Sans complaisance: Est-il besoin de le nommer ?

Il est désormais un politicien comme les autres, récent candidat d’un parti à la députaion québécoise, prêt à suivre toutes les régles établies à l’accession aux Salons bleu ou rouge de l’Assemblée nationale. Il peut encore s’autoproclamer progressiste, mais ne peut plus prétendre au leadership d’un mouvement radical de contestation des structures politiques, économiques et sociales qui libéreraient globalement la nation québécoise. D’autant moins qu’il n’est pas certain de l’existence de celle-ci.

Il était jeune, lors du printemps érable. Eu égard à l’âge, il l’est encore. En considération de son ambition, qu’il peine à dissimuler, d’exercer coûte que coûte le pouvoir, ne serait-ce que dans l’opposition, pire, en prenant le risque de la réélection d’un gouvernement libéral, il est plutôt un vieux de la vieille.

Rien de plus nuisible qu’un jeune bourgeois qui ne s’assume pas comme tel, c’est-à-dire qui renie en parole les principes et les valeurs de sa classe sociale, mais qui en épouse les objectifs primordiaux, ne remettant pas en cause les fondements du système établi, disposé, au contraire, à s’y enliser, en circulant sournoisement dans son cercle vicieux.

On le dit dogmatique. À tort? À raison?
On le saura quand on l’aura entendu exposer de manière exhaustive, avec autant de rigueur intellectuelle que de passion, les enjeux colossaux du combat indépendantiste comme projet de libération nationale.

Pour le moment, on l’entend surtout blâmer le Parti à qui incombe la responsabilité politique de contester le pouvoir libéral.

Vous l’avez reconnu?

Andrée Ferretti

Andrée Ferretti

A propos de Andrée Ferretti

Femme politique et écrivaine québécoise, elle fut l'une des premières femmes à adhérer au mouvement indépendantiste québécois en 1958. Vice-présidente du Rassemblement pour l'indépendance nationale, elle représenta la tendance la plus résolue du parti. Pour Andrée Ferretti, « qui ne fait pas l'indépendance, la combat ». "À écrire comme on s'arme pour lutter contre la domination, écrire des textes politiques ou un roman, c'est pour moi les deux faces d'une seule et même médaille, c'est toujours une expression nécessaire de mon engagement dans la conquête d'une plus grande liberté."

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7 réponses à «Sans complaisance: Est-il besoin de le nommer ?»

  1. Pierre Hébert A dit:

    … Hum… mon malaise n’a rien à voir avec le fait qu’il se soit rangé sous un drapeau ou un autre, point du tout. C’est plutôt que j’entends une équation entre pouvoir et mâlitude. Culturellement, bien sûr. Mais je ne suis plus capable de vivre avec ce type de discours. Faire la politique autrement est… autrement plus profond.

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  2. france Bonneau A dit:

    Personnellement, je ne crois pas, vraiment pas beaucoup en GND. Je doute de sa position sur l’indépendance du Québec. Ses priorités sont ailleurs. QS se veut un parti Indépendantiste mais… il le claironne depuis peu. Cela le sert. Lui attire des sympathisants. Son discours du début a tout pour me déplaire.
    Je vais certes suivre ce qu’il aura à dire mais sa prétention me laisse de glace.
    Il est aussi pour une culture inclusive. Vive le mélange des cultures. Aux dépens la nôtre, de notre propre identité. Il a des contradictions évidentes.
    Cela va ressortir un jour ou l’autre, à mon avis.

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  3. Henri Lamoureux A dit:

    Je suis plutôt d’accord (avec vous). Le ton est arrogant, la phrase un peu remâchée, et le mépris envers celles et ceux qui nous ont conduits ou nous sommes, impardonnable. « Tiens toé ben, j’arrive! » chante Diane. Pour faire l’indépendance du Québec et nous permettre d’assumer notre responsabilité dans le concert des nations, il faut trouver le moyen d’unir toute nos forces. Le discours agiste et un peu baveux de GND n’aide certainement pas.
    Je ne connais pas de fleurs sans racines.

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  4. diane paquet A dit:

    Clarté et vigueur, merci de vos propos qui nous montrent une facette un peu occultée de ce politicien qui se montre chevronné, car même les luttes syndicales ont leur côté hautement politique et ne peuvent nous placer uniquement dans la pureté innocente du pourfendeur idéaliste.

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  5. André Baril A dit:

    Très bonne analyse, précise. Cela m’aide à comprendre un aspect de notre vie politique : le Québec produit très peu d’intellectuels (aux sens de Jean-Paul Sartre, quelqu’un qui voit les contradictions entre le particularisme du pouvoir et les connaissances universelles)

    Comme (vous dites) : «jeune bourgeois qui ne s’assume pas comme tel, c’est-à-dire qui renie en parole les principes et les valeurs de sa classe sociale, mais qui en épouse les objectifs primordiaux».

    Le danger qui guette l’intellectuel, c’est d’universaliser trop vite. Autrement dit, pour le Québec, c’est de sauter par-dessus la question nationale en croyant que cette question est celle de la bourgeoisie dont il essaie précisément de se déprendre. On devient progressiste, universaliste, pacifiste et tout ce que l’on voudra, sauf nationaliste dans la ligne d’Hubert Aquin, de Fernand Dumont ou de Jean Larose. On n’assume pas jusqu’au bout le milieu qui nous a vu grandir. On va tout de suite à la table rase, au recommencement. Ainsi, Gabriel Nadeau Dubois a méprisé comme tout bon bourgeois la démarche visant l’adoption d’une charte des valeurs (voir son texte dans L’urgence du présent). Puis en prenant la parole pour se présenter au QS, il a balayé le passé. C’est typique.

    Le sociologue français Alain Touraine, il y a des décennies, à propos des Québécois : scaphandrier qui risque de remonter trop vite à la surface.

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  6. James A. Wilkins A dit:

    Comme Jean-François Lisée que j’aime bien, il sera sans doute son pire propre ennemi!

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  7. Dominique Champagne A dit:

    S’il cherchait à « exercer coûte que coûte le pouvoir », il aurait choisi le PQ qui l’aurait accueilli comme le prochain messie. Jean-François Lisée (originaire de Thetford Mines tout comme lui) aurait peut-être même fait un pas de côté pour lui. Non Madame Ferretti, je pense que vous vous trompez complètement sur Gabriel Nadeau-Dubois. On peut déplorer qu’il fasse le choix d’entrer dans un Parti où son rôle de co-porte-parole ne lui donnera pas grand pouvoir au contraire.

    Personnellement, je pense qu’il veut sincèrement changer les choses au Québec et mener cette foutue province au statut de pays. Et je pense non seulement qu’il a l’énergie, l’intelligence mais aussi l’ascendance nécessaire pour y arriver. C’est pourquoi j’aurais rêvé qu’il se joigne à un parti comme Option Nationale afin de démarrer sur des bases neuves/neutres. Avec sa fougue, il aurait remonté ce parti en un rien de temps et Jean-Martin Aussant (qui aura bientôt des fourmis dans les jambes) serait venu lui prêter main forte d’ici quelques années. Imaginez une telle alliance!

    Mais peut-être est-ce le plan après-tout? Peut-être que les deux hommes ont convenu d’une alliance à long terme? Et peut-être que d’ici-là, GND a choisi un parti où il pourra faire ses premières armes et prendre de l’expérience en politique?

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