Jasons français: Joyeux présages

31 décembre 2012

Chroniques, La langue

Pour la nouvelle année, je dois vous affirmer ceci : il y a de bienheureux écrivains qui offrent de merveilleux romans pour les jeunes. Des écrivains qui ont écrit des histoires pleines d’espoir, pleines de magie, exprimées avec des mots choisis sans intention autre que d’être fidèles à eux-mêmes. Des écrivains qui n’ont pas décidé d’user de complaisance envers les enfants, qui n’ont pas choisi de ne décrire que les désespoirs des jeunes, qui ont décidé de ne pas utiliser le langage parlé des jeunes par désir de popularité, qui leur font confiance et qui se disent que le livre n’est pas d’abord un objet commercial, mais une affaire de cœur.

Il y a heureusement des écrivains qui mettent autant d’aplomb à écrire que ce soit pour un public adulte ou pour un public jeune.  Il y a eu Jules Verne, bien sûr. Il y a eu Alphonse Daudet avec Lettres de mon moulin. Roald Dahl, Caroll Lewis. Mais au Québec ? me direz-vous.

Je vais vous suggérer des auteurs québécois et des titres.

CHRISTIANE DUCHESNE, tous ses romans (La bergère de chevaux, en particulier)

ANGÈLE DELAUNOIS, tous ses romans et cette merveilleuse collection ÉCHOS qu’elle a jadis dirigée chez Héritage et que la maison a hélas, laissée tomber. Jamais n’aurai-je lu des histoires aussi bien écrites. Jamais n’aurai-je éprouvé autant de délicieuses jalousies ou attrapé le goût de lire et de relire les titres de cette collection que lorsque j’ai lu les romans de la collection ÉCHOS. Sans compromis, intelligents, cultivés.

Écrire des romans motivés par une culture vaste sans que cela produise des œuvres didactiques, ce n’est pas donné à tous les écrivains. Je dis souvent aux parents, aux bibliothécaires et aux enseignants de lire les livres qui sont offerts en pâture aux enfants. Dans tous les domaines, prenons par exemple l’industrie de la chaussure, une horde d’adultes se penchent sur la forme, la couleur, le confort, la durabilité, les matériaux utilisés et les moyens promotionnels pour que les enfants veuillent porter leur chaussure. Et dès qu’on parle de l’implantation de notions culturelles ou sentimentales, de l’utilisation des mots, de la distraction, de la beauté des histoires, on laisse tomber notre implication de ces agents formateurs que nous sommes. Personne alors ne voit la médiocrité de la langue ni les effets pervers que créent certaines séries dites « populaires », à une période de la vie où tout se décide. Lisez, lisez les livres avant de les remettre à vos enfants. Ne vous fiez surtout pas à la perfidie de certains éditeurs qui, souvent, n’ont pas lu les livres avant de les publier.

Mes suggestions d’auteurs pour la jeunesse qui ont cette flamme dévorante pour la qualité et la culture :

Camille Bouchard

Philippe Béha

Louis Émond

Claude Bolduc

François Gravel

Magda Tadros

Michèle Marineau

Brian Eaglenor

Jean-Pierre Guillet

Daniel Sernine

Michel Grenier

Paul Labrèche

François Barcelo

Paule Daveluy

Corinne de Vailly

Ann Lamontagne

Francine Allard (je n’allais pas rater cette occasion)

Il y en a d’autres, j’en suis certaine, mais ce sont ceux-ci qui me viennent en tête spontanément. Le livre ne suit pas les règles de la nouveauté. Il y a tant de livres publiés jadis qui devraient être remis entre les mains de nos enfants. Il faut les demander à l’éditeur ou à votre libraire. Les éditeurs inscrivent toujours leur adresse postale dans les premières pages d’un livre. N’hésitez pas à communiquer avec eux. Et aussi, dites-vous que si certains titres que réclament vos enfants se trouvent chez Costco, il y a fort à parier que vous devriez plutôt vous rendre chez votre libraire.

Et vous, quels sont vos écrivains pour la jeunesse préférés?

Bonne année 2013 à tous

Francine Allard

A propos de Francine Allard

Francine Allard écrit chaque fois que la vie pousse fort. De la poésie, du roman, de l'essai, de la chronique d'opinion. Elle a publié plus de 50 ouvrages depuis 1991. Elle est aussi une travailleuse politique qui voit arriver chaque élection avec une certaine anxiété parce que malgré sa connaissance de la mécanique politique, sa députée péquiste confie toujours son avenir politique à des hommes. Grande gueule politiquement incorrecte, Francine Allard opine, s'exprime et a écrit plus de mille textes d'opinion (Matinternet, Branchez-vous, Vigile et Trente lettres pur un oui). L'écrivaine habite à Oka entre chien et chats, un mari et des milliers d'oiseaux. Dans cet ordre.

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