Le Montmorency*

14 avril 2017

Poèmes pour le pays

Au détour du courant où le flôt qui la ronge

Embrasse les contours de l’Île d’Orléans

Comme une tombe énorme, entre deux géants,

La blanche cataracte au fond du gouffre plonge.

 

Indicibles attraits des abîmes géants!

Imposantes rumeurs que la brise prolonge!

Lourds flocons écumeux qui passez comme un songe,

Et que le fleuve emporte aux mornes océans!

 

Spectacles saisissants, grandiose nature,

À vous interroger quand l’esprit s’aventure,

On retombe sans fin dans un trouble nouveau;

 

Le bruit, le mouvement, le vide, le vertige,

Tout cela va, revient, tourbillonne, voltige,

Ivre et battant de l’aile aux voûtes du cerveau.

Louis Fréchette

Poésies choisies, Montréal, Beauchemin, 1908

(Source: Gaétan Dostie, Anthologie, Les poètes disparus du Québec)

Voir, de la Section Québec en peintures: Chutes Montmorency

independantes.org

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