Billet d’humeur: Marre…!

25 mai 2016

Chroniques

Oui « Marre », comme dans « Y’en a marre »…

Cet espace – Billet d’humeur – est bien peu utilisé sur le site, comme si nous étions toutes toujours d’humeur égale. Mais voilà que j’y ai recours. La liberté d’expression est un concept exacerbé, voire à vif, par les temps qui courent, je m’en servirai donc ici, sans trop de retenue. Je vais même dépasser les bornes, à la limite de mots permis.

Oui, j’en ai marre…! Marre des vômissures sur le Parti Québécois. Comme si toutes celles et ceux qui en ont fait ou qui en font partie – ces « péquisses » (faire siffler le « isss ») – étaient des espèces de taré.es que l’on ne touche qu’avec des pincettes. Des inconscient.es, des peureu.ses, des lâches, des lâcheure.s, des procrastineur.es, des, des, des… Comme les Lévesque, Parizeau, Landry, Marois, Cloutier, Hivon, Lisée ?… et toutes celles et ceux qui ont eu ou qui ont encore l’imprudence ou l’impudence de l’investir ou de l’appuyer. Faut lui « brasser la cage », dit-on, lui passer un savon, lui nettoyer le « champ de ruines »; il ne serait plus qu’un « paquebot de naufragés », une « symphonie pathétique »** et tutti quanti… On lui lance même, de l’extérieur, des ultimatums…

Je suffoque de « marreté », car bien que n’étant pas formellement « péquiste », je le suis d’allégeance et je l’ai même été légalement par-ci par-là, aux moments les plus déterminants. J’aimerais pourtant avoir fait preuve de congruence et de vaillance en l’ayant été loyalement et de façon aussi généreuse que d’autres que je connais et respecte le sont ou l’ont été, et comme PKP s’est promis et s’est engagé à le faire. De ne pas me contenter de le « varloper ». Mais cela étant, que je ne fasse pas en ce moment partie de ce parti m’autorise un parti-pris pour lui, ses membres et ses sympathisants; voire même pour son « establishment »…

Et maintenant, cette bande de « timoré.es » se ferait tirer l’oreille pour un 3e référendum à brève échéance, elle qui n’aurait jamais visé que le « bon gouvernement » et jamais au grand jamais l’indépendance ?* C’est le lieu commun qui circule de ce temps-ci. Eh ben! ceux et celles qui le prétendent et moi, nous n’étions décidément pas au même endroit – eux pas encore né.es, trop jeunes ou ailleurs sans doute  – au moment des batailles pour les deux référendums et pour la Charte des valeurs québécoises… Nous n’étions sûrement pas aux mêmes postes pour aider les initiateurs et les plus vaillant.es à tenir les forts, pour les supporter et pour digérer comme eux et avec eux les défaites des lendemains qui déchantent…

Ce « PQ de m…. » fut élu en 1976 avec une proposition de souveraineté aux Québécois.es, et il avait jugé de bonne guerre – on peut le déplorer, le regretter, le dénoncer tant qu’on voudra… – d’y joindre l’idée d’ « association » avec le Canada. Il s’est redressé de peine et de misère après la rebuffade de 1980 et la nuit des « longs couteaux Trudeau » qui a suivi; il s’est ensuite redressé de misère et de peine après les résultats du « beau risque » de 1984, la défection de certain.es, et la mort de René Lévesque; il s’est relevé aussi dans un sursaut d’espoir en 1988 – retour de Parizeau – et après l’échec de Meech en 1990. Et en 1995, il recommençait le « grand jeu » vital pour ensuite, vidé par les tricheries, « l’argent, et les votes ethniques », s’inventer une illusion de « conditions gagnantes », rapidement perdante.

Et depuis, ce PQ de « minables » (?) tâche toujours de reprendre la bataille, la dernière fois avec la Charte des Valeurs, cette nouvelle « doxa »*** proposée pour renverser l’autre, la « multiculturelle » canadienne, et enfin avec ce regain d’espoir baptisé PKP…

Au moins 3 chefs et une cheffe s’y sont cassé les dents. Le dernier l’a échappé belle…

Alors ? N’a rien fait ni osé faire de bon ce Parti de « crétin.es » ?

Oh, on peut bien tout salir, bafouer, renier… On peut. Tout est possible. « Tout est permis », dit-on…

Pour ma part, si je reste du bord du Parti Québécois, c’est que je suis indépendantiste justement, et non « péquisse d’abord », et que pour la lutte à poursuivre, pour la « révolution » à faire, il s’agit encore, à mon sens, du seul véhicule en état de route pour se rendre où l’on doit, si tant de soi-disant partenaires ne s’obstinaient à la lui bloquer. S’il y en a un autre véhicule, meilleur, mieux huilé, plus performant, qu’on le fasse connaître au plus sacrant.

Comment peut-on regarder de haut les Lévesque, Parizeau, Landry, Marois, comme s’ils étaient des imbéciles malheureux ? On peut ne pas approuver leur façons d’avoir fait, et dire alors ce que l’on aurait fait de mieux, mais insinuer, en généralisant, qu’ils n’ont pas été dignes du but que doivent poursuivre ensemble toutes les Québécois.es ? Et que n’en sont pas dignes non plus les Cloutier, Hivon, Lisée…

Personne n’est parfait, ni individu ni parti politique. Et quiconque estime l’être devrait se faire un devoir de passer la recette ou de la concocter soi-même au profit de tous et au service de la réussite du projet collectif. Dans le respect.

Mais mépriser ceux qui s’y usent en première ligne ne m’apparaît ni bien inspiré ni rentable, alors même que l’on prétend indispensable de « converger »…

Chapeau aux Hivon, Ouellet, Cloutier, Lisée et autres éventuels volontaires qui oseront prendre le départ pour cette course au « leadership » du PQ. Il en faut de celles et ceux-là… Pas que des gérant.es d’estrade comme nous…

Ouf! Ça fait du bien!…

Nicole Hébert

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*http://www.ledevoir.com/politique/quebec/470428/le-parti-quebecois-ou-le-mirage-du-bon-gouvernement

**http://www.ledevoir.com/politique/quebec/471632/la-symphonie-pathetique-du-pq

***http://www.independantes.org/2015/01/14/quelle-doxa/

Nicole Hébert

A propos de Nicole Hébert

Nationaliste dès la prime adolescence et indépendantiste depuis les premiers discours de Pierre Bourgault. Gaspésienne d'origine, Nicole Hébert est résidente de la ville de Québec depuis belle lurette. Intervenante sociale, elle a oeuvré dans différents milieux: psychiatrie infantile, éducation, toxicomanie. Elle apprécie maintenant une retraite qui lui permet de s'adonner à l'écriture; elle a publié, en 2007, à compte d'auteure, un recueil de "petites choses", intitulé "Étendre au soleil".

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5 réponses à «Billet d’humeur: Marre…!»

  1. France Bonneau A dit:

    Quel texte! Ça fait du bien de lire cette mise au point. Ça libère le trop-plein n’est-ce pas?
    Merci! Et Bravo.

  2. Myriade Klon A dit:

    J’ai grand respect pour ce parti dont je suis membre. La voie pour que le Québec devienne un pays n’est pas facile à trouver, car nous sommes dans des conditions historiques particulières (nous sommes les premiers Canadiens et cela ne s’efface pas en devenant juste des Québécois!) qui exigent du génie créateur. Dans le forum politiquebec, mon ami Cosmique et moi essayons de développer la voie souverainiste-confédéraliste, car nous sommes convaincus que le séparatisme est dépassé et que le vrai confédéralisme est l’avenir. Au PQ, la majorité répète qu’il faut d’abord nous séparer par référendum pour ensuite, peut-être, faire une confédération avec le reste du Canada. Et quand l’espoir de gagner un référendum s’éloigne, on se contente de bien gouverner la province… Eh bien, Cosmique et moi proposons que le PQ s’engage dans une gouvernance souverainiste efficace:- adoption d’une constitution québécoise – gestion québécoise de tous les impôts prélevées au Québec – adoption d’une loi statuant la dérogation du Québec à l’idéologie multiculturaliste canadienne – gestion complète de l’immigration québécoise, incluant les représentations à l’étranger – adoption d’une charte de la citoyenneté québécoise – adoption d’une charte de la laïcité – statut particulier du Québec dans les accords de libre échange – reconnaissance du Québec comme État-nation dans les instances internationales – enseignement de l’histoire de la nation québécoise au primaire et secondaire – abolition du poste de représentant de la Reine d’Angleterre au Québec et de toute forme d’adhésion à la monarchie britannique – négociations pilotes d’union confédérale avec les autres provinces canadiennes… «L’idée c’est d’y aller comme si le Québec était devenu souverain et de composer avec les réactions à cette démarche.» écrit Cosmique. Je renchéris : Avec un tel programme, le référendum pour quitter la fédération monarcho-impérialiste canadienne devient inutile, puisque nous la quitterons de facto, sans jamais nous séparer du Canada historique. Un référendum en fin de gouvernance souverainiste, pour que le peuple signe un nouvel accord avec le reste du Canada, serait une bonne chose.

  3. Diane Gélinas A dit:

    Wow ! Enfin ! Quelqu’une, et pas n’importe laquelle, exprime tout haut ce qu’une majorité de la population croit en son for intérieur.

    Et aussi, marre d’entendre les sondages récupérés par les fédéralistes qui répètent, un après l’autre, qu’il n’y a aucun appétit de liberté chez les Québécois.es de toutes origines.

    Tant les descendants de La Rochelle que les plus récents arrivés intégrés au Québec français, comprennent le sens des mots : indépendance, auto-détermination, autonomie, souveraineté… et ne demandent qu’à répondre à LA seule question qui compte :

    La tête bien haute… Majoritaires affirmés au Québec…
    La tête entre les jambes… Minoritaires soumis au Canada !

    Bravo, Madame Hébert et re-OUF !

  4. Hugues St-Pierre A dit:

    Le projet d’indépendance du Québec a fait et fera toujours face à la résistance au changement! Cela signifie que le Canada, pays à cheval sur le nôtre, a beau jeu de ridiculiser tous ceux qui osent le défier. Jean Chrétien l’a toujours fait avec l’humour emprunté au conquérant: « On a perdu la bataille des Plaines! » Ce discours aurait eu force au temps des guerres génocidaires: pas de survivants. Or, nous sommes nombreux à avoir survécu, et avec Nous, la raison de l’assaut centenaire sur Nous: Nous parlons français! Et le conquérant britannique a légué à sa descendance la détermination de ne JAMAIS nous laisser développer un pays en français en Amérique. Ça relève des anciennes guerres entre la France et l’Angleterre.

    Ceci explique les attaques illégales qu’on nous inflige lors des référendums que nous croyons toujours jouer démocratiquement, en toute naïveté… Eux, ils déclarent à qui veut l’entendre: On est en guerre!

    C’est pour cette faible approche que les péquissssss subissent les tirs de toutes parts! Illégitimes et traîtres du côté Canadian, faiblards et sans programme du côté des vaincus… PROGRAMME ! Voilà le mot pour CONVAINCRE! La population des descendants de Nouvelle-France a tellement vivoté, survécu, accepté une condition de spoliés, spoliés du territoire, de ses richesses naturelles, ses sources de revenus, son manque d’éducation, d’information… cette population, on l’a convaincue que c’est là son lot! Son quotidien, qu’on parle de petit pain, de porteur d’eau (ou de valises d’avocats du West-Island), de ceinture fléchée au jour des Patriotes ou fête nationale… de nouveaux coureurs des bois internationaux (dans la tête de notre jeunesse) coureurs des bois qu’on réussit à insulter dans le cinéma hollywoodien(film Le Revenant) sans qu’on réplique… alors, pour réussir à exciter cette population avec un programme de Québec-Pays… il faut le dire en argent sonnant: CE QUE ÇA VA CHANGER POUR chacun AU QUOTIDIEN! Quelle vie meilleure lui apportera le Québec-Pays? Ce devra être la tâche de PKP, de concrétiser cet Institut sur L’Indépendance du Québec, qui nourrira le prochain chef dans la structuration de son PROGRAMME. Ce dernier chef s’était donné pour mission de faire la preuve que le Pays sera plus riche que la Province… oeuvre inachevée. De belles illustrations de notre possible enrichissement (financier et moral) sont légions dans les vidéos de J.-J. Nantel, diffusés en nos sites (proscrits ailleurs)

  5. denise cormier A dit:

    Chapeau madame Hébert ! Ça fait aussi beaucoup de bien de vous lire ! Je vais  » partager  » ce billet avec un réel plaisir . Mille mercis pour tous ceux et celles qui auront ce privilège .