Racines

13 février 2017

Éditorial

image-ete -

Identité: Caractère permanent et fondamental de quelqu’un, d’un groupe, qui fait son individualité, sa singularité. (Larousse)

Qui diable sommes-NOUS donc, Québécois.es ?

Peuple, nation, « société distincte » ? Ou, à travers la « diversité » d’un autre État, simple « province » soi-disant « ouverte » sur le monde » ?

Dans une Lettre au Devoir de samedi, Le néo-libéralisme frappe un mur, Michel Paquet, par une brève synthèse – d’où son intérêt ici – fait le procès de l’idéologie néolibérale. Le fameux « repli identitaire » dont on parle tant en ce moment comme s’il s’agissait de la « misère sur le pauvre monde », et que l’on dénonce dans la foulée des excès de Donald Trump ou Marine Le Pen ou dans les décisions du Brexit, s’avère tout simplement, pour l’auteur, la « preuve de l’échec de plus de 30 ans de ce règne de l’idéologie néolibérale » dans laquelle l’homme est « devenu en fait le serviteur inconscient d’une économie toute-puissante. » Il y perd son âme et… ses racines.

Mais, conclut-il, « le peuple n’est pas dupe » … « il est désormais en quête d’une autre façon de vivre et … il se donnera les moyens d’être inclus dans la société. » Non, « ce n’est pas la fin de l’histoire ». Peut-être un recommencement? « Small is beautiful », comme l’affirme pourtant depuis longtemps cette langue, elle aussi aux prétentions universelles.

Mais qu’est-ce donc que ce « repli identitaire », terme d’épouvante écrivait justement Mathieu Bock-Côté hier dans le Journal de Montréal ? « Dans une société emportée par une mondialisation souvent furieuse, qui fissure les communautés nationales au point de les disqualifier moralement, et traversée aussi par un individualisme extrême, qui détricote toute forme de lien communautaire tissé dans l’histoire, il est normal que le besoin d’enracinement se fasse sentir. »

Le « besoin d’enracinement »… On sait ce qui arrive à une plante déracinée.

Dans sa chronique de jeudi dernier, Andrée Ferretti traite brièvement, elle aussi, de ce fondamental sujet, souhaitant « le réaffermissement de la conscience nationale, ici et partout ailleurs dans le monde, convaincue qu’elle est le principal rempart contre le nationalisme populiste de Trump et de ses émules. »

Hier pourtant, en écoutant Paul Saint-Pierre-Plamondon, qui n’a sans doute plus besoin de présentation ici, interrogé aux Coulisses du pouvoir (RDI) sur son Rapport, Oser réinventer le PQ, par une Emmanuelle Latraverse particulièrement insistante sur cet « aspect identitaire » qu’il faut peut-être mettre un peu en sourdine, pourquoi cette impression d’un parti en train de prendre ses distances de cette question de l’identité québécoise, question qui l’a préoccupé essentiellement jusqu’ici et qui, dans le contexte actuel, revêt pourtant encore plus d’importance ? Je comprenais alors encore mieux ce que veut dire Bock-Côté par « ce terme d’épouvante »! Le NOUS étant un autre mot « épouvantable » par les temps qui courent, notre « identité » épouvanterait-elle donc un PQ voulant séduire les « jeunes » et les « communautés culturelles » ?

Nicole Hébert

____________

Image: www.laturdine.fr

Nicole Hébert

A propos de Nicole Hébert

Nationaliste dès la prime adolescence et indépendantiste depuis les premiers discours de Pierre Bourgault. Gaspésienne d'origine, Nicole Hébert est résidente de la ville de Québec depuis belle lurette. Intervenante sociale, elle a oeuvré dans différents milieux: psychiatrie infantile, éducation, toxicomanie. Elle apprécie maintenant une retraite qui lui permet de s'adonner à l'écriture; elle a publié, en 2007, à compte d'auteure, un recueil de "petites choses", intitulé "Étendre au soleil".

Voir tous les articles de Nicole Hébert

4 réponses à «Racines»

  1. Denis Binet A dit:

    Voilà le genre d’éditorial que nous aimerions lire dans le journal
    Le Devoir.

    Merci encore une fois Madame Hébert.

  2. france Bonneau A dit:

    Un sujet de l’heure…
    À mon avis, Martine Ouellet a très bien réfuté les attaques de xénophobes qu’on nous attribue et attribue au P.Q.
    Elle a été ferme et claire.

  3. denise cormier A dit:

    @ Pierrette St-Onge –  » Martine Ouellet¸à TLMP, a défendu du bout des lèvres … » ??? J’en reviens pas qu’on se permette de dire de telles faussetés. Martine Ouellet a défendu les Québécois contre les attaques de « xénophobie » en très peu de mots, mais elle les a défendus comme personne d’autre avant elle. Elle a répondu à madame Awada et à ses attaques : « que c’est HEURTANT « , parce que ce n’est pas vrai. Les Québécois ne sont pas xénophobes, » ou à très peu de chose près. Il n’en fallait pas plus. Elle lui a cloué le bec poliment. Pour ceux qui ne l’auraient pas vu: https://youtu.be/KRpi2w1ekKE

  4. Pierrette St-Onge A dit:

    À force de vouloir plaire aux pro-diversité de son Parti, à force de vouloir inclure de plus en plus de monde dans notre projet, à force de faire de plus en plus de concessions, J.F. Lisée réussira-t-il à convaincre les militants du PQ qui l’ont choisi comme chef justement parce qu’il plaçait l’identité et la laïcité en priorité, ça reste à voir. Par les temps qui courent, il faut être fait fort pour se tenir debout devant tant d’opposition à l’identité du Peuple Québécois… Même Martine Ouellet hier à TLMEP a défendu le PQ du bout des lèvres contre les attaques de xénophobie de Madame Awada, pourtant elle a eu une performance remarquable pour défendre ses positions concernant sa course à la chefferie du Bloc Québécois. On n’est pas sorti du bois.