La confiance parsemée

29 juin 2017

Points de vue

 « Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi? »

Mathieu 8:25

Comment un peuple descendant d’aïeuls si courageux, si travaillants, si intrépides et d’aïeules si fécondes, si tenaces, si vaillantes, peut-il en être rendu à douter de lui-même en 2017? Comment se fait-il que le peuple québécois ne soit devenu que l’ombre de lui-même à force de mépris, de rabaissement, de domination tant politique que religieuse?

Comment n’a-t-il pas su se révolter devant les appels à la liberté des patriotes dont les soulèvements ont été réprimés si abusivement? La terreur semée par les Habits rouges l’a muselé dans l’immédiat mais pourquoi, après cet élan formidable, le peuple n’a-t-il pas repris ce combat indispensable pour la nation?

Comment le nationalisme autonomiste de Duplessis, la révolution tranquille du «Maître chez nous» de Lesage, l’affirmation «Égalité ou Indépendance» de Johnson-père, l’hymne «À partir d’aujourd’hui, demain nous appartient!» de Lévesque et la déclaration «Oui! Ça devient possible!» de Parizeau, comment, en somme, toutes ces invitations à nous prendre main ne se sont-elles pas ancrées dans le coeur d’une majorité de Québécoises et des Québécois ?

Du vol du référendum de 1995, il semble que le Parti Québécois n’ait retenu que les paroles amères – mais ultérieurement avérées exactes – de Monsieur Parizeau le soir du 30 novembre 1995. Lisée ne s’en est jamais remis et son complexe d’infériorité s’en est d’autant plus décuplé. Sa fréquentation de Lucien Bouchard aurait-elle une influence toujours bien réelle sur JFL au point de différer la cause de l’indépendance – raison d’être du PQ – et ainsi, d’en sonner le glas?

Comment comprendre que des indépendantistes sincères aient pu avoir confiance en un chef qui refuse de consulter la population sur l’indépendance avant 2022, peu importent les circonstances? «Est-ce que le Parti québécois est encore le bon véhicule ?» se demandait Monsieur Parizeau dans sa dernière entrevue? Comme le rappelait Josée Legault: «Quoi qu’il arrive, ‘tout va dépendre de la génération qui suit’, concluait déjà M. Parizeau en 2015…» [1]

Alors, cette génération qui suit, qu’est-ce que ça prendrait pour faire éclater sa bulle de confort et d’indifférence, d’insouciance et de chacun pour soi, de caractère festif et du moindre effort, de l’instant présent à l’avenir insondable?

Le congrès péquiste de septembre 2017 apportera des réponses à toutes ces questions. Si les militantes et militants ne s’animent pas d’un sursaut de fierté et d’un réel désir pour un Québec libre et indépendant, un nouveau mouvement – chapeauté par les OUI Québec (?) – prendra la relève pour raviver la confiance!

Diane Gélinas

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[1] http://www.journaldemontreal.com/2017/06/27/la-question-qui-tue#cxrecs_s

Diane Gélinas

A propos de Diane Gélinas

"Fille d’un écrivain humoriste, auteur de radio-romans et pionnier de la pub au Québec et d’une réceptionniste très appréciée à CKAC où ils se sont connus, on pourrait dire que le sens de la communication coule dans mes veines depuis ma naissance." Secrétaire et formatrice, impliquée syndicalement et politiquement , Diane Gélinas est retraitée depuis 2001 mais travaille comme rédactrice et traductrice de textes anglais et espagnol en français... par pur plaisir.

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3 réponses à «La confiance parsemée»

  1. Pierre LaFontaine A dit:

    À propager à tous vents en espérant qu’on se réveille avant qu’il ne soit trop tard|

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  2. Josette Dionne A dit:

    Très bon texte! En effet, qu’est-ce qui pourrait sortir la présente génération de son manque d’appétit et d’intérêt pour sa propre survie?

    Pire encore qu’au-delà des chefs, il semblerait que la cause elle-même soit en danger et menacée d’effondrement. Est-ce excessivement pessimiste? L’avenir nous le dira, mais votre question du début demeure vitale: « Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi? »

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  3. denise cormier A dit:

    Merci madame Gélinas… « Comment comprendre que des indépendantistes sincères aient pu avoir confiance en un chef qui refuse de consulter la population sur l’indépendance avant 2022, peu importent les circonstances? ». Ce chef qui ne cessait de rappeler qu’il avait été conseiller de monsieur Parizeau. Merci grandement.

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