Qu’y-a-t-il à perdre?…

7 février 2013

Points de vue

… sinon l’accession à l’indépendance?

Ce qu’il y a de plus insolite dans la démarche du Parti québécois actuellement au pouvoir, c’est qu’elle autorise toutes les spéculations sur son point d’arrivée autant que sur les chemins empruntés.

Je la qualifie d’insolite, bien qu’elle soit inscrite dans ses gènes. Pourquoi?

Parce qu’après plus de quarante ans d’existence, de quatre périodes d’exercice du pouvoir, de la tenue de deux référendums perdus sur la problématique indépendantiste, on est en droit de s’attendre à plus d’originalité et d’audace dans la manière de gouverner.

Et le fait d’être minoritaire, s’il explique les atermoiements dans l’action, ne justifie aucunement les insuffisances du discours sur la nécessité de l’indépendance.

Or, force est de constater que Pauline Marois a donné, au cours de son récent périple européen, des signes maladifs de constipation à ce chapitre. Même les nationalistes d’autrefois étaient moins hésitants dans leur démonstration de l’indissociabilité des liens entre la maîtrise de l’économie et le développement national. Pour vous en convaincre, je vous invite à relire les Édouard Montpetit, Léon Gérin, Lionel Groulx et autres Esdras Mainville.

Contrairement à René Lévesque qui, dans un Québec colonisé et aliéné à l’os, depuis l’échec des Rébellions de 1837-1838, devait se mettre au diapason du sentiment populaire et revendiquer, en s’en excusant, le droit à l’existence de notre nation, la chef actuelle du PQ et Première ministre du Québec se doit et doit au peuple québécois de tenir en tout temps un discours clair, voire virulent, de fière affirmation nationale.

Malheureusement, Pauline Marois croit erronément qu’elle doit attendre d’être à la tête d’un gouvernement majoritaire pour « foncer dans le tas », sans voir les embûches paradoxales d’une telle attitude qui d’un côté justifie le système en place et de l’autre, prétend le contester.

Embrouillamini qui ne dupe pas le peuple, mais l’ancre dans son scepticisme, pour ne pas dire dans son cynisme. Car comment  peut-il ne pas voir que la manière de gouverner de Pauline Marois vise, avant et contre tout, la reconduction de son Parti au pouvoir et, secondairement, l’indépendance, selon que les indices seront favorables ou non à l’y maintenir.

Je formule cette critique avec l’espoir, sans doute naïf mais réel, qu’elle provoque sinon de la révolte, au moins de l’inquiétude, cette source première de l’interrogation.

Car, pensons-y bien, qu’a à perdre la nation québécoise? Tout sans son accession urgente à l’indépendance.

Andrée Ferretti

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Andrée Ferretti

3 réponses à «Qu’y-a-t-il à perdre?…»

  1. Nicole Hébert A dit:

    « Qu’a à perdre la nation québécoise, à part son accession à l’indépendance ? »

    Je m’interroge. Ne serait-ce pas justement une perte considérable ? Un nouveau report du projet à nos calendes grecques à nous, la semaine des quatre jeudis? Avec toute la dépression qui s’en suit chaque fois? Et tout le recommencement ? On a assez joué au yoyo, non ? Je n’ai pas pour ma part le sentiment que les QuébécoisES diraient OUI maintenant. Quand?… Nous le saurons. Et il faudra alors empêcher le vol par l’autrui à qui l’on pense. Mais bien sûr, il faut parler et préparer. Et le PQ annonce cette offensive souverainiste, cette fin de semaine. « Voyons voir », comme on dit…

    Pour moi, une partie de la réponse se trouve dans les propos suivants que je cite : « L’important réside dans la claire affirmation de l’objectif à atteindre et, dans le même souffle, dans l’élaboration d’une stratégie appropriée, gardée en partie secrète. » (Andrée Ferretti, L’intelligence au pouvoir Bis)

    Et c’est ce qu’applique Pauline Marois il me semble. Il y a bien sûr un manque d’intensité dans le propos…
    Dans le propos. Pas dans la trajectoire, j’en parierais… Une seule chemise.

  2. Nicole Hébert
    Nicole Hébert A dit:

    Note: La nouvelle formulation ce jour, 9 février, de la conclusion « Car, pensons-y bien, qu’a à perdre la nation québécoise? Tout sans son accession urgente à l’indépendance. » rend le début de mon précédent commentaire un peu confus mais pour le reste, je l’assume…

  3. France Bonneau
    France Bonneau A dit:

    Je crois que le texte de madame Ferretti est un questionnement logique face aux quelques contradictions de notre gouvernement. Le peuple aurait sans doute besoin de plus de gestes et détermination dans l’objectif de l’indépendance. Des gens autour de moi se posent des questions et cela me semble un indice que la frilosité ne mène nulle part. Mais le plan sur la souveraineté est annoncé oui et attendons!!

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