Discours patriotique 2017

30 juin 2017

Grands textes

« Mon pays, ce n’est pas un pays
Mais c’est déjà une famille, une immense famille reconstituée
Rapaillée, bouturée, transplantée, aux racines profondes
Dans la terre de nos pères, nos mères, de nos arrières et arrières encore
On a le cœur et le corps planté dans le territoire
Pas de visages à deux faces, mais mille couleurs, mille facettes et mille façons de raconter la même histoire,
Et elles sont toutes vraies!!! J’te le jure!
Authentiques, chaque famille a sa vision, sa version de l’affaire
Mais depuis quatre siècles, notre culture en tronc commun
On excelle en art, en science comme en affaire
On tend nos branches vers les cimes chacun à notre manière
Mais réunis, face au monde, huit millions d’uniques, unis : comme un!

À l’image du bouleau jaune, ce bois noble, notre emblème
Nous voulons monter plus haut et toujours, solide, nous tenir debout
Jamais abattu, jamais à genoux…
Et comme chaque forêt compte mille familles
De souche ou d’ailleurs
Ça coule de source, d’ailleurs :
Une nation debout, métissée, mélangée, mais unie
Ça peut percer le ciel, s’étirer à l’infini, rêver dans les nuages
Tout en retournant le sol pour laisser un monde nouveau en héritage

Pour survivre, vivre et grandir
Un arbre dépend de sa sève, son sang qui propage la vie
Depuis les racines souvent centenaires jusqu’au branchage éphémère
Cette sève commune, ce sang blanc, jaune, noir, rouge, de toutes les couleurs Porte un nom; le français, notre langue, notre langage
Terreau de notre culture, le trésor qu’on défend depuis 400 ans

Dans cette terre d’Amérique…
On ne devrait jamais s’arrêter à la couleur de la peau, mais à la douceur de la langue
Je suis le frère de tous ceux qui l’embrassent, de toutes celles qui veulent l’apprendre

Le Québec, notre arbre généalogique à la géniale logique;
Enrichi et renforcé par chacune de ses boutures
Venues du monde entier, qui ont su défier l’hiver et ses froidures
À nos bouleaux jaunes patriotiques, à nos épinettes autochtones
On a marié l’acajou d’Afrique
Le bambou d’Asie, les oliviers de l’Europe; même les palmiers et les cactus des tropiques Tous s’épanouissent dans nos quelques arpents de neige devenue une forêt si riche
Si variée qu’on en fait une nation à part et à part entière: le Québec!

On est quelque chose comme un grand peuple, un grand peuplier
On peut plier, mais jamais briser; on se relève
Et si la sève coule sur nos joues, sur nos joies
Aucune folie, aucune violence ne nous achève
On s’élève au-dessus de nos peines
Et on va de l’avant
Restons debout, forts, fiers, solidaires pour les nôtres
Pour l’avenir, pour les siens
Pour serrer les coudes plutôt que les poings
Pour que chaque enfant né ou accueilli ici
Puisse grimper dans nos arbres
Il faut leur tendre la main
Leur tendre lendemain

De quel bois se chauffe le Québec?
Du bois de fierté, du bois de feu de joie
Du bois de braise des feux de la St-Jean

L’art fend les glaces qui nous séparent
Comme l’harfang des neiges prend son élan
Il faut voir haut, beau et grand
Partout des Québecois sont réunis pour notre Fête nationale

Des Québécoises de gauche de droite, des Québécois de toutes allégeances

Des compatriotes aux visages, aux couleurs, aux dieux différents
Mais des Québécois qui s’enracinent, ici et maintenant
En français d’Amérique du Nord
En Québécois libres, fiers et forts! »

David Goudreault (2017)

(Source: http://www.fetenationale.quebec/fr/archives/34)

independantes.org

Pas encore de commentaires.

Laisser un commentaire