L’heure juste: Transport en commun…

Public ou privé? Et… KPMG.

Les nombreuses critiques sur le projet du Réseau Électrique Métropolitain (REM) sont totalement déprimantes et franchement contradictoires. Je comprends que l’on questionne les hypothèses de rentabilité, les risques de réalisation ou tout autre point de ce projet.  D’ailleurs, les réponses suivront au fur et à mesure que le projet progressera.  Certaines ne peuvent tout simplement pas être fournies à ce stade du projet, comme l’a affirmé la Caisse de Dépôt et de Placement du Québec (CDPQ).  Mais elles viendront en temps et lieu.  Un  tel projet requiert de la planification et de la rigueur.  Parce qu’il est complexe et implique plusieurs intervenants, la CDPQ a cru bon l’annoncer tôt et offre des réponses au fur et à mesure de son avancement.

Depuis toujours on veut faire de Montréal une ville moderne, intelligente, ouverte sur le monde, accueillante et j’en passe. Le projet du REM cadre avec cette vision. Sérieusement, il est impossible de voir le Montréal moderne sans un système adéquat de transport en commun et ce, en particulier depuis l’aéroport jusqu’au centre-ville et ses banlieues.

La crainte de la privatisation du transport en commun est assez particulière. En effet, tout le transport ferroviaire au Canada comme au Québec doit son existence aux allocations des terres de l’État aux compagnies privée (Canadien Pacifique) ou publique (Canadien National).  Il faut se rappeler l’histoire du chemin de fer au Canada!

Or aujourd’hui on s’inquiète que le REM privatise le transport en commun? Je veux bien que la filiale de la CDPQ soit une entreprise privée, mais de là à effacer du portrait son actionnaire principal, à savoir la CDPQ, c’est un peu gros.

Quant à affirmer que le REM servira davantage les intérêts de la CDPQ que les Montréalais et les usagers du transport en commun, je m’inscris en faux. Justement, peut-être que plus de gens se serviront du transport en commun dans un contexte de transport plus moderne, plus confortable et surtout plus efficace!

Le REM servira les intérêts des Québécois par le biais des profits de la CDPQ et les intérêts des Montréalais par le biais d’un meilleur service de transport en commun.  Pourquoi affirmer le contraire?

En terminant, je ne peux m’empêcher de me demander si le Ministère du Revenu du Québec suivra la décision d’Ottawa dans l’affaire KPMG et donnera l’amnistie fiscale aux Québécois, s’il en est,  qui se seraient prévalus des bons services de KPMG pour éviter de payer de l’impôt au Québec. À suivre…

Rita Dionne-Marsolais

Rita Dionne-Marsolais

A propos de Rita Dionne-Marsolais

Après une carrière de 25 ans dans les milieux d'affaires montréalais, canadiens et internationaux, Rita Dionne-Marsolais a été élue députée de Rosemont durant quatre mandats. Économiste de formation elle a été, entre autre, Déléguée Générale du Québec à New York de 1984 à 1988. De plus, elle a assumé plusieurs portefeuilles ministériels entre 1994 et 2008, dont ceux du Tourisme, du Revenu, de l'Énergie, et de l'Industrie et du commerce. Elle s'est retirée de la vie politique en ne se présentant pas à l'élection de 2008.

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Une réponse à «L’heure juste: Transport en commun…»

  1. Diane Gélinas A dit:

    Merci de votre synthèse rapide au sujet du REM et de réfuter l’idée d’une éventuelle privatisation de ce réseau.

    Il est important à saisir les non-Montréalais.es de cet enjeu car la plupart de ces gens sont peu au courant, voire même indifférents.

    Votre précision essentielle réside dans cette phrase «Le REM servira les intérêts des Québécois par le biais des profits de la CDPQ et les intérêts des Montréalais par le biais d’un meilleur service de transport en commun.»

    Qu’il est difficile de vaincre la résistance des gens face à un projet emballant, que ce soit le REM… ou l’indépendance du Québec.

    Diane Gélinas

    P.S. Félicitations de faire partie de l’initiative des femmes parlementaires pour susciter 40% de candidatures féminines à l’Assemblée Nationale. Ce site pourrait même prendre de l’envergure s’il était appelé à collaborer dans le recrutement de femmes indépendantistes intéressées par un passage en politique. Les femmes d’autres allégeances auront bien leur façon de se déclarer intéressées.

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