À vrai dire:Le Québec en un seul « Bloc »

En 2019, si les Québécois.es comprennent enfin où résident leurs intérêts, la majorité des 78 député.es du Québec seront bloquistes.

En août 2014, Lucien Bouchard émettait l’opinion rapportée par Le Soleil sous le titre «Le Bloc dilue le pouvoir du Québec à Ottawa…» : «Quand vous envoyez à Ottawa 30, 40, 50 députés (du Bloc), comme on le faisait autrefois, il y a de fortes chances que des poids lourds (ne soient pas) au cabinet, a observé l’ex-premier ministre. Quand on est autour d’une table tout le monde, si vous êtes là, vous allez en arracher pour le Québec.» [1]

Or, l’actuelle députation libérale fédérale du Québec, soit une majorité – 40 député.es québécois.es sur une possibilité de 78 – réfute indéniablement la prétention du fondateur du Bloc Québécois (!) et porte à réfléchir sur sa croyance à l’effet que les député.es ministériels sont mieux placés pour faire avancer les dossiers alors qu’avant tout, ces parlementaires sont muselé.es et condamné.es à se soumettre à la ligne de Parti.

Où étaient-ils donc, ces 40 député.es «du bon bord», quand le gouvernement Trudeau a refusé une aide financière décente à Bombardier alors que Stephen Harper avait donné des milliards à l’industrie de l’automobile en Ontario? [2]

Où étaient-ils donc, ces 40 député.es «du bon bord», lors de la décision d’installer le siège social de la Banque de l’Infrastructure à Toronto alors que l’expertise a été développée à Montréal ? [3]

Où étaient-ils donc, ces 40 député.es «du bon bord», quand Justin Trudeau a opposé une fin de non-recevoir à son “fédéralissime” allié, Philippe Couillard, en réponse au document “Québécois, notre façon d’être Canadiens” avant même son dépôt officiel?

Et surtout, où seront-ils, ces 40 député.es «du bon bord», dans le débat sur le passage au Québec du pipeline Énergie-Est de TransCanada sur une distance de 625 kilomètres traversant 860 cours d’eau, sources d’eau potable?

On ne le répétera jamais assez : lors du rapatriement de la Constitution par Pierre-Elliott Trudeau sans l’accord du Québec, le Parti Libéral du Canada comptait 74 député.es québécois sur une possibilité de 75!

En conclusion, tout.e député.e du Québec non-bloquiste sait d’avance qu’une fois élu.e à Ottawa, il/elle devra se conformer aux ordres de son parti pancanadien dont la préoccupation première est d’être réélu par les 75 % du ROC, le négligeable 25% du Québec étant devenu insignifiant. La preuve en a été faite en 2011 alors que le Parti Conservateur a obtenu une majorité au Canada sans le Québec. (5 députés seulement)…

Les malheureux événements de la semaine dernière au Bloc Québécois sont maintenant derrière Madame Ouellet qui peut dorénavant asseoir son leadership «hors normes» sans basse soumission à la rectitude politique. J’ajouterais même plus : je crois que le style de Madame Ouellet est plus approprié à Ottawa car elle une combattante naturelle.

À la tête d’un parti qui n’a aucune aspiration à gouverner le Canada, elle n’a qu’un seul maître : le peuple québécois. Sa détermination et sa persévérance inspireront son équipe à consacrer les talents ce chacun.e pour débusquer les injustices et le mépris envers le Québec et les dénoncer sur toutes les tribunes.

Environnementaliste convaincue, Martine Ouellet n’hésitera pas à étendre le rayonnement du Bloc par une étroite collaboration avec les Premières Nations du Québec ainsi qu’avec tous les groupes opposés au passage du pipeline Énergie-Est, véritable aberration écologique. À ce sujet, le présent conflit Alberta-Colombie britannique révélera les intentions du gouvernement libéral fédéral à tenir compte ou non de l’acceptabilité sociale britanno-colombienne. [4]

Enfin, je rapportais dans ma chronique du 2 novembre 2015 les propos de Stéphane Dion sur le seul motif pour justifier l’indépendance du Québec : «Au lieu d’être 24% des Canadiens, on serait 80% des Québécois, donc il y aurait un intérêt pour nous de faire l’indépendance. C’est le seul argument et cet argument est difficile à sortir aujourd’hui, à l’ère du brassage des populations, du Montréal cosmopolite, etc. mais c’est le seul : il n’y en a pas d’autre!» [5]

L’indépendance du Québec sera d’autant plus souhaitée qu’un Bloc Québécois fort pourra faire valoir les intérêts du Québec et démontrer hors de tout doute qu’ils sont incompatibles avec ceux du ROC. Ainsi, les Québécois.es auront un choix urgent à faire : vivre majoritaires au Québec ou végéter minoritaires au Canada.

Diane Gélinas

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[1] http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/politique/201408/20/01-4793319-le-bloc-dilue-le-pouvoir-du-quebec-a-ottawa-estime-lucien-bouchard.php

[2] http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/491082/ottawa-se-prononce-ce-mardi-soir-sur-l-aide-offerte-a-bombardier

[3] http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/498283/siege-de-la-banque-de-l-infrastructure-ottawa-prefere-toronto-a-montreal

[4] http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/chroniques/gilbert-lavoie/201706/09/01-5106136-la-grande-bataille-du-pipeline.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_gilbert-lavoie_3276_section_POS1

[5] http://www.independantes.org/2015/11/02/le-carcan-federal-20-ans-de-vagabondage/

Diane Gélinas

A propos de Diane Gélinas

"Fille d’un écrivain humoriste, auteur de radio-romans et pionnier de la pub au Québec et d’une réceptionniste très appréciée à CKAC où ils se sont connus, on pourrait dire que le sens de la communication coule dans mes veines depuis ma naissance." Secrétaire et formatrice, impliquée syndicalement et politiquement , Diane Gélinas est retraitée depuis 2001 mais travaille comme rédactrice et traductrice de textes anglais et espagnol en français... par pur plaisir.

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