Et maintenant ?

24 mai 2017

Éditorial

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Il fallait lire tous ces titres et ces contenus d’articles dans les journaux d’hier, suite à la rebuffade de QS à l’endroit du PQ. On a parlé de gifle, de doigt d’honneur, de crachat au visage, devant les propositions de convergence circonstancielle en vue de l’élection québécoise de 2018: le « PQ rejeté par QS »; « Pauvre PQ »; « QS-pas l’escabeau du PQ »; « filou de Lisée »; « Lisée dans les limbes ».

Tout comme, dans les jours précédents, les réactions de même ton aux résultats des plus récents sondages.

Maintenant, toutes les hypothèses sont sur la table quant aux orientations à prendre par le PQ. On s’en donne à coeur joie pour lapider et enterrer Lisée à qui mieux mieux, comme l’illustrait cette caricature de YGREK! C’est de bonne guerre ? Peut-être, chacun des deux autres partis d’opposition, le vent soi-disant dans les voiles, se voyant déjà, fut-ce dans ses rêves, battre à lui seul le PLQ. « QS est en orbite », commentait Mario Dumont!

Alors, que devrait donc faire ce PQ – j’allais écrire « de malheur » – mais je trahirais ma pensée car, pour ma part, j’éprouve encore l’indignation que j’exprimais il y a un an environ dans ce Billet d’humeur, devant la façon cavalière dont on traite ce parti qui a donné au Québec, sinon encore l’indépendance, ses mesures sociales-démocrates les plus estimables, n’en déplaise à QS.

Mais revenons au vif du sujet. Au terme de l’analyse qu’il fait du contexte actuel, Joseph Facal observait hier, dans sa chronique du Journal de Montréal: « si la CAQ émerge comme la mieux placée pour menacer le PLQ, des tas de nationalistes modérés pourraient être tentés de voter «utile». Le plancher pourrait alors s’ouvrir sous les pieds du PQ. » [1] Et Denise Bombardier en rajoute: (L)e PQ n’a plus d’avenir. Il fait le décompte de sa vie. Ce qui lui reste, c’est sa mémoire, ses exaltations, ses rêves brisés et une flamme qui ne se résout pas à s’éteindre. [2]

D’où la question qui se pose: ne devrait-il pas se saborder, ce « PQ néolibéral, raciste, xénophobe, conservateur identitaire! » ; ce « pauvre » parti de centre, dépassé, pas suffisamment de droite, ni de gauche. Pas suffisamment indépendantiste. Pas suffisamment pressé, entre autres pour QS (!). Pas suffisamment extrême. Comme le Québec lui-même ?

Qu’arriverait-il d’ici 2018 si le PQ se sabordait, « dans l’honneur et la dignité », ai-je même entendu – et ce, avancé de très bonne foi –  dans un sacrifice pour la nation, cette nation fondamentalement en cause en ce moment et, oui, coincée dans nos « luttes fratricides »? Il laisserait ainsi le soin à la CAQ de la défendre avec austérité, scindant cependant encore davantage sans doute Montréal et les régions. Ou alors, en postulant que cela donne le temps pour qu’émerge ce Mouvement qui convainquerait le plus de Québécois.es possible de converger pour elle, misant sur l’indépendance et ce, sans le support de la Finance et sans autre « parti » pris que celui du Québec ? Un Mouvement inspiré de la Mère-patrie, comme le suggère ICI Diane Gélinas dans sa dernière chronique. Mais cette fois, un Mouvement patriote; révolutionnaire.

Pourtant, cette entente de convergence concoctée dans le cadre des travaux du OUI-Québec et gardée secrète [3] (difficile de comprendre pourquoi), n’était-elle pas justement, en quelque sorte, comme le OUI-Québec lui-même, un début de Mouvement ? D’un Mouvement de convergence ? Serions-nous donc dans un cercle vicieux ? Ou victimes d’influences occultes, de travaux « underground » ?

Une boule de cristal quelqu’un.e ?

Pour l’instant, il faudra d’abord surveiller et décoder ce qui se passera dans l’élection partielle de Gouin qui, même si ce n’est que la représentation de la réalité montréalaise, pointera quand même un doigt vers la lune. Et tant pis pour nous si nous ne « regardons que le doigt ».

Par la suite, au-delà des sondages, et à condition qu’il n’y ait pas d’élections précipitées comme certain.es le supposent, il faudra voir aussi ce qui sortira du Congrès du PQ à l’automne, malgré ou grâce aux séquelles de cet épisode « convergentiel ». Peu probable que le parti se saborde. Et peu probable que la CAQ et lui fassent alliance pour le « bien commun ».

Mais, tous ne donnent pas pour autant le PQ agonisant au profit de la CAQ car, « le « nationalisme de pacotille » du Québec fort dans un Canada uni, quand on le soumet aux urnes, ne trompe pas la majorité… Ne rangez pas le PQ trop loin, cette décision de QS pourrait bien lui redonner des ailes. » [4]

« On verra qui vivra », c’est bien le cas de le dire.

Nicole Hébert

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[1] http://www.journaldemontreal.com/2017/05/23/capitaine-lisee-y-a-dleau-dans-la-cale

[2] http://www.journaldemontreal.com/2017/05/23/pauvre-pq

[3] http://www.journaldemontreal.com/2017/05/22/les-partis-souverainistes-avaient-conclu-une-entente-secrete#cxrecs_s

[4] http://nouvelles.stevefortin.quebec/2017/05/21/quebec-solidaire-enterre-la-convergence-tant-mieux/

Photo: Le devoir

Nicole Hébert

A propos de Nicole Hébert

Nationaliste dès la prime adolescence et indépendantiste depuis les premiers discours de Pierre Bourgault. Gaspésienne d'origine, Nicole Hébert est résidente de la ville de Québec depuis belle lurette. Intervenante sociale, elle a oeuvré dans différents milieux: psychiatrie infantile, éducation, toxicomanie. Elle apprécie maintenant une retraite qui lui permet de s'adonner à l'écriture; elle a publié, en 2007, à compte d'auteure, un recueil de "petites choses", intitulé "Étendre au soleil".

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5 réponses à «Et maintenant ?»

  1. Diane Gélinas A dit:

    Prenez le temps d’écouter cette entrevue téléphonique : vous constaterez que les gagnants ne sont peut-être pas ceux qui crient victoire chez QS! Nous ne sommes pas au bout de nos surprises.

    Si vous avez manqué ce compte-rendu radiophonique sur le 98,5 fm par Bernard Drainville après avoir assisté au congrès de Québec Solidaire dimanche 21 :

    http://www.985fm.ca/lecteur/audio/la-convergence-avortee-entre-le-parti-quebecois-et-365349.mp3

    Extrait : Drainville cite l’intervention de Dalida Awada au micro: «Pour les communautés « racisées » au Québec, l’ennemi est double : il s’incarne à la fois dans le néolibéralisme et dans le racisme et le Parti québécois aujourd’hui, porte en lui ces deux bêtes.»

    Et Drainville d’ajouter : «Écoute Paul, le monstre à deux têtes… c’est quasiment biblique, l’image… On n’est plus dans le rationnel ! On est le discours du “Crois ou Meurs”… » Et quand elle a dit ça, pas un murmure dans la salle… Le monde buvait ses paroles…»

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    • ouhgo St-Pierre A dit:

      Dalida enrubannée portée sur la main par le peuple qui a labouré cette terre; les quelques patriotes portant la tuque Henri-Julien sous la pluie lundi…encerclés complètement par les voitures blanc et bleu du pouvoir canadian! Cherchez l’erreur!

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  2. Josette Dionne A dit:

    « Ou victimes d’influences occultes, de travaux « underground » ? » En effet, si l’on se rappelle bien l’infiltration du FLQ par des agents de la GRC dans les années 70, on est en droit de se demander s’il n’y aurait pas encore quelques magouilles et connivences secrètes, qui seraient en jeu ici?

    Il est probablement tellement facile pour de puissants fédéralistes, qui ont déjà le pouvoir bien en mains de démolir et dénigrer le seul parti politique ayant la moindre chance de faire la souveraineté du Québec un jour, soit le PQ, en favorisant l’ascension de partis souverainistes rivaux et d’arriver ainsi à leurs fins!

    Est-ce à dire que c’est aussi ce que nous réaliserons dans les années à venir, en apprenant qu’une fois de plus, nous avons bel et bien été bernés?

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  3. Myriade Klon A dit:

    La grenouille QS vient de voter objectivement PLQ en se gonflant la poitrine pour essayer d’être plus grosse que le boeuf. Les personnes qui espéraient que ce petit parti d’extrémistes de gauche pseudo-indépendantistes sauraient mettre les intérêts nationaux du Québec au-dessus de sa religion particulière devraient prendre conscience qu’il s’agit d’une secte d’illuminés formant un mirage qui sert l’autoritaire fédéralisme canadien multiculturaliste, lequel réjouit assez l’impérialisme islamiste…

    D’ailleurs, quand l’indépendantisme radical en est rendu à appuyer les xénophobes Donald Trump et Marine Le Pen qui, eux aussi, font l’affaire de l’islamisme qui veut arrêter le progrès mondial de la démocratie, cela permet de réfléchir à l’incohérence profonde du nationalisme qui s’oppose au confédéralisme des nations souveraines libérées de l’égocentrisme de leur religion particulière.

    Maintenant, le PQ doit enfin décider de ce qu’il va faire, un demi-siècle plus tard, de la souveraineté-association de René Lévesque. S’il la rejette, que ce soit en devenant fédéraliste ou indépendantiste radical, il se trahit et se condamne. S’il la réaffirme, il est grand temps de l’actualiser en développant un plan concret de souveraineté confédéraliste, une souveraineté qui sera le véhicule d’une nouvelle union canadienne qui corrigera la tromperie de la pseuso-confédération imposée par la nation anglaise. Les progressistes de cette nation sont autant capables que nous de comprendre qu’une vraie confédération est non seulement possible mais nécessaire et urgente pour faire du Canada un mariage harmonieux pour l’équilibre des peuples entre eux et avec la nature.

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