Sans complaisance: Le crucifix

Comme de nombreuses personnes retirées de la vie active sans pour autant être éloignées des événements qui marquent les évolutions et involutions quotidiennnes de leur société, je réagis intellectuellement et sensiblement aux discours et actions dirigés contre les modes historiques de l’existence de la nation québécoise.

Comme je l’ai révélé dans plusieurs de mes ouvrages, notamment dans mon Pourquoi j’écris, publié aux éditions Trois-Pistoles, dans la collection « Écrire » dirigé par Victor-Lévy Beaulieu, je suis devenue athée à la messe de minuit de l’année 1945, alors que je m’en allais sur mes onze ans.

Aussi bien dire que la présence du crucifix sur les murs de nos institutions politiques et/ou sociales ne me dérange pas, ayant réglé mon problème depuis plus de sept décennies.

Me dérangent, en revanche, les insultantes tentatives de me rayer de la carte, comme on dit vulgairement, en m’obligeant à renier les enracinements structurels de mon identité dans mon histoire et ma culture.

Je ne suis pas très forte à 82 ans, mais encore suffisamment pour lutter farouchement contre les assauts meurtriers des ennemis de toutes les formes d’être de ma nation.

Ne vous en déplaise, aujourd’hui comme hier, nous vaincrons. Pour la simple et bonne raison que persister dans son être est une condition « sine qua non » de la vie.

Je vous «emmerde», mesdames et messieurs, vous toutes et tous qui voudriez que nous disparaissions, pour vous sustenter à même nos racines à moindre frais.

Andrée Ferretti

Andrée Ferretti

A propos de Andrée Ferretti

Femme politique et écrivaine québécoise, elle fut l'une des premières femmes à adhérer au mouvement indépendantiste québécois en 1958. Vice-présidente du Rassemblement pour l'indépendance nationale, elle représenta la tendance la plus résolue du parti. Pour Andrée Ferretti, « qui ne fait pas l'indépendance, la combat ». "À écrire comme on s'arme pour lutter contre la domination, écrire des textes politiques ou un roman, c'est pour moi les deux faces d'une seule et même médaille, c'est toujours une expression nécessaire de mon engagement dans la conquête d'une plus grande liberté."

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4 réponses à «Sans complaisance: Le crucifix»

  1. ouhgo St-Pierre A dit:

    Nous vaincrons si nous nous levons en Bloc, coude à coude, pour afficher face au monde que nous formons toujours la nation qui a défriché ce territoire et qui est disposée à y accueillir ceux et celles qui veulent s’identifier aux normes de la maison, à enlever leurs bottes avant d’y entrer.

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  2. Lise Reid A dit:

    Merci pour ce beau texte. Nous exigerons toujours le respect de notre patrimoine national et le patrimoine religieux en fait partie. Oui nous vaincrons parce que nous sommes un peuple à la tête dure.

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  3. Diane Gélinas A dit:

    À mon avis, le crucifix n’a pas sa place dans les lieux de pouvoir comme l’Assemblée nationale, les salles des conseils municipaux et scolaires, les cours de justice et autres lieux de ce type, ni tout autre objet à connotation religieuse, par respect pour les citoyens de toutes croyances.

    Le problème du crucifix de l’Hôpital Saint-Sacrement, c’est la réaction du Cardinal Gérald Cyprien Lacroix qui appelle les fidèles catholiques à protester pour le réinstaller…

    Voilà où mène la tolérance ostentatoire de l’islam : ça suscite chez certains un retour de la « bondieuserie » et une occasion pour l’Église catholique de retrouver le paradis perdu de sa domination sur ses ouailles d’autrefois.

    On ne combattra jamais le sectarisme religieux, de part et d’autre, qu’avec une laïcité affirmée de l’État et de ses agents en autorité, incluant le personnel des écoles et des garderies, publiques et privées, subventionnées ou non, par respect pour les enfants dont ils ont la responsabilité.

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  4. france Bonneau A dit:

    Merci. Bien d’accord.
    Au nom de quoi nous disparaîtrions et enlèverions les symboles de notre identité première. Nous avons des racines, des ancêtres, une histoire. Respectons nos origines. Dédendons-les. Soyons fiers-es et refusons cet a-plaventrisme devant les autres.

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