Martine Ouellet*

9 juin 2017

Points de vue

Pour des raisons que je juge toujours impertinentes, la méfiance généralisée envers Martine Ouellet s’avère fondée, dans les faits, dans une société soumise à tous intérêts qui ne sont pas les siens.

C’est une femme manifestement incapable de leadership, tant elle dissocie la nécessité d’un combat franc de celle de l’usage inévitable de tactiques calculées.

Elle est entière, ce que j’admire, même si je reconnais qu’aujourd’hui, en contexte étroitement réformiste, sans désir de révolution, tel celui  dans lequel nous maintient le PQ, l’attitude radicale de la militante est inefficace.

À un point tel que sa pensée et son action s’avèrent incongrues dans une lutte où l’acceptation de la dépendance, aussi larvée soit-elle, est la position de la majorité des nationalistes québécois.

Il n’y a en effet pas un Québécois, aussi libre se prétend-t-il, qui n’accepte pas dans un domaine ou dans un autre le fractionnement de son être et de ses pouvoirs.

Sauf, précisément, Martine Ouellet qui comprend que lutter pour l’indépendance, c’est d’abord lutter contre cette aliénation fondamentale.

Elle est par conséquent seule.

Andrée Ferretti

*Ce texte était présenté au journal Le Devoir

Andrée Ferretti

A propos de Andrée Ferretti

Femme politique et écrivaine québécoise, elle fut l'une des premières femmes à adhérer au mouvement indépendantiste québécois en 1958. Vice-présidente du Rassemblement pour l'indépendance nationale, elle représenta la tendance la plus résolue du parti. Pour Andrée Ferretti, « qui ne fait pas l'indépendance, la combat ». "À écrire comme on s'arme pour lutter contre la domination, écrire des textes politiques ou un roman, c'est pour moi les deux faces d'une seule et même médaille, c'est toujours une expression nécessaire de mon engagement dans la conquête d'une plus grande liberté."

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5 réponses à «Martine Ouellet*»

  1. Diane Gélinas A dit:

    Monsieur Gagné,

    En tout respect, je ne crois pas que Madame Ferretti ait écrit « à l’encontre de Madame Ouellet ». De mon côté, j’ai plutôt compris que Madame Ferretti émettait l’opinion que dans le contexte d’aliénation « d’une société soumise à tous intérêts qui ne sont pas les siens » (soient les intérêts de la société elle-même), Martine Ouellet et son esprit combatif ne correspond pas à ce qu’on attend d’un chef de parti adepte de « tactiques calculées ».

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  2. Diane Gélinas A dit:

    Madame Ferretti : Toute une sortie sur la Cheffe du Bloc Québécois!

    Je crois, comme vous, que le type de leadership de madame Ouellet ne corresponde pas à ce qu’une société aliénée attend d’un dirigeant.

    Sauf que son chef de cabinet – répudié par la députation – a commis des gestes indignes à l’insu de Madame Ouellet… Dès que la situation a été portée à sa connaissance, sans hésitation elle l’a mis à la porte.

    Elle s’est excusée publiquement des gaffes de son ancien chef de Cabinet auprès de Monsieur Rhéal Fortin – combien de chefs mâles eurent eu cette humilité – et vient de désigner un nouveau chef de Cabinet, Mathias Bouliane, nomination approuvée à l’unanimité par les dix bloquistes.

    Depuis son élection au BQ, elle n’a cessé d’être calomniée vicieusement par les Libéraux de Québec qui insinuent qu’elle siège aux deux parlements – sous-entendu qu’elle reçoit deux salaires de députée – alors qu’elle n’est élue qu’à Québec. À mon avis, les seules personnes à qui elle doit rendre des comptes, ce sont les gens du comté de Vachon qui l’appuient dans sa démarche.

    Mon opinion est qu’une telle révolte publique contre un dirigeant masculin n’aurait jamais eu lieu. Elle est passée à travers et il semble qu’à la fin, elle se soit assurée de la loyauté des dix député.e.s du Bloc.
    http://www.ledevoir.com/politique/canada/500772/les-morceaux-du-bloc-sont-resoudes

    En fait, j’ai bien souri que j’ai aperçu la caricature du Devoir de ce matin qui la dessine en Wonder Wouellet:
    http://www.ledevoir.com/photos/galeries-photos/les-caricatures-de-garnotte-et-de-pascal/378199

    Elle est peut-être seule pour le moment, mais en 2019, elle s’imposera – et elle en est capable – les machos devront comprendre que Madame Ouellet ne s’enfargera pas le double standard des attentes envers un leader.

    Les bloquistes l’ont élue en sachant qui elle est. Ils avaient le choix entre l’élire tout de suite ou attendre en 2018 alors qu’elle aurait pratiquement terminé son mandat à l’Assemblée Nationale. S’ils n’en veulent plus, qu’ils convoquent un autre congrès. En attendant, c’est elle le BOSS!

    Bonne Chance Martine !

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    • Carole Smith A dit:

      Merci Madame Gélinas. Enfin quelqu’un qui appuie Martine Ouellet. Elle qui est décriée sur toutes les plate-formes depuis la course à la chefferie du P.Q. et encore plus depuis qu’elle a accepté de relever le défi d’être chef du Bloc. Souhaitons lui bonne chance et espérons que les députés du Bloc continuent leur beau travail. Je pense ici à ceux que je suis particulièrement: Gabriel Ste-Marie, Monique Pauzé et Michel Boudrias.

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    • Paul Gagné A dit:

      Avec tout le respect que j’ai pour madame Ferretti, j’ai été fort étonné de sa chronique à l’encontre de Martine Ouellet. Je tiens à vous féliciter madame Gélinas pour ce commentaire à la fois juste et éclairant pour Martine Ouellet.

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    • Nicole Morin A dit:

      Oui bonne chance Mme Ouellet. Je vous vois travailler si fort.Vous abattez du bon boulot.

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