Histoire inédite des patriotes, d’Anne-Marie Sicotte [1]

27 juillet 2016

Lectures

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Bien des ouvrages ont été écrits sur les patriotes de 1837-38 mais peu ont inclus autant de détails de la vie quotidienne au Bas-Canada avec des illustrations d’artistes de l’époque. En préambule, l’auteure rappelle qu’à l’époque, «le Bas-Canada s’enfonce dans la terreur militaire (…) Dans la foulée, le régime parlementaire est remplacé par un pouvoir despotique (…) Depuis, un récit historique tronqué s’est imposé… 

Une chevauchée en pays patriote permet de remettre les pendules à l’heure. En fait, les véritables insurgés se retrouvent au sein d’une coterie d’hommes tout-puissants, généralement d’ascendance britannique, qui fomentent un coup d’État visant à renverser un gouvernement légitimement élu…»

En revisitant l’histoire, Madame Sicotte évoque neuf attributs du pays du Québec. Ses premiers chapitres : «Un pays français, Un pays souverain, Un pays frondeur, Un pays trahi» sont entrecoupés par un «Tour d’horizon : la luxuriance des saisons»; puis elle enchaîne avec cinq autres chapitres intitulés : «Un pays condamné, Un pays terrorisé, Un pays enchaîné, Un pays insurgé, Un pays pétrifié».

Le quatrième de couverture mentionne «Nullement séditieux et encore moins ignorant, le peuple du Québec d’antan était fier et libre, imbu d’égalité et d’équité. (…) L’auteure met en lumière les faits cruciaux d’une période névralgique de l’histoire du Canada, celle du formidable mouvement de résistance légale réprimé par la terreur militaire des «Rébellions» de 1837 et des soulèvements de 1838. Ce peuple patriote a enduré le pire, et ses hérauts ont été vilipendés. Il est temps de lui redonner ses lettres de noblesse (…) Or, la démocratie parlementaire n’est qu’une façade. En réalité, corruption et racisme souillent l’exercice d’un pouvoir despotique exercé au sein d’un Exécutif colonial avide d’honneurs et de richesses…»

Agrémenté de 477 illustrations – selon les crédits iconographiques et documentaires – cette «odyssée» est un complément essentiel aux récits déjà connus sur les patriotes. L’auteure ne se gêne pas pour critiquer certains auteurs de l’époque qui, volontairement ou y étant contraints, ont ménagé la «Clique du Château» et la «hiérarchie ecclésiastique». Enfin, ses romans précédents, en deux tomes chacun, «Le pays insoumis» et «Les tuques bleues» ouvrent la voie tout naturellement à ce récit fascinant.

Diane Gélinas

[1] http://www.amsicotte.com/

Diane Gélinas

A propos de Diane Gélinas

"Fille d’un écrivain humoriste, auteur de radio-romans et pionnier de la pub au Québec et d’une réceptionniste très appréciée à CKAC où ils se sont connus, on pourrait dire que le sens de la communication coule dans mes veines depuis ma naissance." Secrétaire et formatrice, impliquée syndicalement et politiquement , Diane Gélinas est retraitée depuis 2001 mais travaille comme rédactrice et traductrice de textes anglais et espagnol en français... par pur plaisir.

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