Ville-Marie ou La perte de mémoire

19 avril 2017

Éditorial

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Pendant que ce Canada d’aujourd’hui fête les 150 ans d’une soi-disant « Confédération » dont nous n’avons toujours pas signé la Constitution, Montréal souligne ses 375 ans; les 375 ans de la naissance de Ville-Marie. Dans sa chronique du Journal de Montréal, Gilles Proulx nous en raconte – ou rappelle – l’histoire chaque semaine. Avec amour. Un exercice exemplaire de « remue-mémoire ».

Par ailleurs, on apprenaît hier que « Dans les écoles de Montréal, jusqu’à neuf élèves sur 10 sont allophones »*, « l’Office québécois de la langue française (ayant de plus confirmé en mars) qu’entre 1971 et 2015, la proportion d’élèves de langue maternelle tierce avait plus que triplé, passant de 12,7% à 41,2%. (incluant préscolaire, primaire et secondaire). » Et, comble de constats défavorables à notre langue, le chercheur Jean Ferretti déposait en janvier dernier son rapport « Le Québec rate sa cible » en francisation des immigrants. Un Québec s’éloignant donc « progressivement de l’objectif de la loi 101, soit de faire du français la langue commune de ses citoyens. »**

La directrice de l’école de la Mosaïque, dans Côte-Saint-Luc, 3e école primaire de Montréal avec le plus haut taux d’allophones cette année (94,72%), résume: «Pour certains, le français est leur 4e langue»…. Nous, on a toujours considéré ça comme une richesse».

Une richesse… Bien sûr. Comment contredire une telle affirmation?

Allo Ville-Marie!…

« Je me souviens »… de Montréal au visage anglo dans les années 50 et redevenue métropole française en Amérique grâce aux lois 22 et 101.

Comment ne pas rappeler ici la Lettre ouverte d’un « Immigrant en colère » publiée en mars dans Le Devoir, qui nous reprochait d’être des « croisés de la langue »?*** Et la réponse qui lui fût faite alors, entraînant plus de 1000 partages, de quoi convaincre qu’à tout le moins le sujet préoccupe!****

Mais la Question demeure: qu’allons-nous faire ? Que DEVONS-nous faire maintenant ?

Déclarer forfait pour notre métropole? Durham doit se frotter les mains de contentement.

Pourrait-on rêver, en couleurs, d’une politique d’immigration qui obligerait à l’occupation du territoire?… Mesure salutaire ou abusive ?

Nicole Hébert

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* http://www.journaldemontreal.com/2017/04/17/dans-les-ecoles-de-montreal-jusqua-9-eleves-sur-10-allophones

** http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/761904/quebec-immigrants-francisation-loi-101-langue-commune

*** http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/493058/la-colere-d-un-immigrant

**** http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/493489/la-replique-immigration-l-insecurite-mythique-des-quebecois-de-souche

Image: Sociétés et territoires

Nicole Hébert

A propos de Nicole Hébert

Nationaliste dès la prime adolescence et indépendantiste depuis les premiers discours de Pierre Bourgault. Gaspésienne d'origine, Nicole Hébert est résidente de la ville de Québec depuis belle lurette. Intervenante sociale, elle a oeuvré dans différents milieux: psychiatrie infantile, éducation, toxicomanie. Elle apprécie maintenant une retraite qui lui permet de s'adonner à l'écriture; elle a publié, en 2007, à compte d'auteure, un recueil de "petites choses", intitulé "Étendre au soleil".

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4 réponses à «Ville-Marie ou La perte de mémoire»

  1. ouhgo St-Pierre A dit:

    Depuis la conquête sauvage par les Britanniques, le français demeure une nuisance dans la construction de la nation canadienne. L’Empire n’avait d’abord pas cru bon écouter ce Lord qui recommandait l’assimilation rapide des descendants de Nouvelle-France. On les avait laissés pour morts le long du Majestueux. Leurs élites étaient reparties au pays des ancêtres. Mais à chaque décennie, des survivants s’élèvent pour réclamer « leur place ». On les a ignorés jusqu’au jour où un inquiétant référendum faillit les rendre menaçants. Plus jamais, se sont dit les Canadians! Depuis ce temps, la guerre n’a pas cessé: les épuiser économiquement par le retrait des sièges sociaux, démographiquement par des marées successives d’immigration allophone, socialement par les débalancements du financement de l’éducation et de la santé, par l’inondation de l’information « désinformée » et surtout, politiquement par le télégraphe, aux trois niveaux de gouvernement de politiciens marionnettes qui sourient en se faisant empaler, en notre nom!

    Que devons-nous faire, Mme Hébert? La grenouille est cuite!

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    • ouhgo St-Pierre A dit:

      À moins que ce « peuple » se sente un jour capable de se gérer lui-même?… (suffirait d’une grenouille plus brillante que les autres, échappée de la marmite)

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      • Nicole Hébert
        Nicole Hébert A dit:

        Gardons espoir, M. St-Pierre! Un jour viendra malgré tout; avec quelques grenouilles dont les coassements convaincants réveilleront les autres! Et, ce sera peut-être avant 2020 😉

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        • Josette Dionne A dit:

          Pourtant il est de plus en plus difficile de garder espoir, quand la grande majorité de la population ne s’indigne même plus du fait que le Québec n’ait toujours pas signé la Constitution canadienne! C’est quand même un indice majeur qu’il y a quelque chose de défectueux dans cette confédération, quand près du quart de la population n’est pas pris en compte, ni considérée et que ça indiffère non seulement les 3/4 restants, mais les concernés eux-mêmes en plus! Hélas, il est à craindre que les grenouilles aient renoncées à leur survie…

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