À vrai dire: 2018, PQ ou CAQ ?

Ma dernière chronique de 2016 portait sur l’aspect «tanguy» du peuple québécois qui n’arrive pas à se décider à quitter le Canada. Puis, la semaine dernière, je réfléchissais aux pionniers du PQ qui devraient sans doute laisser la place aux jeunes tout en les appuyant par leurs conseils politiques lorsqu’ils sont sollicités…

Au même moment, le rapport de Paul St-Pierre-Plamondon propose de rajeunir le parti souverainiste et de demander aux plus vieux militants de servir de mentors aux plus jeunes.

Charles Lecavalier, du Journal de Montréal, énumérait ces recommandations du rapport PSPP le 8 février dernier dans son article : «Un parti figé et vieillissant» : «Ranger les pancartes de 1995 et tout le matériel nostalgique; occuper davantage les radios de Québec et les radios anglophones; les membres d’exécutifs âgés de plus de 70 ans devront trouver un protégé de moins de 40 ans à qui céder leur siège; présenter des candidats racisés et issus des communautés locales dans les comtés gagnables dès 2018.» [1]

Sous cet article, j’ai été attirée par un commentaire de Monsieur Patrice Carrier de l’Institut maritime du Québec (IMQ) : «Le peuple Québécois est ancré dans une attitude… de minorité psychologique, (i. e.) soit une majorité, soit une minorité démographique qui ne possède pas les leviers nécessaires pour assurer son épanouissement. » [1]

Par ailleurs, Mathieu Bock-Côté [2] pressent une tendance au «souverainisme pénitentiel post-référendaire… (craignant) une rechute du PQ dans ce mauvais travers». Traitant de l’entrevue de François Legault à TVA [3], il souligne comment ce dernier attaque les sujets de front et de façon décomplexée alors que Lisée [4] semble toujours sur la défensive.

Des gestes déconcertants de Jean-François Lisée commencent à susciter des interrogations chez les militant.es : son adresse aux étudiant.es du Cégep Dawson en anglais, son appréhension d’une défaite dans Gouin au point de ne pas y présenter de candidature, ses réflexes prudents devant un Legault tous azimuts; ça donne une image timorée au Parti Québécois dans la population.

Plus loin, Bock-Côté affirme : «…désormais, les choses ne se passeront plus comme avant. Elles doivent annoncer une sortie du multiculturalisme canadien : désormais, l’identité québécoise sera clairement affirmée et les nouveaux arrivants devront clairement s’y intégrer. Celui qui ne parvient pas à s’approprier ce message se condamne à l’insignifiance politique en matière identitaire. Ce qui veut dire à l’insignifiance politique tout simplement.»

Et si les Québécois.es, pour chasser les Libéraux du pouvoir, votaient CAQ en 2018 ? Legault pourrait bien en ébranler plusieurs avec sa conclusion à TVA : «Sortons des vieux débats, sortons des vieilles chicanes, essayons la CAQ !»

Sans référendum avant 2022, comment éviter que des indépendantistes pressés – identifiés plutôt au centre-droit – décident de voter CAQ dans le but d’exposer les plus jeunes aux frustrations passées, aux espoirs déçus et à l’indignation face au mépris, à l’indifférence, à l’allergie d’Ottawa aux face revendications du Québec. Lisée l’a précisé dans son entrevue à TVA : «… c’est rendu qu’à Ottawa, donner sa juste part au Québec, c’est devenu politiquement toxique…».

En effet, les 40 ans et moins et les néo-Québécois.es arrivés depuis 1996 n’ont pas connu le désarroi de la défaite au référendum de 1995 et n’ont pas concrètement vécu les mille et une fins de non recevoir d’Ottawa… Alors, en 2022 – ou avant s’il s’agissait d’un gouvernement minoritaire renversé – tout ce beau monde en arriverait à la seule conclusion possible : pour être maîtres chez nous, il est essentiel de faire du Québec un pays!

Diane Gélinas

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[1] http://www.journaldequebec.com/2017/02/08/le-pq-un-parti-fige-et-vieillissant

[2] http://www.journaldemontreal.com/2017/02/25/a-la-conquete-des-nationalistes

[3] Voir ou revoir l’entrevue d’une heure avec François Legault

http://www.tvanouvelles.ca/2017/02/15/pas-de-reduction-de-services-promet-francois-legault

[4] Voir ou revoir l’entrevue d’une heure avec Jean-François Lisée

http://www.tvanouvelles.ca/2017/02/22/lisee-pret-a-affronter-les-federations-de-medecins

Diane Gélinas

A propos de Diane Gélinas

"Fille d’un écrivain humoriste, auteur de radio-romans et pionnier de la pub au Québec et d’une réceptionniste très appréciée à CKAC où ils se sont connus, on pourrait dire que le sens de la communication coule dans mes veines depuis ma naissance." Secrétaire et formatrice, impliquée syndicalement et politiquement , Diane Gélinas est retraitée depuis 2001 mais travaille comme rédactrice et traductrice de textes anglais et espagnol en français... par pur plaisir.

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Une réponse à «À vrai dire: 2018, PQ ou CAQ ?»

  1. St-pierre Otis, Micheline A dit:

    Beaucoup d’entre nous, en octobre 2016, aurions-nous choisi JFL pour nous donner un sauf-conduit vers un ailleurs improbable et mieux disparaître en douce?

    À voir combien nos adversaires (CAQ, QS, ON) se faufilent dans les médias pour vanter leurs exploits sans gêne et avec même euphorie, on se demande où pourrait bien nous mener le Chemin des Victoires de M. Lisée… À part JFL, où sont nos élus-es? Eux aussi, on dirait qu’ils se cachent de peur de faire des gaffes ou qu’on ne s’intéresse même pas à eux. J’ai déjà parlé à nos grands du PQ de la nécessité de faire un sommet sur les médias.
    Lettre laissée morte.. Et pourtant, sans possibilité d’avoir accès à ce pouvoir au même titre que les autres et même plus (le PQ est encore le parti de l’opposition officielle pourtant), nous mourrons à petit feu. Depuis 2 semaines, un parti qui n’a plus que deux sièges au Parlement de Québec a réussi à mobiliser tous les médias de masse pour avoir conservé un comté. Cherchons l’erreur!!!

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