Un jugement suprême! Un « cadeau », juste avant Noël, résultat d’une étrange synchronicité ou d’une volonté de le passer inaperçu. En effet, l’ultime Cour du Canada, dans son magnanime souci d’équité, nous a réenlignés, en un temps, un jugement et quelques mouvements de clauses accommodantes, sur notre projet de Charte québécoise de la laïcité ! Ceci étant pour nous le bon côté de la chose.
À défaut de nous décider enfin à devenir officiellement une société « autre » que la canadienne, force est de constater encore une fois ici que nous sommes bel et bien, dans les faits, une société distincte de celle qui hélas nous « embrasse » encore et nous fait la Loi suprême.
Ce jugement du 20 décembre dernier de la plus haute cour du Canada, « jugement nuancé et complexe » dit-on, sur le port du Niqab devant les tribunaux, permet ce port afin de respecter la « bonne foi » religieuse tout en permettant, si nécessaire, les mesures voulues pour « découvrir » les visages afin d’assurer pleine justice et protection… Ménageant ainsi en théorie la chèvre et le chou, la Grande Cour abandonne à toute fin pratique le problème « à la Salomon », au bon jugement des cours de première instance.
Voilà, a-t-on écrit aussi, « un jugement d’accommodement raisonnable ». Entre les « droits » – ou jougs – des unEs et les volontés et les droits collectifs.
On en a fait toutes sortes d’analyses, d’un point de vue juridique, et canadien. Mais, vu d’ici, on a bien sûr immédiatement décelé le plomb ainsi projeté dans l’aile du projet québécois de laïcité civile, avec cette orientation multiculturaliste ou… « multiculturante » bien canadian. L’éditoraliste du Devoir, Antoine Robitaille, après avoir comparé cette « tolérance » aux interdits légaux de manifester à visage couvert lors du printemps québécois, a alors titré « Dérogeons » *, proposant le recours à la « clause dérogatoire », héritage de Trudeau premier **. Et Daniel Turp, dans une Lettre ouverte***, a rappelé l’urgence de cette Charte de la laïcité authentiquement québécoise.
Le Gouvernement Marois ne devrait pas pouvoit reculer là-dessus. Il en va d’un fondement de la société que nous voulons, que nous voulons solide et qui ne peut donc s’accommoder de porte-à-faux. C’est clair en cela aussi: nous serons Canadians ou nous serons QuébécoisEs. C’est à chacune de ces croisées de chemins que nous faisons ce choix, en attendant le choix ultime, suprême. Et plus ces choix seront faits clairement en fonction de nos différences essentielles, plus les Québécois deviendront conscients, et fiers peut-être, de ces différences et souhaiteront le plus tôt possible les assumer enfin librement.
Sur ce sujet de la laïcité, il serait opportun de relire l’article de Thérèse Lamartine, publié sur ce site ainsi que les commentaires qui l’ont enrichi.
Comme il sera intéressant d’entendre sur la question les avis de Djemila Benhabib…
Nicole Hébert
_____________
* http://www.ledevoir.com/societe/justice/366890/derogeons
*** http://www.ledevoir.com/politique/quebec/366983/un-modele-authentiquement-quebecois-de-laicite
Photo: Radio-Canada.ca





27 décembre 2012 à 11 h 16 min
«Ironiquement, le danger de cette multiculturisation sermonneuse c’est qu’elle nous éloigne justement de la diversité qu’elle prêche.»
Non à la souveraineté multiculturaliste multiculturalisme et de la laïcité « ouverte »de Québec solidaire, comme le NDP et Trudeau!!!!
La position de Québec solidaire pave ainsi la voie à la consolidation, au Québec, du multiculturalisme déjà bétonné par la constitution canadienne de Trudeau.
Ceci est la doctrine perverse du multiculturalisme et au rapport Bouchard-Taylor du NDP. « Les immigrants doivent rejoindre le tronc culturel commun. Le temps n’est pas à la conciliation, mais à l’intégration fraternelle.
« À signaler que Charles Taylor et Daniel Weinstock, défenseurs du multiculturalisme et de la laïcité « ouverte » et opposés à une charte de la laïcité, ont appuyé cette demande d’un tribunal fondé sur la charia. »