L’intelligence révolutionnaire de PKP

15 mars 2015

Points de vue

Contrairement à ce qu’insinuent les journalistes et autres adversaires de Pierre-Karl Péladeau, ses silences et réponses évasives ne sont ni le fruit de son impréparation à la joute politique, ni l’effet de son caractère orgueilleux. Elles relèvent de son intelligence des règles de base de la stratégie à adopter, quand on engage une lutte à finir avec l’ennemi. Elle lui permet de comprendre que toutes réponses, hic et nunc, aux questions sur ses intentions ne serviraient qu’à fourbir les armes de celui-ci.

Ce que n’ont encore jamais compris les dirigeants péquistes, y compris les actuels candidats à la « chefferie ». Peut-être pour la simple et bonne raison que n’étant pas révolutionnaires, alors que la lutte pour l’indépendance l’est éminemment, ils sont incapables de sortir des règles du jeu établis par les tenants de la Canadian democracy.

Pas plus qu’elle ne peut se mener dans le respect des règles établies par les establishments dominateurs et exploiteurs, la lutte pour l’indépendance ne peut être laissée aux mains d’activistes gauchistes, tels les Pierre Dubuc et autres prêcheurs de QS qui tentent constamment de la détourner de son objectif primordial d’émancipation nationale du peuple québécois.

Pierre-Karl Péladeau sait que l’indépendance nationale est la source et le support de la liberté et du pouvoir de ce peuple de se forger une société à la mesure de ses réels besoins et véritables aspirations. Il le dit clairement et cette affirmation lui paraît suffisamment porteuse d’espoir de réalisation des changements désirés, qu’il ne voit pas l’utilité de l’encarcaner dans le programme détaillé d’un éventuel gouvernement. .

L’objectif ne sera atteint que porté par des militants confiants en eux-mêmes et dans l’intelligence et la force du peuple, des militants prêts à accorder leur confiance à un chef qui dit clairement où il va et pourquoi il y va, sans dévoiler pour autant, avant que le temps n’en soit venu, le chemin qu’il souhaite les voir emprunter à sa suite.

Andrée Ferretti

Andrée Ferretti

A propos de Andrée Ferretti

Femme politique et écrivaine québécoise, elle fut l'une des premières femmes à adhérer au mouvement indépendantiste québécois en 1958. Vice-présidente du Rassemblement pour l'indépendance nationale, elle représenta la tendance la plus résolue du parti. Pour Andrée Ferretti, « qui ne fait pas l'indépendance, la combat ». "À écrire comme on s'arme pour lutter contre la domination, écrire des textes politiques ou un roman, c'est pour moi les deux faces d'une seule et même médaille, c'est toujours une expression nécessaire de mon engagement dans la conquête d'une plus grande liberté."

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24 réponses à «L’intelligence révolutionnaire de PKP»

  1. Marc Fortier A dit:

    Ouf! PKP révolutionnaire… Mme Ferretti, «en tout respect» pour reprendre une formule chère à l’ineffable Bernard Drainville, le moins que l’on puisse dire tout en restant gentil, c’est que vous donnez l’impression d’en avoir fumé du très — mais alors là «très, très» — bon.
    PKP révolutionnaire? Vraiment, vous me faites rire.

  2. Diane Gélinas A dit:

    Monsieur Ducharme,

    Je ne doute pas de votre sincérité, mais il y a mélange des genres.

    Le PQ et éventuellement la République du Québec sera au service de tous les Québécois, pas juste des pauvres et démunis.

    Votre commentaire serait pertinent si vous représentiez un syndicat, un mouvement socio-politique ou un groupe communautaire dont la vision du monde est à l’opposé de celle de PKP.

    Or, votre commentaire, comme le font Québec Solidaire, le SPQ libre, le candidat Céré, ne prône pas l’indépendance, mais plutôt une idéologie anticapitaliste. Le NPD joue sur le même tableau au fédéral. Or, le système capitaliste n’est pas limité aux frontières du Québec ni du Canada. Et prétendre qu’un parti local seul peut le renverser, c’est non seulement utopique, mais c’est un mensonge.

    Le Parti Québécois et le Bloc Québécois sont des partis politiques progressistes avec une idéal au bout du chemin : l’indépendance pour tous, pour créer de la richesse afin de mieux la répartir et pour convaincre une majorité de Québécois que le contrôle sur notre vie est désormais impossible dans le Canada.

  3. Bertrand Ducharme A dit:

    «Pas plus qu’elle ne peut se mener dans le respect des règles établies par les establishments dominateurs et exploiteurs, la lutte pour l’indépendance (…)». Si pour vous Pierre-Karl Péladeau ne fait pas partie de l’establishment dominateur et exploiteur, je me demande qui en fait partie?!?

    Je vous plains. Il faut être dans un désir sincère immense, brûlant et surtout TELLEMENT FRUSTRÉ du pays du Québec pour voir dans le fils-à-papa arrogant et exploiteur qu’est P-K Péladeau un chef libérateur et révolutionnaire! Tout pour avoir un pays, même un nouveau «cheuf». Avez-vous la nostalgie de Duplessis?

  4. Luc Archambault A dit:

    Nous sommes d’accord sur un point essentiel madame Ferretti ; que PKP ne dévoile pas d’emblée sa stratégie n’est pas un problème, mieux, c’est indispensable ; ce qui révèle non pas son incompétence, mais sa compétence…

    Cela dit, s’il est bel et bien question de processus populaire révolutionnaire radicalement démocratique, on ne pourra pas faire l’économie du rassemblement autour d’UN même Programme COMMUN d’État démocratique républicain qui rompt avec la gouvernance collabo qui a cours ici depuis 257 ans et sous gouvernance soi-disant « souverainiste » depuis 47 ans… depuis que René Lévesque a tourné le dos à De Gaulle en nov. 1967, trois mois après qu’il eut lancé son cri libérateur VIVE le Québec LIBRE !

    Il faudra donc, avant la fin de la campagne à la chefferie du PQ, que PKP proclame de mettre de l’avant l’UNION multipartite autour de ce Programme COMMUN d’État démocratique républicain qui transcenderait les concurrents programmes de gouvernance collabo des partis démocrates du Québec ( Bloc, PQ, QS, ON, Verts, CAQ et autres ), quitte à ce que le contenu de ce programme COMMUN soit ensuite l’objet au PQ comme ailleurs, d’un large processus démocratique de discussion, pour qu’il soit endossé par la base militante dans et hors les partis politiques.

    La force politique révolutionnaire d’un Peuple démocratique réside dans l’UNION de ses forces citoyennes et politiques démocratiques, et il n’y a d’UNION démocratique possible, que librement consentie en toutes connaissances de causes. Quant aux stratégies devant être déployées pour incarner dans le réel un tel programme, il est bien entendu qu’il faudra en évoquer de très nombreuses, sans pour autant en décider avant qu’il ne soit nécessaire.

    Cf : DÉMOCRATIE 101

    http://democratie101.unblog.fr/programme-commun/

  5. Rémi Girard A dit:

    Mme Ferretti. Encore une fois vous cristallisez la position des gens qui croient en PKP et à son style de leadership. Bravo. Nos adversaires , même présents dans notre propre camp, essaient encore de minimiser l’EFFET PÉLADEAU en supposant qu’il est naïf, voire néfaste, de croire en un SAUVEUR comme si toute croyance ne faisait pas partie de toute force vitale comme amener un peuple à sa LBERTÉ ! Quel défaitisme! Comme si les grands peuples n’avaient pas eu leur sauveur, leur LIBÉRATEUR. J’irais même jusqu’à dire que tous ces gens qui manquent de confiance en eux sont les premiers, comme nos adversaires, à entériner le triste  » C’est fini l’Indėpendance »

  6. Marie Couture A dit:

    Il y a une chose que je n’arrive pas à comprendre… si le pays que nous propose PKP ne fait que poursuivre le projet néolibéraliste et oligarchique, qu’est-ce que ça changera? Quelle indépendance nous propose-t-il?

  7. Jacques Bergeron A dit:

    Merci pour cet article.

    Quant au référendum c’est un outil de guerre que nous devons conserver, outil dont le collabo d’Ottawa et premier ministre du Québec, s’est amplement servi pour combattre l’idéal de notre peuple. Ne lui donnons pas d’autres occasions de démontrer qu’il est, avant toute philosophie politique, l’ennemi de l’idéal du peuple du Québec. J’attends, avec impatience, son intronisation comme «Chef» du Parti Québécois. Que ses opposants prennent bonne note de la volonté des indépendantistes de confier à PKP et au Parti Québécois les rênes du mouvement devant nous mener vers le pays « indépendant de langue française ( et laïque ) que nous voulons voir naître depuis le 7 février 1763, ce pays qui nous permettra d’inviter nos frères et nos sœurs des USA et du Canada à nous rejoindre pour former un Grand pays de langue française en terres des Amériques.

  8. claudia dallaire A dit:

    Que j’aime ce que vous avez écrit Mme Ferretti. Personnellement ce que j’aime de M. P.K.P, il est comme un feu sacré qui brûle silencieusement, avec douceur, continuité, fermeté. Et ce n’est pas demain que ce feu cessera de brûler.

  9. Paul Auger A dit:

    La péréquation, c’est l’argent que le Canada nous doit pour le Labrador.

    • Roseline Grand-Maison A dit:

      Pour le Labrador et bien d’autres choses ! Qui se souvient que durant plusieurs années, le Québec et l’Ontario étaient les deux provinces riches du Canada et soutenaient économiquement le reste du pays ?

  10. Myriade Klon A dit:

    À ma connaissance, PKP a déjà dit qu’il saura lors de la prochaine campagne électorale s’il annonce un référendum ou non. Donc, je m’attends à ce qu’il soit clair sur ce sujet durant cette campagne.

    Drainville lui a demandé lors du premier débat : « Et si les conditions pour le référendum ne sont pas favorables, que feras-tu Pierre-Karl ? » Réponse (de mémoire) : « Je suis positif. Dans mon programme, je propose la création d’un institut de recherche scientifique et appliquée sur l’indépendance du Québec.» Drainville conclut aussitôt que Péladeau n’a pas répondu à sa question… C’est quand même un début de réponse.

    Même si PKP décide que les conditions ne sont pas favorables et demande un premier mandat sans référendum, l’institut de recherche pour la souveraineté continuera à travailler pour démontrer que l’indépendance enrichira le Québec mieux que sa dépendance avec l’humiliant chèque de péréquation…

    • Roseline Grand-Maison A dit:

      Lorsque PKP sera chef du PQ, il sera trop tard et ce sera la mort irréversible de l’indépendance du Québec !

  11. Pierre Cardinal A dit:

    Que d’exactitude dans le propos, mais malheureusement encore trop de membres du PQ ne sont pas indépendantistes et ne peuvent donc pas comprendre la portée de son message.

  12. Jean-Jacques Chartrand A dit:

    Tout simplement BRAVO.

  13. Denis Julien A dit:

    Madame Ferretti!
    Vous avez bien saisi PKP. Ce qui a le plus manqué au PQW; c’est la stratégie la plus élémentaire et enfin nous aurons en PKP quelqu’un qui a bien compris la donne.
    Vive la République!

  14. Pierrette St-Onge A dit:

    L’intelligence révolutionnaire de PKP… Que j’aime ce qualificatif!

    Vous avez tellement raison Andrée Ferretti et vous l’exprimer si bien. Ça me réconforte, vous ne pouvez savoir à quel point. Merci pour ce point de vue indispensable à tous ceux et celles qui ont des doutes sur les forces de PKP et sur sa sincérité.

    Merci infiniment!

    • Roseline Grand-Maison A dit:

      Personnellement, je n’ai aucun doute sur les forces de PKP, par contre, au sujet de sa sincérité, j’ai bien plus que des doutes !

  15. James A. Wilkins A dit:

    Attendez que je me rappelle… Ce n’est pas René Lévesque qui disait qu’il ne fallait surtout pas s’emplâtrer dans la plomberie.
    Votre commentaire tombe à point pour la suite des débats qui s’amorcent pour la chefferie. PKP a l’intelligence de ne pas alimenter ses ennemis fédéralistes de sa stratégie à venir. Aux péquistes de faire confiance à celui qui a le plus de chances de les mener à l’objectif ultime.
    Il ne reste plus qu’à Philippe Couillard de dire que l’indépendance serait une catastrophe, une énormité que même son prédécesseur Jean Charest n’a pas voulu atteindre dans ses propos.

  16. Yvon Staner A dit:

    Qu’il est bon de vous lire Madame Ferreti, car la sagesse de votre plume, et la façon de vous exprimer, sont un don de la vie. Merci au nom de notre futur nation et que Dieu protège votre plume!!!

  17. Andrée Yanacopoulo A dit:

    J’espère du fond du cœur que vous voyez juste. Et je ne suis pas loin de le croire…

  18. Laurent Desbois A dit:

    Que de sagesse!

    • Jean-Pierre Audet A dit:

      Sagesse évidemment, mais aussi persévérance et détermination. Madame Ferretti est le meilleur soutien politique que puisse trouver PKP. Surtout au plan de la cohérence et de la planification à long terme. Car elle vient du tout début de l’action indépendantiste. Et elle sait voir l’urgence d’agir avant qu’il soit trop tard. C’est hélas cette conscience que n’ont plus les autres membres du PQ. Ce n’est pas pour rien que PKP mène à ce point dans les sondages : ce n’est pas un feu de paille. Seul PKP pourra battre Couillard et sa bande de couards.

  19. Al Pare A dit:

    Merci, Madame Ferretti, pour votre commentaire lumineux que je seconde a 100%. Je souhaite seulement que la majorité comprenne aussi bien la démarche et la sincérité de Pierre-Karl Péladeau …

    • Jean-Pierre Nadeau A dit:

      Bravo Mme Ferretti, vous parlez comme une vraie séparatiste. Je vous félicite
      d’étaler vos alliances politiques au grand jour. PKP doit se frotter
      les mains en lisant votre article.