Un moment historique

3 septembre 2012

L'indépendance, Le pouvoir

Sommes-nous à la veille d’un moment historique?  Je le pense sincèrement.

Cette semaine verra l’élection de la première femme au poste de Premier Ministre du Québec.  Si les sondages se confirment, Pauline Marois deviendra Première Ministre de tous les Québécois le 4 septembre prochain.

Si j’avance audacieusement cette affirmation, c’est que la réaction des anglophones ne ment pas. Quand ils commencent à manifester une certaine agressivité et à exprimer des menaces quant à leur liberté, cela veut dire qu’ils craignent sérieusement la suite des choses. Faut-il s’en préoccuper? Certainement. Faut-il modifier notre ambition? Certainement pas.

La démocratie ne doit pas être à deux vitesses. La démocratie, c’est la voie de la majorité. Si la majorité québécoise élit Pauline Marois et le Parti Québécois, c’est qu’elle veut du changement.  Du Vrai changement.

Le Vrai changement n’est-il pas d’abord dans la façon de faire les choses? Une femme fera toujours les choses différemment, même si l’objectif à atteindre est le même que celui poursuivi par un homme. Mme Marois dirigera le Québec à sa manière : claire, ferme et compréhensive. Cette femme, hors du commun il faut le dire, prendra les rênes du pouvoir avec un plan clair pour la suite des choses. Elle va étonner.

Bien sûr elle se fera reprocher plein de choses, mais cela ne la distraira pas de son objectif, à savoir conduire le Québec à l’indépendance. Les astres sont alignés maintenant. Elle suivra sa route.

Ce que l’on ne sait pas encore, c’est avec quel appui elle pourra réaliser ses rêves qui sont aussi les nôtres. Quelle sera la force du gouvernement Marois? Il est clair que si la majorité des sièges lui est gagnée, Pauline Marois sera en mesure de procéder plus rapidement et probablement à moindres coûts. Si le gouvernement Marois est majoritaire, elle aura les coudées franches et le support nécessaire pour imposer ses choix devant Ottawa et entreprendre des négociations constructives sur tous les sujets qui pénalisent le Québec.  Elle aura ainsi la chance d’établir une crédibilité qui lui sera utile dans les prochaines étapes de son gouvernement jusqu’au moment où un autre choix populaire s’imposera pour arriver à l’étape finale de l’affirmation nationale des Québécois(e)s.

Mais le 4 septembre prochain, des obstacles de taille se présentent sur notre route. D’abord il ne faut pas se cacher que le nombre de partis s’affichant comme étant souverainistes vont distraire et diluer le vote en faveur d’un gouvernement majoritaire souverainiste. Il reste une journée, pour ceux qui seraient tenter d’appuyer un autre parti souverainiste, pour réfléchir sérieusement aux conséquences de leur geste. Si le gouvernement Marois était minoritaire, il sera très difficile de diriger le Québec et probablement nous retrouverons-nous en élection plus rapidement que dans quatre (4) ans. Cela coûtera cher et retardera les échéances qui sont maintenant à portée de main.  C’est un pensez-y bien.

Québec Solidaire ou Option Nationale ne veulent pas former le gouvernement, et même s’ils le voulaient, ils ne le pourraient pas. Alors pourquoi retarder l’échéancier du Parti Québécois à cette étape-ci et dans le contexte actuel?

Quant au Parti de la Coalition Avenir Québec avec François Legault, c’est exactement cela :  une coalition de gens qui cherchent à n’importe quel prix à prendre le pouvoir pour gérer le Québec à leur façon. Cette façon, c’est la façon des gens d’affaires et je dirais même des affairistes. Pour avoir côtoyé pendant 25 ans le monde des affaires, avant ma vie politique, je ne peux pas vraiment croire que l’intérêt supérieur du Québec les guidera dans le processus décisionnel. Les intérêts financiers seront les plus importants. Or les intérêts financiers ont mené la Grèce et une partie de l’Europe au bord du gouffre. Est-ce vraiment ce que nous voulons pour le Québec?

Gérer le Québec est une chose.  Diriger le Québec c’est autre chose. Il faut de la vision, de l’intelligence, de la générosité et surtout le sens du long terme.

C’est à notre tour le 4 septembre de choisir celui ou celle qui aura notre confiance. Il n’y a pas de place pour l’erreur quand on sait où on veut aller. Je crois que la majorité du Québec sait où elle veut aller, alors il faut qu’elle l’exprime.

Le 4 septembre on vote pour notre avenir.

Rita Dionne-Marsolais

Partagez ce contenu !
Facebook Twitter Email
Rita Dionne-Marsolais

A propos de Rita Dionne-Marsolais

Après une carrière de 25 ans dans les milieux d'affaires montréalais, canadiens et internationaux, Rita Dionne-Marsolais a été élue députée de Rosemont durant quatre mandats. Économiste de formation elle a assumé plusieurs portefeuilles ministériels entre 1994 et 2008, dont ceux du Tourisme, du Revenu, de l'Énergie, et de l'Industrie et du commerce. Elle s'est retirée de la vie politique en ne se présentant pas à l'élection de 2008.

Voir tous les articles de Rita Dionne-Marsolais

6 réponses à «Un moment historique»

  1. J.-Paul & Maude Beauregard A dit:

    Nous avons très hâte mon mari et moi d’aller voter pour élire notre Première Ministre du Gouvernement. Bravo Mme Marois nous sommes sûres que vous allé être élue majoritaire et nous sommes avec vous de tout coeur.Bravo et Bonne Soirée d’élections.
    Maude

  2. R Jutras A dit:

    Bravo à vous mes grandes dame du québec. J’espère qu’un jour notre rêve vas se réalisé merci

  3. Liette Perreault A dit:

    Bonne soirée des élections 2012 à toutes!
    Chantal Hébert, questionnée sur la médiatisation des résultats prévoit que nous allons nous coucher tard…
    Il y aura des moments de serrements de coeur et d’autres palpitants.
    Mais chacune se sentira moins seule après avoir écrit et lu, réfléchi et espéré ensemble un dénouement heureux, et souhaitons le « historique »!

  4. Daniel S. A dit:

    Français, ayant vécu quelques temps au Québec, j’ai toujours gardé un oeil sur cette société très différente de la notre.
    Par contre, je veux dire une chose, quand vous écrivez :

    « Les intérêts financiers seront les plus importants. Or les intérêts financiers ont mené la Grèce et une partie de l’Europe au bord du gouffre. »

    C’est une grave erreur. Je sais que c’est l’information véhiculé par les journalistes francophones (majoritairement de gauche et socialiste en France, un sondage avait donné 95 % de journalistes votant pour le candidat socialiste). Mais la réalité de la chute de la Grèce et le marasme d’autres pays (dont la France) n’est nullement d’origine financière. C’est une crise de la dette : A savoir que ces pays ont un modèle social extrêmement coûteux mais des rentrés fiscales insuffisantes. Alors ces pays ont financé leur modèle social par la dette, en empruntant des milliards d’euros chaque année. Sans avoir les moyens de les rembourser.
    A titre d’exemple en France le modèle social représente une dépense de 56 % du PIB (soit 1400 milliards d’euros annuel) mais que les recettes fiscales (parmi les plus lourdes du monde) ne sont « que de 44 % du PIB (soit 1100 milliards d’euro). La différence, les 300 milliards, c’est de la dette. De l’argent qui est emprunté.
    Mais comment rembourser quand on dépense chaque année toujours plus que l’on ne gagne???
    Le Québec avait un modèle plutôt équilibré quand je vivais chez vous (entre 2004-2006). Ne prenez surtout pas le chemin du socialisme ni de la démagogie, sinon dans quelques années vous serez à la place de la Grèce.
    Regardez ce qu’il se passe chez nous… Le nouveau gouvernement vient de mettre un place des mesures liberticides et contre productive : blocage des loyers et augmentation des taxes et impôts sur les logements (ce qui a eu pour effet de réduire la construction de nouveaux logements), augmentation des charges sociales et patronales (ce qui a eu pour effet de réduire les salaires et d’accélérer le chômage)… De nouveaux impôts sont en préparation (taxes sur la surface constructible si vous avez un terrain à bâtir, taxes sur le « Revenu Fictif », oui oui vous avez bien lu FICTIF = l’état va calculer combien vous « gagnez » d’argent une fois vos emprunts bancaires finis et taxera sur cette somme fictive).

  5. Marie Valois A dit:

    La lettre de Madame Dionne-Marsolais me fait tellement chaud au coeur et exprime bien mes propres pensées. Les élections sont passées et Madame Marois mérite nos félicitations et surtout notre soutien pour l’avenir.

  6. Carole Girardeau A dit:

    Madame Dionne-Marsolais, je pense tout comme vous et j’ai fait moi aussi un appel pour la non-division du vote souverainiste. Je crois qu’il est important d’arriver à la souveraineté, pendant que nous sommes encore francophones en majorité. D’abord avoir un pays et ensuite faire la promotion d’autres partis voilà qui est stratégique. Mme Marois mérite d’avoir le temps pour prouver au peuple québécois qu’elle sait y faire, alors maintenant je souhaite qu’elle soit au pouvoir pour au moins 3 ans, Des élections coûtent chères aux contribuables mais la CAQ s’en fout royalement car comme vous dites ils cherchent le pouvoir des affairistes, envers et contre le peuple. Merci Mme pour votre mot.

Laisser un commentaire