La Journée internationale des Femmes

8 mars 2017

Éditorial

8mars2017 -

Non pas la Journée de LA Femme, comme on pouvait l’entendre sur les ondes de Radio-Canada hier, mais bien, nous rappelle-t-on sur le site 8mars.info, la Journée DES Femmes.

Et l’on y invite à « faire grève à 15h40, pour un monde qui respecte le travail des femmes : pour refuser le travail bénévole et pour réclamer l’égalité des salaires. »

En guise de rappel pour cette journée mémoire, on peut lire aussi sur ce site: « Officialisée par les Nations Unies en 1977, la Journée Internationale des Femmes trouve son origine dans les luttes des ouvrières et suffragettes du début du XXe siècle, pour de meilleures conditions de travail et le droit de vote. » (Le texte d’une auteure non-identifiée, paru en 1990 sur L’Aut-Journal, nous en donne sa version ICI)

Aussi, poursuit-on, il s’agit d’une « journée de manifestations à travers le monde : l’occasion de faire un bilan sur la situation des femmes. Traditionnellement les groupes et associations de militantes préparent des manifestations, pour fêter les victoires et les acquis, faire entendre leurs revendications, afin d’améliorer la situation des femmes. La Journée internationale des femmes reste aujourd’hui d’une brûlante actualité. Car tant que l’égalité entre les hommes et les femmes ne « sera pas atteinte, nous aurons besoin de la célébrer. »

« Tant que l’égalité entre les hommes et les femmes ne sera pas atteinte »!… Selon le Forum économique mondial, au rythme actuel, la parité ne serait atteinte de par le monde que vers 2186. Radio-Canada publiait, vendredi dernier, l’étonnant tableau élaboré justement par le FEM sur les inégalités persistantes. Et on ne les trouve pas nécessairement là où l’on s’y attendait.

Dans l’Aut’Journal, Pierre Dubuc s’attarde aux dégâts du néolibéralisme sur cette condition féminine:  » (P)artout à travers le monde, les acquis ont été rabotés, écorchés, voire supprimés, par les mesures d’austérité néolibérales. Au Québec, le gouvernement Couillard n’est pas en reste, comme l’a brillamment démontré Aurélie Lanctôt dans son essai « Les libéraux n’aiment pas les femmes« . »

De son côté Le Devoir, à partir du constat que « les biographies féminines sur wikipedia ne comptent que pour 16% de l’ensemble », prenait l’initiative d’offrir, dans son édition de samedi dernier sous la plume de Jean-François Nadeau, un précieux dossier, L’histoire invisible des femmes, afin de « jeter un regard sur la place dérisoire que l’histoire officielle a laissée et continue de laisser aux femmes. Et si l’histoire devait s’écrire autrement ? » demande-t-il ? Pour ce faire, Le Devoir revisite l’histoire de cinq de ces « oubliées » parmi les nôtres. Depuis lundi, avec autorisation, nous mettons en lien chaque jour, dans la Section Histoire, l’un des textes biographiques de cette série, jusqu’à vendredi inclusivement. Aujourd’hui, Eva Tanguay.

Finalement, on apprenait lundi qu’en ce qui concerne les femmes en politique, Marie Malavoy, ex-ministre péquiste et notre consoeur-chroniqueuse, ex-ministre de même allégeance, Rita Dionne Marsolais, à qui se joignent d’autres ex-parlementaires, prenaient l’initiative de réclamer une loi sur la « parité » à l’Assemblée nationale. Et de batailler pour l’obtenir. « Les années passent et on aimerait croire que tout est acquis pour les femmes en politique, mais c’est loin d’être le cas, selon elle. Le « moule politique est masculin », très traditionnel dans ses valeurs, sa culture, ses règles du jeu. Souvent, encore aujourd’hui, les femmes s’identifient mal au jeu politique, elles « commencent par penser que ce n’est pas pour elles », déplore Mme Malavoy.  » *

Mais puisqu’il s’agit de « célébrer », question de le faire chez-nous la Fédération des femmes du Québec présente pour ce 08 mars 2017 les propositions du Collectif du même nom, 08 mars – à qui M. Couillard refusait hier encore une rencontre pour l’occasion**. Ces propositions sont celles d’une célébration sous le thème de « L’égalité sans limites … d’où le signe de l’infini en forme de 8 » de la représentation graphique.

« Les mots à l’intérieur du 8 nous rappellent que les féministes se mobilisent partout au Québec pour revendiquer une véritable égalité entre les femmes et les hommes, entre les femmes et entre les peuples. Les valeurs portées par le mouvement féministe rompent le cercle des inégalités. Elles ouvrent sur un monde d’égalité et de justice sans limites pour toutes. »

Et voici où trouver l’éventail des activités proposées dans chaque région du Québec: Calendrier.

À cette époque où les Journées de « ceci » ou de « cela »… poussent comme des herbes au soleil, est-ce que nous sommes, chacun.e, en mesure d’expliquer à nos enfants, petits-enfants ou autres enfants qui nous entourent, en quoi consiste cette Journée des femmes?

Bonne Journée!

Nicole Hébert

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* http://www.ledevoir.com/politique/quebec/493277/des-ex-elues-reclament-une-loi-sur-la-parite-a-l-assemblee-nationale

**http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/201703/07/01-5076310-des-femmes-manifestent-devant-le-bureau-de-couillard.php

Image: Le Collectif 8 mars. Agence : UPPERKUT. Direction artistique et design graphique : Noémie Darveau.

Nicole Hébert

A propos de Nicole Hébert

Nationaliste dès la prime adolescence et indépendantiste depuis les premiers discours de Pierre Bourgault. Gaspésienne d'origine, Nicole Hébert est résidente de la ville de Québec depuis belle lurette. Intervenante sociale, elle a oeuvré dans différents milieux: psychiatrie infantile, éducation, toxicomanie. Elle apprécie maintenant une retraite qui lui permet de s'adonner à l'écriture; elle a publié, en 2007, à compte d'auteure, un recueil de "petites choses", intitulé "Étendre au soleil".

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