête aux solidaires: « Battre un péquiste, c’est prioritaire, battre un caquiste ou un libéral c’est secondaire», s’appuyant pour le formuler sur la volonté inébranlable, et avouée, de Françoise David de lui ravir son comté de Gouin.

Alors, cette union?

Faudra-t-il dire, comme Deschamps : « Les unions, qu’osse ça donne? »

Pour le moment, c’est la question que plusieurs se posent. Pour ma part, j’irai signer : http://www.unfrontuni.org , car qui ne risque rien… et j’attendrai la suite, comptant sur la médiation de M. Réjean Parent entre toutes ces parties prenantes du pari souverainiste.

Quand on y pense, Nik Wallenda, le funambule qui a déjoué le vide vendredi soir au-dessus des chutes Niagara n’est pas le seul  à défier l’équilibre. En ce moment, nous sommes aussi des funambules. Nous marchons au-dessus du vide et le sens de notre avenir tient à un fil.

Pour signifier le changement de cap chez les souverainistes, et du coup libérer les péquistes du piège que Jean Charest a fait du port du carré rouge, je propose que nous achetions l’idée de Caroline Moreno, et que nous options pour  le carré bleu sur fond rouge, symbole de la reconquête de ce Québec « garoché » dans le vide; ce Québec vacant que les étudiantEs portent à bout de bras.

Comme le prétend Liette Perrault, dans la Section Points de vue : le « carré » que l’on affiche avec fierté et espoir est un viatique, à savoir un soutien pour la route à parcourir. Mais aussi un rappel de la portée de nos choix à venir. Les Loco Locass le proclament : Le Québec est mort vive le Québec!

« Au plus fort de son désespoir, le funambule empoigne son balancier et croyant devoir renoncer, pas à pas il progresse, pas à pas il passe. »  (Philippe Petit, Traité de funambulisme, Actes Sud, 1997)

Nicole Hébert

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source photo: http://www.flickr.com/photos/91515119@N00/1795141144

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Nicole Hébert

12 réponses à «Vacance»

  1. Lina Poirier A dit:

    Affirmer la nécessité de la souveraineté, j’aimerais entendre ce propos à tous les jours. Il faut que Pauline Marois lise ça.

  2. Lucile Laforest A dit:

    D’accord avec la notion de ¨vacance¨au sens de ¨vide¨, analysée dans la première partie du texte.
    D’accord qu’il faut rendre concret le slogan tant scandé: On-veut-un-pays!
    D’accord pour une union des forces ayant un idéal commun, malgré les tiraillements et difficiles négociations que cette solution peut engendrer.
    Peut-être est-ce là la solution pour arriver enfin au but final!
    Oui, j’irai signer!

  3. Andrée Ferretti A dit:

    Oui, la perpétuelle ambiguïté du PQ, comme programme et stratégie de fond, est une grue qui creuse le fossé, élargissant sans cesse l’espace vide dans lequel le Québec retombe après chaque vaine, parce que fausse, tentative d’en sortir.

    Pauline Marois? J’ai, de tout mon espoir, voulu y croire. Malheureusement, son manque de leadership, faute d’une prise de position claire et courageuse, est devenu inacceptable, pour ne pas dire impardonnable, en ce moment de crise profonde qui est aussi source potentielle de renouveau, fait maintenant pour moi partie du vertige à combattre.

    La lumière et la chaleur estivales feront peut-être naître des forces nouvelles et renaître les anciennes.

    Andrée Ferretti.

  4. Nicole Hébert A dit:

    Malgré les ratés pendant la « crise », je n’ai pas quant à moi perdu confiance en Pauline Marois. Les qualités qui sont les siennes et sur lesquelles pour ma part je mise ne sont pas, évidemment, celles d’une oratrice – une tribun(e)? – Ce sont celles d’une femme d’action, de « prise en mains » d’une situation et de son « menage » à terme. Lui demander de scander ON-VEUT-UN-PAYS devant une assembée… – Je crois que c’est lorsqu’elle sera élue et en charge du Québec actuel et de celui à venir que nous verrons de quel bois elle se chauffe. Je serais surprise que ce soit du bois mou. D’où mon immense souhait qu’elle soit élue. Son leadership? Pour passer à travers cette année de misère sans nous laisser tomber comme l’ont fait TOUS nos « tribuns » qui l’ont précédé quand ils ont été contrariés ou contestés… je crois qu’elle en a fait preuve, de leadership. Ce n’est pas une femme pour l’opposition. Sortons-la de là! Elle n’est pas faite pour attendre et pour palabrer mais pour agir.

    Mais mais mais… pourquoi pourquoi pourquoi le PQ n’est-il pas encore capable d’avoir – comme le dit si bien Jean Charest en nous trompant allègrement sur les siennes – le courage de ses convictions? CertainEs croient que c’est parce qu’il ne les a pas. Je postule encore qu’il les a mais pas assez de foi et d’audace pour les affirmer haut et fort et les mettre en œuvre. Le jour où Pauline Marois aura les mains sur le volant, elle aura le courage de ce faire. C’est au Parti – et ceux et celles qui l’appuient, même à distance, actuellement – de porter la parole convaincante et de faire élire cette femme. Après, on verra et si elle faillit à la tâche, on verra rapidement. D’abord remettre le Québec debout – elle en est capable et elle a une bonne équipe pour cela – et foncer vers son avenir. Mais que soit clamée officiellement au « plus sacrant » cet avenir qui devrait être l’horizon. Qu’il n’y ait pas place pour le doute à ce sujet.

  5. Andrée Ferretti A dit:

    L’atermoiement.
    Pour combien de décennies encore?
    Après l’étapisme, le beau risque, toutes les élections qui ont mis l’indépendance sous le boisseau, arrive la gouvernance souverainiste.
    Y a toujours un maudit bout à confondre espoir et aveuglement.
    Andrée Ferretti.

    P.S. On doute de l’indépendantisme de QS, sous prétexte qu’il n’occupe pas la première place dans son discours, mais au moins, il en occupe une.
    Peut-on en dire autant du discours du PQ.

    Andrée Ferretti.

  6. Liette Perreault A dit:

    Je pense aussi que c’est Pauline Marois qui dirige l’équipe la plus expérimentée.

    Mais…nous aurions besoin de la volonté de tout le monde pour que le Québec prenne enfin sa place. Dans le maintien de la compétition partisane, nous n’y arriverons pas!

    Je vais signer

  7. Nicole Hébert A dit:

    Je connais et comprends parfaitement ton impatience, Andrée, mais qu’est-ce qui ira plus vite? Q.S. au Provincial avec le N.P.D. au Fédéral? Qui croit que Mulcair sera l’allié d’un Québec indépendant se leurre royalement. Et Q.S parle plus d’indépendance que le PQ?… J’ai mal écouté ou entendu sans doute, et s’il le fait, il n’a rien à y perdre. Et tout à y gagner.
    Ma décision est prise. S’il y a élections à l’automne, j’irai voter mais je ne voterai que pour un PQ qui affichera franchement ses couleurs. Sinon, j’annulerai mon vote.

    Quant à l’Union, j’ai signé… On verra.

  8. maude levasseur A dit:

    Mme Hébert,

    On peut dire qu’on veut l’indépendance avant, pendant et après les élections, mais entre le dire et le faire c’est autre chose. Les autres avant elle l’ont dit mais après ne l’ont pas fait, je vous donne comme exemple le dernier, M. Parizeau.

    Mme Marois est très déterminée et elle ne s’en cache pas qu’elle veut l’indépendance mais elle n’a pas à se répéter comme un perroquet à chaque fois qu’elle parle. Elle ne peut pas faire l’indépendance à elle seule, si le peuple ne suit pas.

    Moi je ne vois pas l’utilité à le dire aussi souvent que vous le souhaitez, elle doit plutôt se préparer pour faire l’indépendance et je crois que c’est ce qu’elle fait. Je ne comprends pas pourquoi vous doutez de Mme Marois!…Laissez lui faire sa stratégie en paix et surtout pas avant d’être élue car vous savez très bien que jjcharest va tout faire pour la démolir. Pour faire l’indépendance il faut d’abord être élue et ce n’est pas si facile pour une femme.

    SVP cessez vos critiques destructrices, vous ne faites que donner des munitions à l’adversaire. Soyons solidaires de Mme Marois et faisons-nous confiance quand même.

    Imaginez si vous n’avez pas confiance, comment pouvez-vous inspirer les autres pour avoir confiance? Un fédéraliste qui vous regarde ça ne l’encouragera pas à changer d’idée.

    Moi je suis contre les stratégies ouvertes et j’appuie Mme Marois dans ça.

  9. Nicole Hébert A dit:

    Maud,

    nous avons sensiblement la même opinion. J’ai réaffirmé plutôt clairement, il me semble, ma confiance en Pauline Marois. Et je suis persuadée comme vous qu’elle sait où elle va.
    Je parle du PQ. Qui doit se positionner beaucoup plus clairement. Et non pas répéter ON-VEUT-UN-PAYS en ayant l’air de croire que cela suffit. Ce n’est pas la fréquence qui compte mais l’évidence qui fait que tout est relié. Que les électeurs sachent, sans que Charest le leur rappelle, que voter PQ, c’est voter pour l’indépendance du Québec.

  10. Andrée Ferretti A dit:

    Je n’ai dans mes deux interventions, d’aucune manière appeler à voter pour un autre Parti que le PQ.
    Pour ma part, je le ferai une fois de plus, sans la moindre illusion sur son intention actuelle, passée et à venir de faire l’indépendance.
    Comme je l’ai écrit ici et ailleurs, plusieurs fois, l’objectif prioritaire de la prochaine élection est de libérer le Québec de l’emprise destructrice et corruptrice du gouvernement Charest.

    Dans le présent éditorial, sont énumérées quelques causes proches et lointaines du vide politique qui afflige notre société. Comme ni le programme, ni le discours ni la stratégie péquistes ne sont sérieusement mis en cause, alors que ce Parti qui ne porte pas comme il le devrait le projet indépendantiste, est indéniablement, que vous l’admettiez ou pas, est le principal responsable.

    Il faut le voir enfin, et dès maintenant, pour pouvoir agir en conséquence, une fois défait le parti libéral.

    Andrée Ferretti.

  11. maude levasseur A dit:

    Mme Hébert, moi aussi j’aimerais ça que le PQ dise qu’aussitôt élu le PQ sépare le Québec du Canada, mais si je faisais ça j’aurais 1% du vote comme M. Aussant. Ce n’est pas un parti qui fait le vote, il propose et le peuple dispose. Actuellement ce qu’une partie du peuple veut c’est mettre jjcharest à la porte et voir le conflit étudiant se régler.

    Les électeurs entendent bien ce qu’ils veulent entendre et en ce moment ce n’est pas qu’ils veulent un pays ou non, ils veulent des élections. Ils savent aussi que le PQ veut faire l’indépendance et que c’est un parti nationaliste. Ils sont pas fous ils l’ont bien compris mais ils ne sont pas encore rendus là. Alors pour le moment le PQ ne peut que travailler à se faire élire et la suite viendra en stimulant le peuple et en leur faisant la démonstration que le Québec peut se séparer et gagner leur confiance.

    Le PQ ne peut pas que parler à des convaincus comme nous, ce serait facile si tout le monde était comme nous, mais ce n’est pas le cas. Je sais que vous avez l’intelligence pour tout savoir ça mais on dirait que vous l’avez oublié et Mme Ferreti aussi.

    Mes meilleures salutations à vous deux et je vous admire aussi. Si le monde avait toute votre sensibilité et votre intelligence ont l’aurait notre pays depuis longtemps.

  12. Nicole Hébert A dit:

    Maud,

    Vous avez l’ardeur de la jeunesse. Et sa simplicité. Et cela fait du bien. Restez avec nous.
    Une bonne partie de moi est en accord avec ce que vous dites. Mais c’est la tiédeur – apparente en tout cas – du PQ – qui me refroidit ! Mais sur l’essentiel, Andrée Ferretti, vous et moi et ceux du Front uni sont d’accord: la priorité c’est de battre Jean Charest et son « équipe ». C’est un indispensable. Alors, j’ai peut-être parlé un peu vite tantôt: je voterai aussi PQ et je m’impliquerai pendant la campagne, c’est sûr. Merci d’intervenir, Maud. Et le texte que vous envisagiez est toujours attendu!

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