Petits pains et petites ambitions

25 novembre 2012

Libre expression

L’élection d’un gouvernement conservateur majoritaire, doublé d’un gouvernement majoritaire libéral, devait mener à l’indépendance du Québec. Les uns et les autres, par leurs actions canadiennes – aux antipodes des valeurs québécoises – allaient démontrer la nécessité de faire bande à part. Harper et Charest, avec leurs leurs talents de cracheurs de fiel et de déséquilibristes, ne tarderaient pas à mettre le feu aux poudres.

Harper continue à jouer les dictateurs et Charest est retourné, en toute impunité, à la pratique du droit, laissant aux Québécois un État méconnaissable… (déficit, corruption, collusion, anglicisation, cours d’étique et d’enseignement religieux, etc.)

Les politiciens, leurs adeptes et leurs militants d’un soir s’avèrent incapables de tirer profit du pire pour enfin prendre le taureau par les cornes et l’envoyer promener au Canada. Au contraire, ils ratatinent; se font tout petits : ce n’est pas le moment ; on ne peut pas ; on n’a pas le droit ; on est minoritaires ; ça ne se fait pas… Le PQ doit prouver qu’il sait gouverner…

Et pendant que l’on tourne en rond, le français recule et les valeurs québécoises briment les droits et libertés des minorités fanatiques!!! On fait une croix sur les sapins de Noël, on mange halal, on ménage des coins de prière, on parle anglais, on ferme les yeux sur les institutions illégales d’enseignement, on  milite pour le port de l’inoffensif voile islamique, bref, on s’intègre aux autres. Comme des imbéciles heureux.

Ce cirque ne fait plus rire personne. Encore moins rêver. Les leaders québécois cherchent à gagner du temps parce qu’ils sont morts de peur. Ils essaient de faire passer cette peur pour de la patience. Dans le fond, le statu quo leur convient. Ils font semblant de se battre pour justifier leurs emplois et leur salaire. À la fin, tout le monde a peur de perdre quelque chose (travail, réputation, argent, fond de pension, citoyenneté, subventions, etc.) et personne ne voit l’indépendance en termes de gain : Qu’est-ce que le statut de pays apportera au Québec et aux Québécois?

Cette lâcheté a pour effet de rendre la culpabilité facile. Si Pauline Marois a été la cible d’im attentat à caractère raciste, n’est-ce pas un peu de notre faute?

Ce Québec qui branle dans le manche est déprimant. Au lieu d’être dans les rues en train de fêter l’indépendance, on rase les murs. Pas un mot plus haut que l’autre. Des compromis. Des renoncements… Des trahisons. Les coupures dans le ministère des Relations internationales en disent long sur le peu d’ambition que le PQ possède.

Tout cela pour dire (et certains s’en réjouiront) que je n’ai plus envie d’écrire le Québec.

Caroline Moreno

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3 réponses à «Petits pains et petites ambitions»

  1. Nicole Hébert A dit:

    Surtout ne pas cesser « d’écrire le Québec », Caroline…
    Et voici une autre façon d’envisager le « petit pain » que j’ai bien aimée et qui ne s’oppose pas à la première mais la retourne comme un gant, la réhabilite à notre profit: http://les7duquebec.org/7-de-garde/fierement-ne-pour-un-petit-pain/

  2. Diane Paquet
    Diane Paquet A dit:

    Vous avez raison sur toute la ligne dans votre analyse. Les 10 ans de gouvernement libéral ont démoli et déconstruit un Québec que l’on commençait à se faire. Certains jours, je suis pas mal découragée de voir tout ce que nous devons faire. Au moins, et cela me console, ce n’est pas sur mes seules épaules que reposent toutes les décisions à cet égard; je pense à Pauline qui a mon âge et qui doit assumer une telle responsabilité. Sur qui peut-elle compter vraiment? Certains des piliers qu’elle a plaçés pour supporter l’édifice du Québec renouvelé ont les pieds fragiles, que l’expérience devrait consoliser. Il faut de la patience et surtout du courage pour durer le temps qu’il faut.
    N’abandonnnez pas l’écriture, nous avons besoin de vos commentaires. Restons quelques-unes à garder le phare même si la lumière semble parfois faiblir.

  3. Liette Perreault A dit:

    De tout ce que nous pourrons dire, écrire et faire, rien ne sera superflu…ni inutile!

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