Ici, CHEZ-NOUS au Québec, nous entamons chaque année, avec le 20 juin, une période pour le moins chaleureuse et à certains égards invitante… Et encore plus intensément cette année.
D’abord, bien sûr, ça commence avec le solstice d’été et sa plus longue journée de l’année, fêtée par les « Amérindiens ». Journée claire; lumière jusqu’à la 21e heure passée. Cette année, le solstice était là hier, mercredi le 20 à 18h09. Ensuite, c’est la fin des classes et, depuis une assez belle lurette, notre Fête nationale, le 24, la belle Saint-Jean. Petit mouton en moins.
Mais cette année, entre les deux, il y aura demain notre quatrième 22e. Pas le 22e Régiment mais le quatrième « quantième 22 » de suite – mars, avril, mai, juin – où nous manifesterons en grand. Nous pourrions peut-être même fêter ce quantième jusqu’à la fin du monde, annoncée pour le 22 décembre ? Et cette fois-ci, 22 juin, nous manifesterons en duo, à Québec et à Montréal. Et peut-être ailleurs. Répétition en même temps pour le 23 et le 24… Après le printemps érable; l’été érable.
Une semaine plus tard, comme chaque année, ce sera la réplique compétitive d’identité venue du Canada: une avalanche de petits drapeaux rouges et blancs – ne pas confondre avec le carré rouge - nous envahira pour inciter à fêter le 1er juillet – la Confédération. Tout est mis en œuvre « anyway » pour en aguicher certainEs et en acheter d’autres: gâteau exhorbitant, feux d’artifice… Artifice. Et argent qui coule. Mais ici, chez-nous, on se sent terriblement « occupé » ce jour-là; on déménage.
Juillet donc: cette année, après le déménagement, grande reprise de manifestation à Québec, le 2 juillet, en la veille de la fête de la Capitale. Cette fois, fêter la Francophonie et manifester pour notre langue, la française-québécoise, qui se fait si grandement malmener ces derniers temps. C’est sous tous les angles que notre langue est assaillie, affaiblie; front fédéral, front « provincial », insensiblement en apparence, subtilement, agressivement, odieusement. La langue, c’est la réalité qui, pour tous les peuples qui veulent vivre, représente le maillon le plus fort ou le plus faible. Alors ce jour-là, pour manifester, il faudra y être aussi. Comme un seul peuple.
Jusqu’ici, nous l’avons gardée plutôt résistante, notre langue, avec ses particularités, ses accents, ses gros mots, ses mots doux, ses expressions, ses beautés, ses cicatrices… Nous avons dû veiller au grain et parfois lutter fort. Et grâce à certains leaderships, je pense surtout à Camille Laurin et Gérald Godin, nous avons réussi. Qu’on nous épargne surtout aujourd’hui, chez les « conservateurs-revisionnistes », cette histoire de la Guerre de 1812… comme sauveuse « du fait français au Canada »! On « en r’vient ben » de cette guerre revisitée. Et on y reviendra. Certaines batailles s’annoncent sauvages, même ces jours-ci, autour de l’affichage des grandes marques anglos. Et la Ministre est mieux de marcher comme sur des oeufs* ou, comme on dit, les « f….. …… À cette manif du 2 juillet, il nous faudra être au moins 101,000. Au moins. « Quand le français recule au Québec c’est le cœur de la francophonie en Amérique qui est atteint. Mobilisons-nous massivement! » (Mouvement Québec français)
Et comme il y aura sans doute campagne électorale à la fin de cet été qui commence en lion – le Premier ministre, de son côté, a fait son grand nettoyage; à défaut d’être galvanisé, il est javellisé et, pour l’exposition sur la corde à linge, plus blanc que blanc… De notre côté, ainsi réuniEs, nous SERONS PRETeS. Et entendons-nous pour être très coloréEs.
Un bel été aux étudiantEs.
Un bel été à nous!
Une vibrante fête nationale!
Et une efficace campagne électorale…
Nicole Hébert
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Photo: wikipedia; par Danielle Langlois; Parc Forillon, Gaspésie, Québec. L’iris versicolore.





21 juin 2012 à 22 h 36 min
Merci pour ce texte. On n’oublie rien, on lâche rien!!
24 juin 2012 à 9 h 20 min
J’espère aussi qu’il y aura une foule imposante le 2 juillet prochain à la grande fête de la francophonie.
Réalisons que le Québec tient à bout de bras, et ce depuis quatre siècles, la vigueur de la langue française en Amérique.
La communication par les réseaux internet qui réussit à mobiliser les individus en un temps record doit tenir compte du risque de sacrifier la beauté du langage à la vitesse de transmission des messages. Ici encore, les jeunes peuvent apporter une contribution substantielle.
Merci Nicole de souligner l’évènement!