L’heure juste: La relâche de l’été

Cette chronique sera ma dernière de l’été. En effet, lorsque j’ai regardé à la télévision les images du Premier Ministre du Québec avec la Première Ministre de l’Ontario sur le pont Alexandra (à Ottawa) lors de la fête de la confédération du 1er juillet, j’avoue que je me suis décidée à prendre des vacances. En effet, cette image plutôt sympathique m’a laissé un goût amer. Ce n’est pas que je trouve l’idée d’un pique-nique Ontario/Québec sur un pont reliant les deux provinces déplacé. C’est plutôt l’occasion qui m’apparaît étonnante. Qu’est-ce que le Premier Ministre Couillard célébrait sur le pont Alexandra? Était-ce la confédération qui a eu pour conséquence d’appauvrir le Québec de l’époque et pour le reste de son existence par la force des choses? Ou était-ce la nouvelle amitié entre le Québec et l’Ontario dont M. Couillard semble entichée?

Vraiment, il n’y a pas de quoi célébrer la confédération pour le Québec. Peut-être le Premier Ministre du Québec ne se souvenait-il pas qu’à l’occasion de la confédération, le Québec, ou plutôt le Bas Canada, possédait un surplus budgétaire important que la province a dû verser dans la confédération. Cette contribution permettait d’éponger la dette de l’Ontario, alors le Haut Canada, passablement élevée pour l’époque. De là à reconnaître que le Québec a sauvé l’Ontario de la faillite, il n’y a qu’un pas que je franchis sans aucun doute. Quant à la nouvelle amitié entre les deux provinces, elle ne m’inspire pas. Pas que je n’aime pas l’Ontario bien au contraire j’y ai de la famille, des amis etc. Mais dans l’histoire du Québec l’Ontario a toujours profité du Québec en commençant par l’exploitation de nos ressources hydrauliques! Je fais référence ici à la faillite de la « Beauharnois Light and Power » causée par le décret du gouvernement de l’Ontario pour mettre fin à un contrat d’achat de l’électricité produite par cette entreprise entre Ontario Hydro et la compagnie propriétaire, une compagnie québécoise il va sans dire. Je pense également aux achats d’électricité fait par la même société (Ontario Hydro) à un prix dérisoire auprès d’Hydro-Québec, laquelle était revendue à gros profit aux États américains limitrophes à l’Ontario. Enfin, je pense également au fait que le Québec n’est pas signataire de la constitution canadienne et que les derniers efforts de réconciliation fait récemment par Philippe Couillard se sont heurtés à une fin de non recevoir avant même l’envoi de la proposition au fédéral ou même aux autres provinces.

Non vraiment, je ne sais pas ce qu’il y avait à célébrer ce 1er juillet pour le Premier Ministre du Québec. D’ailleurs on ne fêtait pas le Canada, puisque ce dernier remonte à 1534, mais bien la confédération dont en réalité nous ne sommes pas vraiment partie prenante par l’absence d’acceptation de la constitution. J’espère au moins que le pique-nique était bon puisqu’au moins ce jour-là il semblait faire beau. Enfin, dans cet esprit, je ne publierai pas de chronique jusqu’en septembre puisque le Québec semble prêt pour des pique-niques en espérant du beau temps pour les deux prochains mois.

Bonnes vacances.

Rita Dionne-Marsolais

Rita Dionne-Marsolais

A propos de Rita Dionne-Marsolais

Après une carrière de 25 ans dans les milieux d'affaires montréalais, canadiens et internationaux, Rita Dionne-Marsolais a été élue députée de Rosemont durant quatre mandats. Économiste de formation elle a été, entre autre, Déléguée Générale du Québec à New York de 1984 à 1988. De plus, elle a assumé plusieurs portefeuilles ministériels entre 1994 et 2008, dont ceux du Tourisme, du Revenu, de l'Énergie, et de l'Industrie et du commerce. Elle s'est retirée de la vie politique en ne se présentant pas à l'élection de 2008.

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