À vrai dire: La méprise péquiste

Josée Legault écrivait dans une de ses analyses de la politique québécoise « The Grand Seduction » : « Muni d’une nouvelle page Facebook en anglais, le chef péquiste Jean-François Lisée tente de rassurer les anglophones en leur martelant qu’il n’y aura pas de référendum. » [1]

Qui croit-il convaincre chez les non-francophones qui rejettent l’indépendance ou tout simplement qui l’ignorent car les seules informations qu’ils consomment sont en anglais? Ne nous leurrons pas : les médias anglophones de Montréal et du Canada sont tous canadian et mènent un combat acharné contre les aspirations légitimes du peuple québécois depuis « leur » conquête.

Vouloir séduire quelqu’un qui ne nous porte aucun intérêt est une perte de temps; toutes les tentatives d’amadouer les Québécois qui ne parlent pas français ni ne comprennent la problématique du Québec sont vouées à l’échec.

La justification fondamentale de la revendication pour l’indépendance du Québec, c’est la survie de la nation québécoise, soit 80% de cette population dont les ancêtres français se sont établis ici depuis 1534. Puis, par leur métissage avec les Premières Nations, ils ont développé une mentalité de solidarité et de partage, de chasse et de pêche, de défrichage et d’agriculture, d’ingéniosité et de débrouillardise, en saupoudrant le tout de la joie de vivre typiquement française intégrée à l’esprit festif traditionnel amérindien.

Les citoyens québécois qui ne correspondent pas à la description ci-dessus sont les bienvenus à se joindre avec enthousiasme à l’aventure de la majorité; ceux qui s’en sentent incapables ou qui désirent vivre en anglais seulement, le Canada leur offre neuf provinces et trois territoires. À chacun son libre choix!

Laissons la CAQ et QS se débattre pour « marauder » le vote anglophone acquis depuis toujours au PLQ. Le PQ n’a pas de temps et énergie à perdre avec cette portion de la population viscéralement hostile à l’indépendance.

De tout temps, les Anglo-Québécois se sont comportés en descendants des conquérants; or, selon l’AANB de 1867, Me Christian Néron rappelle notamment ce jugement de Lord Mansfield : « Les lois et législations de chaque dominion affectent de manière identique les personnes et les biens dans les limites de sa juridiction(…); quiconque (…) décide de vivre là se place sous l’autorité des lois en place et se retrouve dans la même situation que ses habitants. Un Anglais (…) dans une colonie, ne peut prétendre à quelque privilège ou droit distinct tant qu’il y réside. » (…)

Plus loin Me Néron ajoute : « En ce sens, lorsque Jean-François Lisée se dit  ‘‘sensible’’ au sort des anglophones et se veut attentionné en disant ‘‘that English Quebecers have a right to services in English’’, il omet de faire la distinction entre leurs droits inhérents de conquérants – qui ne sont que de simples vestiges d’un vieux complexe colonial – et leurs droits reconnus par la loi, c’est-à-dire par un texte de loi. » [2]

Véronique Hivon a pavé la voie au PQ en affirmant : « On gagnera quand on arrêtera d’avoir peur de perdre ! » Un leadership audacieux est l’unique moyen pour atteindre l’indépendance. Arrêtons de « tataouiner » pour « grapiller » 40-50 votes ici et là. Affirmons-nous pour un Québec libre, énumérons-en les principaux avantages et invitons les citoyens qui croient au « Québec d’abord » à relever le défi et à construire un pays moderne et libre.

La plus sûre recette pour la disparition du PQ, c’est de déplorer que l’indépendance ne soit pas dans l’air du temps. C’est là une attitude perdante. On aura beau maquiller de toutes les façons l’article 1, jamais cela ne suscitera de ferveur populaire et pire, ça démobilisera des milliers de militant.es indépendantistes.

Assumer son leadership, c’est annoncer la destination. Si le projet est emballant, les gens vont vouloir se joindre à la plus importante quête de leur vie ! Qui n’ose rien n’a rien ! Alors, affirmons sereinement notre volonté d’un Québec libre. La majorité retrouvera le goût du pays et entonnera à l’unisson l’hymne indépendantiste : « À partir d’aujourd’hui, demain nous appartient! »

Enfin, renversons la vapeur! La balle est dans le camp de nos adversaires! Dorénavant, les menaces et la peur ne nous atteignent plus ou pour bien leur faire comprendre : « Been there, done that! » Fournissez-nous une argumentation crédible faisant la preuve qu’il est plus avantageux pour les Québécois d’être minoritaires au Canada plutôt que d’être majoritaires au Québec.

Diane Gélinas

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[1] http://www.journaldemontreal.com/2017/07/04/the-grand-seduction

[2] http://vigile.quebec/Les-droits-des-anglophones-du

Diane Gélinas

A propos de Diane Gélinas

"Fille d’un écrivain humoriste, auteur de radio-romans et pionnier de la pub au Québec et d’une réceptionniste très appréciée à CKAC où ils se sont connus, on pourrait dire que le sens de la communication coule dans mes veines depuis ma naissance." Secrétaire et formatrice, impliquée syndicalement et politiquement , Diane Gélinas est retraitée depuis 2001 mais travaille comme rédactrice et traductrice de textes anglais et espagnol en français... par pur plaisir.

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Une réponse à «À vrai dire: La méprise péquiste»

  1. Nicole Hébert
    Nicole Hébert A dit:

    Veillez noter que, suite à la controverse ou au « malaise » que certains propos ont entraînés, et puisque le site cesse ses activités, tous les commentaires sous ce texte ont été supprimés.

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