Dany Laferrière: le modèle parfait de l’anti Québécois *

13 décembre 2013

Points de vue

L’homme a confiance en lui et a l’audace de sa colossale ambition. Même s’il a vu le jour en Haïti, pays malheureux s’il en est, il sait depuis toujours qu’il n’est pas né pour un petit pain. Autrement dit, il est d’un peuple libre qui n’a aucune notion de la résignation, qui n’éprouve aucun sentiment d’infériorité à vivre aux crochets de la charité universelle, sachant d’instinct qu’il est une source de richesse pour les organisations qui président à ses incessants besoins de renflouement. Mieux, d’un peuple qui se soucie comme de sa première chemise du regard que pose le monde sur lui.

Dany Laferrière a conquis, conquis sans coup férir le siège numéro deux de l’Académie française, simplement  parce qu’il a eu la témérité de présenter sa candidature au seul nom de lui-même. « Front de bœuf » ne fait pas partie des clichés de sa culture, ce qui ne l’empêche pas lui,   de l’avoir.

Incontestablement excellent écrivain, il n’a pas pour autant le génie de nos Jacques Ferron, Victor-Lévy Beaulieu, Marie-Claire Blais, pour ne nommer que nos plus grands. Sa force admirable, et que j’admire au plus haut point, réside toute entière dans sa certitude que la reconnaissance de la valeur d’un être comme d’une œuvre tient essentiellement, en notre époque consumériste, au talent de la monter en épingle. Compétence qui échappe aux Québécois, du plus grand au plus petit.

Je déplore donc le pétage de bretelles de notre élite culturelle et politique qui revendique la « québécité » du nouvel académicien, énième manifestation de notre aplat-ventrisme, pendant que lui-même, avec raison, ne rendra grâce de son élection  qu’à la  puissance, la créativité et la beauté de la culture haïtienne.

Depuis son Haïti natale, entre la Floride et la France, Dany Laferrière  n’a toujours été que de passage au Québec.

Saluons cet illustre visiteur, mais soyons fiers, en ne nous appropriant  pas contre son gré la gloire de l’obtention d’un siège à l’Académie française.

Andrée Ferretti

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* Note de ind: « anti » dans le sens de « contraire » et non de « contre »…

Andrée Ferretti

A propos de Andrée Ferretti

Femme politique et écrivaine québécoise, elle fut l'une des premières femmes à adhérer au mouvement indépendantiste québécois en 1958. Vice-présidente du Rassemblement pour l'indépendance nationale, elle représenta la tendance la plus résolue du parti. Pour Andrée Ferretti, « qui ne fait pas l'indépendance, la combat ». "À écrire comme on s'arme pour lutter contre la domination, écrire des textes politiques ou un roman, c'est pour moi les deux faces d'une seule et même médaille, c'est toujours une expression nécessaire de mon engagement dans la conquête d'une plus grande liberté."

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35 réponses à «Dany Laferrière: le modèle parfait de l’anti Québécois *»

  1. Roland Berger A dit:

    Je me range totalement à votre point de vue. Le petit pain indigène, quel que soit son talent, n’avait ici aucun chance. Marie-Claire Blais ? Marie Laberge ? Mais voyons, soyons sérieux. Certains présentent la chose comme une grande ouverture sur le monde. Je parlerais plutôt de la bêtise érigée en culture.

    • Martine Pierre-Louis A dit:

      Mesdames, Messieurs,
      Je suis une femme québécoise d’origine haïtienne qui vit au Québec depuis plus de 45 ans et je ne reconnais pas la générosité et l’ouverture d’esprit qui caractérise la grande majorité des Québécois dans vos propos.
      Je vous classe donc dans une catégorie à part. Vous vous faites plus sots que vous ne l’êtes et vous vous glorifiez d’être mesquins, jaloux et ignorants de l’histoire d’Haïti.
      Vous croyez insulter Dany Laferrière et Haïti mais c’est vous-mêmes que vous insultez. Je connais les grands écrivains québécois que j’admire tout autant et je reconnais leur génie. Ils n’ont pas obteunu une place à l’académie française parce qu’ils n’y ont pas appliqué tout simplement. S’ils avaient eu « l’audace » de le faire avant, je suis absolument certaine qu’ils auraient obtenu le titre d’académiciens qui n’est pas un privilège réservé à une caste.
      Je crois qu’Haïti et le Québec ont beaucoup plus en commun que vous ne voulez le croire. Entre autres, un passé colonial qui nous marqués de toutes sortes de façons. Qui nous a laissé des séquelles profondes dont la jalousie et la mesquinerie dont vous faites si fièrement étalage, mais aussi un désir irrépressible de créer, de nous réinventer et de partager notre humanité avec les autres.
      S’il est juste de dire qu’Haïti est aujourd’hui un pays économiquement dépendant, il faut reconnaître que paradoxalement, il est riche culturellement et a fourni au Québec toute une série d’intellectuels de haut calibre, qui sont arrivés au début de la Révolution Tranquille et qui ont largement contribué à son développement culturel et financier.
      Oui, Madame Ferretti, ce petit pays sur lequel vous crachez avec mépris a fourni au Québec nombre de professeurs, de médecins, d’avocats et d’autres professionnels dont la formation n’a rien coüté

      • Virginie Hébert A dit:

        Madame Pierre-Louis, j’ai du mal à comprendre la lecture que vous faites de ce texte.
        En tant que Québécoise, je me suis sentie plus visée que ne l’est Dany Laferrière ou Haïti. Madame Ferretti dit, comme vous, que les Québécois n’obtiennent pas leur place parce qu’ils ne la demandent pas, tout simplement. Parce qu’ils n’ont pas ce « front de boeuf ». Je pense comme vous, madame, que les Québécois ont une grande, très grande ouverture d’esprit. À tel point qu’ils s’insurgent ici, tout comme vous, des critiques qui sont faites à l’endroit de monsieur Laferrière et d’Haïti sans même s’apercevoir que la plus importante les vise, eux. Si vous relisez ce texte, vous verrez qu’il parle d’abord de leur manque d’estime. J’espère ainsi qu’un jour, ces Québécois seront aussi « piqués » des critiques leur étant adressées que vous ne l’êtes aujourd’hui par celles visant Haïti. Ce sera alors le signe que quelque chose à changé.

      • Nicole Morin A dit:

        Je me demande avec quelle couleur de lunettes vous avez lu l’article de Mme Ferreti!! Je n’y vois aucune critique négative à l’égard d’Haïti, même qu’elle dit:  » il est d’un peuple libre qui n’a aucune notion de la résignation »
        Les commentaires de cet article ne s’adressent qu’à nous les Québécois non d’origine haïtienne.
        Vos commentaires négatifs sont superflus et inappropriés ici.
        De plus: »Depuis son Haïti natale, entre la Floride et la France, Dany Laferrière n’a toujours été que de passage au Québec »
        Ce n’est qu’une constatation, alors s.v.p. descendez de vos grands chevaux. Voici la conclusion positive à faire:
        « Saluons cet illustre visiteur, mais soyons fiers, en ne nous appropriant pas contre son gré la gloire de l’obtention d’un siège à l’Académie française.

  2. Caroline Hamel A dit:

    Et Vlan! Et très juste. Tout à fait d’accord avec vous, Madame Ferretti.

  3. James A. Wilkins A dit:

    Très bonne analyse avec toute les nuances qui s’imposent, ce que l’on appelle avoir du jugement et pour certains, j’en suis sûr, la vérité choque!

  4. Nicole Hébert
    Nicole Hébert A dit:

    Pour la première fois en deux ans d’existence, nous avons retiré un commentaire publié par mégarde, à cause de l’aspect quelque peu grossier et raciste de son contenu. Nous n’admettons pas ce ton ici.

  5. Normand Perry A dit:

    Je déroge entièrement et totalement de l’opinion d’Andrée Ferretti à propos de Dany Lafferrière.

    Ce n’est pas la première fois, et certainement pas la dernière, qu’elle se met les pieds dans les plats. Quelle bassesse et mesquinerie de sa part à l’égard du nouvel académicien et du peuple haïtien!

  6. Martin Gamache A dit:

    Voilà pourquoi je ne m’identifie plus à votre mouvement. Ce genre de nationalisme exclusif qui frise le racisme me donne des nausées…

    • Guylène Lefort A dit:

      Un grand merci à Normand et à Martin d’avoir prit la peine de commenter. Je partage vos opinions. Guylène

  7. Etienne Côté A dit:

    Honte à vous Mme Ferretti. À ce titre, Michel Tremblay qui passe ses hivers en Floride n’est pas Québécois non plus? Combien de temps doit-on passer à l’étranger pour se voir retirer le titre de Québécois? 2 ans, 5 ans, 10 ans? Serait-il peut-être simplement trop noir pour vous?

  8. Pascale Cormier A dit:

    Par respect pour la grande intellectuelle et militante que vous avez été, Madame, je ne dirai pas ce que je pense de votre commentaire. Manifestement, vous ne voyez pas à quel point vous desservez la cause que vous prétendez défendre. Certaines personnes auraient avantage à se retirer dignement du débat public avant d’en venir, par gâtisme, à se déshonorer et à détruire elles-mêmes l’oeuvre de leur vie. Je trouve cela d’une infinie tristesse.

  9. David Lebel A dit:

    Ce texte est mesquin, petit et minable surtout que Laferrière a déclaré «Cette entrée à l’Académie, je l’offre à Haïti et au Québec».

  10. Anna Pacetti A dit:

    Mme Ferreti, vous osez décider qui est Québécois ou qui ne l’est pas alors que notre nouvel académicien s’est toujours réclamé du Québec. Et d’ailleurs, c’est normal qu’il ne laisse pas tomber son pays d’origine. Il a toujours dit qu’il doit sa renommée au Québec. D’ailleurs sa femme est d’ici et ses enfants métis, vous allez aussi enlever leur citoyenneté québécoise? Vos nuances qu’on peut facilement lire entre les lignes ne vous honorent pas, au contraire!

  11. Mélissa Grégoire A dit:

    Dany Laferrière est un Québécois au même titre qu’Andrée Ferretti. Là n’est pas le problème… Le problème réside dans le fait qu’on se pète les bretelles à propos de cette obtention d’un siège à l’Académie française. Il faut se rappeler de la phrase que Bernanos, un des esprits les plus brillants et clairvoyants du XXe siècle, avait servie à l’Académie lorsque celle-ci lui avait ouvert ses portes (il avait bien d’autres chats à fouetter que de s’occuper de la gloire de son nom): « Quand je n’aurai plus qu’une paire de fesses pour penser, j’irai l’asseoir à l’Académie ». Il semble que Laferrière n’ait pas retenu la leçon.

    • Mélissa Grégoire A dit:

      C’est-à-dire que cette « reconnaissance », si je peux me permettre de préciser ma pensée, n’ajoute strictement rien à la valeur de Laferrière. Ce siège est une poussée de mondanité dont il aurait très bien pu se passer. Par ailleurs, Ferretti a raison: les qualités qui ont « hissé » cet écrivain jusque-là (audace, fierté, etc.) ont si peu à voir avec les traits des Québécois « nés pour un petit pain », que ce pétage de bretelles de la part de « notre élite culturelle et politique », cette « revendication de la québécité » de Laferrière, oui, a quelque chose de déplorable. Il fallait du courage pour écrire cela. Dommage pour ceux qui ne savent pas lire.

  12. denise cormier A dit:

    Moi , je pense que madame Ferretti a été mal comprise par tous ceux qui la condamnent , lui disent qu’elle devrait avoir honte ou lui suggère de se retirer . Aussi bien dire que j’ai moi aussi , un peu comme Danny Laferrière un front de boeuf ! J’ai lu ce texte et je l’ai « partagé » avec plaisir n’y voyant que des qualités (ou presque) attribuées à cet homme qui est aussi écrivain . Confiance en lui , audace , ambition ,  » pas né pour un petit pain » , excellent écrivain , » pendant que lui-même, avec raison, ne rendra grâce de son élection qu’à la puissance, la créativité et la beauté de la culture haïtienne  » (amoureux de sa culture) , illustre visiteur . Je trouve curieux qu’on puisse voir de la bassesse et de la mesquinerie dans ses propos . Aussi je sais que madame Ferretti est parfaitement « capable » de me répondre , tout comme à vous , si elle le juge utile . Merci madame Ferretti pour ce texte , comme pour tous les autres que vous avez gracieusement offert !

  13. liette perreault A dit:

    Dany Laferrière est fier de ses racines haïtiennes. C’est sans doute beaucoup grâce au Québec qu’il lui a poussé des ailes. Ce qui illustre l’importance du rayonnement francophone du Québec outre-mer.
    Sans doute le nouvel élu ne reconnaît-il pas assez à quel point il est redevable au réseau culturel québécois; nous, nous le savons et nous avons droit à une part de fierté dans l’ascension de la carrière de cet écrivain qui, ma foi, est parti de loin…
    Cela dit, le point de vue de madame Ferretti se défend et reflète une certaine frustration; toujours la même: un criant besoin de reconnaissance et le sentiment extrêment blessant de nous sentir collectivement regardés avec indifférence, quand ce n’est pas avec mépris, par ceux qui nous refusent cette reconnaissance.
    Un souhait pour l’année qui vient: que nous soyions à l’aise d’apporter des nuances aux textes édités, mais sans crucifier celle qui aura généreusement donné de son temps et de son énergie pour aider ses compatriotes à libérer leur pensée des propos toxiques qui circulent dans l’air ambiant et qui risquent de nous anesthésier. L’important est d’avancer tous ensemble vers l’indépendance!

  14. Jean Archambault A dit:

    Arrêtons de se disputer pour rien. En 2011, lors du 2ième festival du film québécois à Port-au-Prince, Dany Laferrière affirmait: » Les Haïtiens ont mis un peu de mégalomanie dans la culture québécoise. Les Québécois ont mis un peu de modestie dans la culture haïtienne ». Voilà tout est dit et ce n’était pas la première fois qu’il le disait. Félicitations au nouvel académicien.

  15. Myriade Klon A dit:

    Le titre provocateur se termine avec un astérisque qui renvoie à une distinction entre contre et contraire… C’est comme un Obélix qui fonce dans les troupes de l’Empire romain!

    L’Académie a collaboré…

    Au fait, l’Académie française, ça paie combien? Parce que Hélène Carrère d’Encausse pense que Dany Laferrière devrait avoir résidence en France pour travailler sérieusement avec les Académiciens…

  16. Marianne Ferron A dit:

    Quelle tristesse que cette analyse… Quelle vision déphasée de l’identité…

  17. Léonce Guillaume A dit:

    À la place de M. Laferrière, je n’écouterais pas tous ces bruits (surtout les négatifs):je suivrais mon chemin, dans ma caravane, passant et repassant par les chemins qui comptent, sans me soucier de cris, de hurlements, d’aboiements ou de quoi que ce soit…

    Léonce Guillaume

  18. Andrée Ferretti A dit:

    En louangeant l’audacieuse liberté de Dany Laferrière, je démontre a contrario l’aplatventrisme aliénant des très nombreux Québécois qui, malgré plus de cinquante ans de discours et de luttes indépendantistes sont incapables d’assumer pleinement leur identité.

    Ces Québécois s’autoproclament ouverts à l’Autre alors qu’ils ne sont que bêtement fermés à eux-mêmes. Il n’est dès lors pas étonnant qu’ils revendiquent les qualités de l’autre pour se donner la sensation d’exister honorablement.

    Ton texte, me dit un ami, touche là où ça fait mal. Quelques commentaires publiés ici lui donnent raison. La douleur semble atroce, à en juger par la virulence de leurs cris et braillements.
    Fasse qu’elle contribue à leur libération.

  19. Patrice Fortin A dit:

    Moi, je pense que c’est tout le monde culturel qui est en déroute, car lui, Dany Laferrière, cela lui fait un bon coup de publicité pour la vente de ses prochains livres. Il reste maintenant toute une industrie à se questionner à savoir s’il n’aurait pas lieu de repenser ce système qui est très malade et qui ne fait profiter toujours le même petit cercle fermé comme un club sélect. Ce qui malheureusement nous empêche de connaître de nouveaux auteurs qui pourraient être très populaires, mais parce qu’il dérangent, il est préférable de les garder enfermés à double tour dans le placard de l’oubli et de l’indifférence.

  20. Martin Gamache A dit:

    Commentaire typique, Mme Ferretti. Si nous ne sommes pas d’accord avec votre vision étroite des choses, c’est que nous ne sommes pas libérés, que nous sommes fermés à nous-mêmes, etc. Une « pensée » binaire…

  21. André Baril A dit:

    Le texte d’Andrée Ferretti est courageux et en parfaite cohérence avec ses interventions publiques et son militantisme en faveur du Québec depuis 50 ans. C’est uniquement le titre qui porte à polémique, l’astérisque ajouté à la fin du titre par les responsables du site Indépendantes en témoigne. Le titre aurait dû être : Laferrière, un exemple de l’écrivain enraciné dans sa culture. Il faut trois générations pour que l’immigration devienne une intégration. Or, Laferrière est de la première génération. Il aurait parlé chinois, il raconterait la Chine en chinois. Il parle français et a fui son pays par soif de liberté. Il a trouvé au Québec de l’eau et la démocratie, mais a-t-il eu le temps de s’enraciner au Québec? En tout cas, Il a su raconter son exil et son pays d’origine, Haïti. Il fait la preuve que l’écrivain doit d’abord naître dans un terreau. Citons Andrée Ferretti elle-même, en 2007 : «Tous les créateurs ont été des êtres qui, à l’intérieur d’une société donnée, se sont posés comme différence. Chacun rompait avec les traditions et valeurs particulières de sa culture, après s’en être profondément imprégné et lui redonnait sous une forme nouvelle ce qu’il en avait retiré. Sans cette possibilité de démarcation et de réintégration de ce terreau particulier, toute différence n’est plus qu’individuelle et favorise plutôt l’imitation que la création» (Philosopher au Québec).
    L’artiste puise d’abord dans sa culture première, s’en dégage pour mieux y revenir. C’est sans doute cela, L’énigme du retour. Mais je ne suis pas un spécialiste de l’oeuvre de Laferrière, je ne peux donc pour l’instant documenter la thèse de l’enracinement avec le soin qu’elle mériterait.

  22. Émilie Bouchard A dit:

    J’ai lu quelques oeuvres de Laferrière et je ne peux pas dire que ça m’emballait vraiment. Pour moi, l’homme est tout sauf un grand écrivain. Il sait se vendre, il est fier, il a des idées bien arrêtées et il semble se sentir bien dans ce qu’il fait.

    J’ai été très surprise de sa nomination à ce poste mais j’insisterais sur le fait que plusieurs autres Québécois écrivains devraient le prendre comme modèle de réussite sur ses qualités à foncer droit devant. Mme Ferretti décrit sa réalité et je crois que les Québécois ont la fâcheuse tendance à se présenter comme spécialistes de la pureté dans leurs commentaires désobligeants. Il faut savoir en prendre et il faut savoir en laisser de temps à autres pour avancer dans le temps.

    Je crois qu’un peuple avance plus librement quand il est capable de faire face à l’adversité.

  23. Marc Dorcin A dit:

    Vous n’aimez pas la vie et la place qu’elle vous assigne, Madame…Cela se sent. Je suis bien désolé pour vous. La vie c’est comme ça. Elle est injuste. Elle donne du talent et du succès à certains et à d’autres juste quelques éléments de langage pour se plaindre. Mais bon, madame, je vous souhaite du courage. C’est comme ça, certains livres demeureront dans tous les esprits pendant longtemps. D’autres,au pilon! Courage, Madame…Courage.

  24. Jacquelien Chénard A dit:

    Ce texte de Madame Ferretti réalise l’exploit d’insulter à la fois les Québécois, Dany Laferrière, sous couvert d’hypocrite admiration « Sa force admirable, et que j’admire au plus haut point, réside toute entière dans sa certitude que la reconnaissance de la valeur d’un être comme d’une œuvre tient essentiellement, en notre époque consumériste, au talent de la monter en épingle. » et le peuple haïtien « Autrement dit, il est d’un peuple libre qui n’a aucune notion de la résignation, qui n’éprouve aucun sentiment d’infériorité à vivre aux crochets de la charité universelle, sachant d’instinct qu’il est une source de richesse pour les organisations qui président à ses incessants besoins de renflouement. » un vrai monument de mesquinerie, ce texte.

  25. Émilie Bouchard A dit:

    @ Jacquelien Chénard

    Analyser un texte d’un autre, c’est subjectif et ça n’égale pas la vérité. Ce que j’aimerais savoir de vous c’est plutôt ce que vous pensez de M.Laferrière et de sa nomination à l’Académie.

    À mon avis, la violence de votre propos ne correspond pas à la réalité du texte de Mme Ferretti et ça n’apporte rien aux échanges entre personnes civilisées et rien au débat.

    Qui vous dit que Mme Ferretti n’a pas raison? On peut être d’accord ou non mais de là à se sentir insulté par les propos Mme Ferretti, comme Québécois, je trouve ça surréaliste. Je ne connaîs pas cette dame mais je crois qu’elle a un fort attachement au Québec et à la culture en général et qu’elle est convaincue que nous ne devons pas comme êtres humains vivre par procuration. C’est comme ça que je comprends son texte. Je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’elle dit mais il y a certaines affirmations qui sont pas mal collées à la réalité.

  26. Marie-Marthe A dit:

    Avez vous bien lu? Il est écrit: « Incontestablement excellent écrivain, … »

    Pour le reste, c’est une opinion courageuse et les textes qu’a publiés son auteure jusqu’ici nous ont démontré sa grande capacité d’écriture.

    Je me demande si toutes les personnes qui la dénoncent ci-haut ont lu Ferron ou Lévy-Beaulieu? Par contre, je suis convaincue que Ferretti les a lus, ainsi que Laferrière, bien entendu.

  27. Etienne Rod Allen A dit:

    J’aimerais savoir pourquoi ce qui vous intrigue c’est que Mme Ferretti parle du fait que les Québecois ne doivent pas prendre pour acquis l’entrée de l’écrivain Dany Laferrière à l’Académie française et non le fait que Mme Ferretti ait complétement et volontairement discriminé, minimisé un pays avec ces propos: « pays malheureux s’il en est, il sait depuis toujours qu’il n’est pas né pour un petit pain. Autrement dit, il est d’un peuple libre qui n’a aucune notion de la résignation, qui n’éprouve aucun sentiment d’infériorité à vivre aux crochets de la charité universelle. »

  28. Caroline Hamel A dit:

    Calmez-vous un peu, et donnez-vous la peine de lire l’édito très explicite de Madame Hébert aujourd’hui, sur le présent site.

    Tout comme elle, je crois que plusieurs d’entre vous ont mal lu. Pourtant ce billet de Madame Ferretti est très clair, alors je ne comprends pas trop tout cet émoi et les commentaires plutôt vifs que l’on peut lire ici. Il n’est flatteur pour personne de s’afficher en faisant preuve d’un grave manque de discernement. Ouffff….

    Je vous recommande à nouveau la lecture du texte de Madame Hébert, en éditorial aujourd’hui.

    Bonne lecture.