Ni de gauche ni de droite

18 mai 2017

Points de vue

On pourrait naïvement dire de nulle part. De manière plus exacte et honnête, il convient mieux de localiser à droite le prononciateur d’un tel discours. Car toute personne qui se reconnaît de gauche revendique avec fierté, parfois avec arrogance, sa position intellectuelle, politique et morale.

Macron est manifestement de droite, plus radicalement que la diabolisée Marine Le Pen, à la différence capitale qu’il est mondialiste et qu’elle est, oh! horreur, nationaliste.

Autant il est répugnant de prétendre gouverner en luttant contre les effets létaux du capitalisme pour protéger sa nation, autant il est admirable, surtout rassurant, de déclarer son aptitude à les assumer, au nom de la trompeuse ouverture au monde.

Si Macron croyait à l’existence de la culture française, il connaîtrait peut-être, La chèvre de monsieur Séguin, nouvelle de Alphonse Daudet, qui conclut que « chacun chez soi et les vaches seront bien gardées ».

« Pauvre France » dirait aujourd’hui la vierge de Fatima.

Andrée Ferretti

Andrée Ferretti

A propos de Andrée Ferretti

Femme politique et écrivaine québécoise, elle fut l'une des premières femmes à adhérer au mouvement indépendantiste québécois en 1958. Vice-présidente du Rassemblement pour l'indépendance nationale, elle représenta la tendance la plus résolue du parti. Pour Andrée Ferretti, « qui ne fait pas l'indépendance, la combat ». "À écrire comme on s'arme pour lutter contre la domination, écrire des textes politiques ou un roman, c'est pour moi les deux faces d'une seule et même médaille, c'est toujours une expression nécessaire de mon engagement dans la conquête d'une plus grande liberté."

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Une réponse à «Ni de gauche ni de droite»

  1. Myriade Klon A dit:

    Je comprends qu’au choix final vous auriez préféré que la France soit gouvernée par Marine Le Pen plutôt qu’Emmanuel Macron… et que votre indépendantisme radical de gauche est un poison qui fait peur au peuple bien davantage que le vieux fédéralisme en voie d’extinction. Oui, en voie d’extinction, malgré les apparences d’un triomphe qui le rend arrogant, ce vieux fédéralisme n’en a plus pour très longtemps. L’illusion d’une alliance du PQ avec le QS indépendantiste d’extrême gauche venant de tomber, s’ouvre enfin l’ère de penser la souveraineté confédéraliste, c’est-à-dire la souveraineté-association réactualisée et mieux réfléchie et adaptée au 21ème siècle.