La belle parlure: « S’est ébaroui »

10 juin 2017

La belle parlure

Mes grands-parents utilisaient le terme «s’ébarouir» pour parler d’un contenant dont la structure cède sous le poids de son contenu. Il pouvait s’agir d’une chaise peu solide qui s’écrase sous le poids d’une personne, d’une brouette remplie de substance trop pesante, d’une chaudière de tôle dont les soudures lâchent, ou encore d’une vieille grange ébranlée par un fort vent.

L’expression s’ébarouir nous vient du vocabulaire de la marine (Le Littré. Gloss. Aunisien p. 97). Elle désignait l’effet desséchant du soleil qui finit par disjoindre les bordages d’un navire. Par conséquent, un effet de rupture brusque, mais qui était prévisible en raison d’un contexte connu de lente détérioration. Comme il nous arrive d’en constater dans la sphère politique.

Ainsi, la montée des prévisions en faveur du député fédéral de la Beauce Maxime Bernier, qui brimait les suffrages en tant que chef du parti Conservateur, a tenu le coup durant toute la campagne. Le Québécois a maintenu sa majorité tout au long des 12 premiers tours du scrutin. Puis, au treizième et dernier tour : son rêve s’est écroulé d’un coup sec. Le château s’est ébaroui. Le 27 mai 2017, le député saskatchewanais Andrew Scheer l’évinçait avec seulement 50.95 % des voix. Juste assez pour que le bateau québécois coule…

Pourtant, le candidat Bernier avait bravé la tempête du puissant lobby de L’Union des producteurs agricoles; il avait cru s’attirer le soutien solide des provinces anglophones en se prononçant contre la politique de la gestion de l’offre, laquelle avantage majoritairement les propriétaires de fermes laitières du Québec. Quelle naïveté !

Maxime Bernier n’a rien gagné en sacrifiant les intérêts du Québec sur l’autel du fédéralisme. Il aurait dû prévoir la coalition qui menaçait de l’enfarger à la ligne d’arrivée… N’avait-il pas avoué être devenu indépendantiste à la suite du rejet de l’Accord du Lac Meech? N’était-il pas devenu le responsable de la réforme réglementaire du secteur financier du ministère des finances dirigé par Bernard Landry, péquiste et futur premier ministre du Québec?

L’embuscade qui a piégé le candidat du Québec était hautement prévisible. Évidente, quand il s’avère que 141 362 votes ont été compilés; que 133 896 votes ont été considérés; que 10 429 bulletins ont été détruits clandestinement immédiatement après le vote décisif. Empêchant un éventuel recomptage… Une élection volée, ça vous rappelle quelque chose ? Je me souviens !

Liette Perreault

Liette Perreault

Une réponse à «La belle parlure: « S’est ébaroui »»

  1. Rose Pineault A dit:

    Merci de prendre la parole pour les femmes et tous les Québécois.

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