« Vive le Québec… libre! »

8 juillet 2017

Événements, Histoire

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Bien sûr, notre Histoire n’oubliera pas ces paroles qui ont maintenant cinquante ans…

Pour l’occasion, voici, en reprise, le portrait que nous faisait Marie-Hélène Morot-Sir, à l’automne dernier, de la relation De Gaulle – Québec. *

« Première partie

Bientôt cinquante ans, en juillet 2017 !

Charles de Gaulle avait en effet traversé l’Atlantique le 23 juillet 1967 pour venir dire aux « Français du Canada » que la France, malgré ces deux longs siècles écoulés, pensait toujours à eux.

Après avoir effectué précédemment trois premiers voyages au Canada, il désirait pour le prochain se rendre au Québec afin d’y établir des relations soutenues. André Malraux, son ministre des Affaires culturelles rencontra Georges-Émile Lapalme, vice-premier ministre du Québec, ils s’entendirent pour ouvrir une Maison du Québec à Paris permettant de développer des liens économiques, culturels, des programmes d’échange et de coopération avec la France. Le 5 octobre 1961 le premier ministre du Québec, Jean Lesage, vint à Paris inaugurer cette Délégation générale du Québec.

En 1967 c’est une année d’effervescence canadienne, Ottawa prépare l’anniversaire du centième anniversaire de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique. Daniel Johnson, le 13 septembre 1966, profitant du moment où De Gaulle viendra officiellement à Ottawa invite le général au Québec.

Le programme préparé par Ottawa n’enthousiasme pas Charles de Gaulle !

Il ne vient pas faire du tourisme, mais de l’Histoire.

Le général écrivit à l’ambassadeur français: «Il n’est pas question que j’adresse un message au Canada pour célébrer son centenaire. Nous n’avons à féliciter ni les Canadiens ni nous-mêmes de la création d’un Etat fondé sur notre défaite d’autrefois, et sur l’intégration d’une partie du peuple français dans un ensemble britannique

Bernard Dorin, conseiller d’ambassade: «Pour De Gaulle et la France, le Canada n’est pas né en 1867 mais bien longtemps avant eux, en 1534 avec Jacques Cartier, les Français et le Roi de France. »

Désirant commencer sa visite canadienne par le Québec, il traversera l’Atlantique exactement comme les premiers Français l’avaient fait aux 16e et 17e siècles, en navire. Le vaisseau amiral le Colbert quitte Brest le 15 juillet.

« Et de Gaulle vint! De Gaulle, c’était la France. Cette France dont le Québec profond avait été violemment coupée depuis plus de deux siècles. Dès que Charles de Gaulle pose le pied sur le sol québécois, ses gestes imposants, ses phrases solennelles et graves, il est bien aux yeux de ceux qui l’accueillent le représentant d’une grande époque « Il est un témoignage ! Un témoignage de l’Histoire qui nous regarde…

Après la réception au château Frontenac, le lendemain, 24 juillet, jour anniversaire de la découverte du Canada par Jacques Cartier en 1534, de Gaulle emprunte le chemin du Roy le long du majestueux fleuve Saint-Laurent. Accompagné de Daniel Johnson, premier ministre du Québec, en voiture découverte, il salue des milliers de personnes tout le long de la route, traverse une vingtaine villages pavoisés de drapeaux fleurdelysés, de tricolores, et d’armoiries des anciennes provinces de France. Sur terre et sur mer, dans tous ces bourgs entre Québec et Montréal, ce fut un accueil des plus chaleureux, des plus émouvants où des milliers de personnes l’acclamèrent.

En arrivant à l’hôtel de ville de Montréal, au début de la soirée du 24 juillet, une foule considérable l’attend agitant le drapeau fleurdelisé, le drapeau français, et des pancartes revendicatrices (« lutte pour la libération »…  « Québec libre ») démonstration forte des Québécois, aspirant à leur autonomie et à la reconnaissance de leur caractère distinct.

De Gaulle est interrompu à maintes reprises, par les ovations de la foule, l’atmosphère d’empathie est si grande, qu’il va alors conclure son allocution par ces mots enthousiastes: « Vive Montréal! Vive le Québec! Vive le Québec libre! Vive le Canada français et vive la France! » La foule est en liesse; Tous, y compris le premier ministre, sont déconcertés … Une vaste onde de choc va parcourir tout le pays.

Bien des Québécois se considéraient encore comme des Canadiens français, de ce fait, le soutien du Général, fut apprécié, leur redonnant même de l’espoir.

C’est donc une grande partie de la population qui est enflammée, stimulée par cette visite, mais une autre partie reste dubitative, quant au gouvernement d’Ottawa il est atterré, et publie un communiqué protestant contre le discours du Président de la France, car à la grande consternation des autorités fédérales, le célèbre visiteur français vient de donner un réel coup de main aux descendants français.

Claude Ryan, du Devoir, souligne injustifiable «la vague de fureur qui s’empara en quelques heures d’à peu près tout le Canada anglais». Le Président français annule sa rencontre prévue avec le premier ministre canadien, il ne se rendra pas à Ottawa. Il ne fera rien pour désamorcer les tensions entre le Canada et la France… Ce «Vive le Québec libre!» va avoir des répercussions internationales. De Gaulle dira « qu’il croit avoir été au fond des choses » il évoque les échanges futurs entre le Québec et la France dans tous les secteurs d’activités. Puis il retournera en France, après avoir largement secoué l`État canadien. Le général de Gaulle trouvera plusieurs de ses ministres affectés. Il leur explique: « Il fallait bien que je parle aux Français du Canada. Nos rois les avaient abandonnés » l

Lorsque les manipulateurs d’opinion publique se manifestèrent, à la fois au Canada et en France, De Gaulle eut cette phrase restée célèbre depuis : « Tout ce qui grouille, grenouille ou scribouille, n’a aucune importance ! » Il avait agi du fond du cœur, il pensait qu’il venait de payer une dette : Les renforts étaient venus deux siècles plus tard, mais ils étaient venus.

Désormais la France ne serait pas uniquement le passé du Québec mais une partie de son avenir.

Vidéo sur le chemin du Roy : https://www.youtube.com/watch?v=W5R26LLgyEQ

Marie-Hélène Morot-Sir 

Lire la suite (2e partie) : ICI

* Ces deux textes étaient le résumé d’un document plus exhaustif paru sur le site vigile.net, résumé préparé par Mme Morot-Sir à l’intention des Indépendantes.

Et en complément:

http://histoire-du-quebec.ca/visite-de-gaulle/

http://ici.radio-canada.ca/premiere/premiereplus/politique/p/41111/vive-le-quebec-libre-les-mots-qui-soulevent-l

Photo: Le Courrier de Floride

Indépendantes.quebec

independantes.org

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