L’heure juste: L’économie du Québec et le chômage…

 L’économie du Québec et le chômage: nouveau paradigme

Depuis quelques temps, nous lisons combien l’économie du Canada va bien et en conséquence, on s’empresse de dire que l’économie du Québec va bien également. On en veut pour preuve le taux de chômage dont le niveau est au plus bas depuis 1976.

Ce constat d’un taux de chômage bas est tout à fait juste. Alors on peut s’étonner quand le ministre des Finances refuse de dévoiler sa cible de création d’emplois. En effet, cette semaine le ministre des Finances nous affirmait qu’il allait dépasser, et de loin, son objectif de création d’emplois. Il s’en tient à affirmer que l’objectif sur cinq ans était et demeure 250 000 emplois. « …nous sommes à trois ans… nous sommes à 166 000. Je pense donc que nous sommes au-delà de notre cible, de notre engagement, de notre promesse » a-il déclaré.

L’optimisme prudent du ministre des Finances traduit seulement la connaissance du ministre en matière d’économie. En effet, la création d’emplois est une chose, et le taux de chômage en est une autre, comme la nature des emplois aussi. D’ailleurs, le chef de la CAQ, François Legault, l’a bien précisé quand il a été invité à commenter les résultats sur le marché du travail présentés la semaine dernière. Pour lui, le Québec a perdu, « je dis bien « perdu », 15 000 emplois manufacturiers » a-t-il affirmé. Encore là, cela est tout à fait juste.

Il faut faire attention quand on parle d’activité économique et de chômage. D’abord, il est bon de rappeler qu’en 2017, cela fait 31 ans que le Québec n’a pas connu de tel niveau de chômage. Or le taux de chômage dépend beaucoup de la population active, à savoir en âge et apte à travailler. Or cette population a baissé depuis 31 ans parce que plusieurs membres de la population active prennent leur retraite depuis les dernières années. Cela a pour effet, de diminuer le bassin de personnes sur le marché du travail. On le sait, la population du Québec vieillit et se renouvelle peu. La ministre de l‘emploi de l’époque, Madame Agnès Maltais, en avait fait état lors d’une présentation sur les perspectives d’emploi à venir.   Si les choses ne changent pas, on peut s’attendre à des taux de chômage encore plus bas dans l’avenir.

De plus, les emplois créés dans les dernières années sont des emplois surtout dans le secteur des services. Ces derniers sont beaucoup moins rémunérés généralement. En contre-partie, le secteur manufacturier, lui, a perdu des emplois dont la rémunération est beaucoup plus élevée. La démonstration se fait assez facilement si on étudie les chiffres de syndicalisation au Québec. Le mouvement syndical perd des joueurs avec les vagues de mises à la retraite. Mais cela n’empêche pas ces nouveaux retraités de consommer. La nature de leur consommation change tout simplement.

Pourtant, l’économie se porte bien et la population consomme. L’argent des retraités est donc réinvesti dans l’économie différemment du passé. De plus, les nouveaux emplois dans les secteurs des services ne sont pas tous des emplois peu rémunérés. Certains sont rémunérés différemment par capital action, ou par participation aux profits, par exemple. Cela, j’en suis certaine, déjoue les manières historiquement conventionnelles de mesurer la valeur des emplois.

Le défi de l’avenir en emploi c’est l’initiative et la créativité. Il faudra ajuster les façons de faire et surtout calculer l’activité du marché du travail.

Rita Dionne-Marsolais

Rita Dionne-Marsolais

A propos de Rita Dionne-Marsolais

Après une carrière de 25 ans dans les milieux d'affaires montréalais, canadiens et internationaux, Rita Dionne-Marsolais a été élue députée de Rosemont durant quatre mandats. Économiste de formation elle a été, entre autre, Déléguée Générale du Québec à New York de 1984 à 1988. De plus, elle a assumé plusieurs portefeuilles ministériels entre 1994 et 2008, dont ceux du Tourisme, du Revenu, de l'Énergie, et de l'Industrie et du commerce. Elle s'est retirée de la vie politique en ne se présentant pas à l'élection de 2008.

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