Politique 001: Gauche-droite, en avant toute

13 décembre 2012

Chroniques, Le pouvoir

Lorsqu’il est question de partis politiques, il est souvent question de leur position à droite ou à gauche de l’échiquier politique. La mention gauche/droite, selon certaines sources, remonte à la Révolution française où, l’histoire le raconte, les partisans de la guillotine pour Louis XVI étaient placés à gauche dans la salle d’audience et les partisans de la clémence envers le monarque étaient regroupés à droite. C’est ainsi que depuis, on associerait la gauche au changement et la droite au statut quo. *

Mais qu’est-ce qui distingue plus précisément la droite de la gauche ?

Énumérons, avec Wikipedia, les quelques valeurs suivantes pour les caractériser plus précisément :

  • les valeurs d’autorité, d’ordre, de sécurité, de tradition et de conservatisme (droite)
  • les valeurs de progrès, d’égalité, de solidarité, d’insoumission (gauche)
  • les valeurs de travail, de liberté, de mérite et de justicee sont quant à elles, plus transversales, même si leur sens peut varier selon ceux qui les utilisent.

Sur une ligne imaginaire, la droite et la gauche sont donc deux positions idéologiques que l’on peut placer de chaque côté du centre.

Ainsi distribués sur cette ligne, tous les partis de droite ou de gauche n’occupent pas la même position. Ainsi, le PQ et Québec solidaire peuvent être distingués, tout en étant tous deux sociaux-démocrates. Québec solidaire, idéologiquement, se place plus à gauche que le PQ. Le Parti libéral du Québec s`est lui-même prétendu de centre-gauche, admettant ainsi qu’il se veut social-démocrate en théorie, mais plus mollement que les deux partis mentionnés précédemment.

« Plus mollement »; je viens d’introduire ici une nouvelle notion : celle de mollesse – « mou » -  à laquelle il faut ajouter son contraire soit « dur ». Il existe des partis de droite comme de gauche pouvant être qualifiés de durs ou de mous. Par exemple, le Parti communiste se situe très à gauche et se montre plus « dur »  (en ce sens que ses positions sont moins flexibles que celles des sociaux-démocrates du centre ou du centre-gauche). Autrement dit, certains partis peuvent plus facilement que d’autres trouver des terrains d’entente et former des coalitions sur des bases idéologiques communes et larges. Les partis de droite peuvent aussi être durs ou mous. Par exemple, les Conservateurs actuels sont plus mous que les Réformistes avec lesquels ils se sont associés. Par ailleurs ces mêmes Conservateurs sont plus durs dans leurs positions de droite que les partisans de la CAQ, une coalition mais pourtant plutôt à droite.

On peut donc classer les partis selon leurs positions par rapport à l’extrême droite ou à l’extrême gauche (positions rares sinon inexistantes au Québec), de même que selon l’intransigeance avec laquelle ils positionnent leurs idées, les mous étant capables de faire des compromis (pas de la compromission), les autres pas ou faiblement (mou-dur), comparativement  aux partis plus au Centre.

Au Québec, nous devons aussi positionner les partis politiques selon un troisième axe, soit sur une ligne fédéraliste/autonomiste, voire souverainiste. En effet, les axes précédents droite-gauche, dur-mou ne peuvent  caractériser idéologiquement et complètement les partis sans y ajouter cet axe fédéraliste/autonomiste, tant que la question nationale n’a pas encore été résolue. Notons, pour éclairer ces notions, que dans une société établie et stable, le « nationalisme » fait partie des valeurs traditionnelles – donc de droite -, contrairement au cas d’une nation qui cherche à se libérer. Sur ce nouvel axe, on retrouvera donc, dans notre situation Québec/Canada, les partis fédéralistes à droite et les souverainistes à gauche, en fonction de leur volonté de changement, les fédéralistes proposant le statut quo et les souverainistes une réforme, soit un nouveau statut. Et par rapport à cet aspect, il faut aussi considérer la fermeté des positions. Selon le changement proposé, ou la manière d’y parvenir, on peut ainsi situer plus précisément les différents partis politiques. À l’extrême gauche, il faudrait placer un parti indépendantiste qui soit révolutionnaire (qui accepte la force comme moyen de libération). À l’extrême droite, évidemment, les partis résolument fédéralistes, en mesure aussi d’avoir recours à la violence si jugée nécessaire. Plutôt vers le centre-droit, il faut placer la Coalition Avenir Québec, puisqu’elle propose l’autonomie du Québec mais mollement et sans urgence; Québec solidaire un peu moins à gauche que son programme sur cet axe, et le PQ plus à gauche que le précédent puisqu’il propose le changement de statut pour le Québec (la souveraineté). Enfin, Option nationale se placerait ici encore plus à gauche que le PQ parce qu’il propose un nouveau statut immédiat pour le Québec sur la base de la consultation électorale…

Diane Paquet

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* Pouvoir, idéologies et régimes politiques, Gérald Loriot, Éditions Études vivantes, page 179.

Complément :  http://www.noemiegrynberg.com/pages/politique/la-notion-de-droite-gauche-en-politique.html On y  notera  une autre hypothèse quant aux origines des notions gauche-droite.

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Diane Paquet

2 réponses à «Politique 001: Gauche-droite, en avant toute»

  1. Liette Perreault A dit:

    Si l’insoumission est à compter parmi les valeurs dites « de gauche », cela pourrait-il, en partie du moins, expliquer le fait que les chefs du PQ aient eu à gérer autant de défections successives au sein de leur propre parti?

  2. Diane Paquet
    Diane Paquet A dit:

    Peut-être avez-vous raison sur ce point. Je crois quand même que le PQ regroupe des personnes qui aiment débattre et qui sont encore idéalistes pour une part. Quand on est idéaliste on est puriste j’espère cependant que ces puristes ne sont pas trop extrémistes. Les chefs sont confrontés à ces factions, et dans la realpolitic ils doivent composer. Ce qui n’est paas facile.

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