Obsédante question…

12 juillet 2017

Éditorial

questions-à-poser-acheter-un-appartement -

Je suis curieuse de nature; de ce fait, il y a cette question que je me pose de plus en plus. Pour qui vont donc voter les « indépendantistes » en 2018 ? Je sais que c’est une question qui généralement ne se pose pas et, si elle est posée, à laquelle on évite généralement de répondre  – secret de l’urne. Mais je la pose malgré tout. Des réponses sans ambages ici même seraient sans doute utiles à plusieurs.

En ce qui me concerne, j’ai été claire. En 2018, à moins d’une « révolution » d’ici là, je voterai PQ. Par réalisme. Mais comme je sais pertinemment que plusieurs, ici comme ailleurs, ne partagent pas ce choix, que le PQ et son chef en prennent pour leur rhume par les temps qui courent, j’aimerais être davantage éclairée quant à celui  – le choix – que feront ces « plusieurs », le moment venu. Il me semble entendre souvent dire clairement pour qui on n’a pas envie de voter mais pour qui on votera, c’est plus rare…

Je sais, on a parlé de quelques possibilités, on a fait certaines hypothèses, entre autres de « ralliement » via les efforts du OUI-Québec… Mais concrètement, si vous vous trouviez ici et maintenant dans le cubicule de scrutin, à qui accorderiez-vous votre vote ? Mettons qu’on y est. QS et GND ? ON ? La CAQ ? Un.e « candidat.e indépendant.e »? Le Parti libéral, pour mieux faire un pied-de-nez au PQ ? Ou alors on annule son bulletin?…

On sait maintenant hors de tout doute que la CAQ n’en à rien à cirer de l’indépendance du Québec. F. Legault estime que les Québécois s’en balancent. Mais, M. Legault, « il ne faut jamais jurer de rien », dit le proverbe et l’indépendantisme d’autrui ne se juge pas. Je me permets de rappeler à cet égard l’Édito de septembre 2016.

Alors, sinon le PQ – si, par malheur selon d’aucun.es, il poursuivait sa route sous la direction de Lisée – qui ? Sur qui miser pour, tout en évitant la réélection des Libéraux, donner une chance à cette indépendance de mettre le pied dans la porte ? Au fond, QS ne semble guère en avoir plus à cirer que la CAQ de l’indépendance, si l’on consulte son programme, comme l’a fait Denis Monière (ON) dont le constat est ici résumé par Antoine Robitaille du Journal de Montréal. Au fond, pour QS, un Québec « de gauche » dans le Canada suffirait. Quant aux effets des autres choix éparpillés, tout le monde les connaît…

Alors, quel vote risque de « compter » pour le mieux pour un.e indépendantiste en 2018 ?

Impossible que le PQ se fasse élire ? Avec le peu de support qu’il reçoit, ce serait de fait étonnant. Mais, le PQ s’est fait élire en 2012. Donc, possible. Tout est possible si on le veut. Et surtout si le peuple le décide. Et le peuple est parfois surprenant. Parfois.

Suis-je une « inconditionnelle » péquissssssse, comme on m’en accuse avec un certain mépris, voire un mépris certain ? Non pas. Je sais pertinemment que ce n’est pas très « correct » en ce moment, selon la bien-pensance d’un certain milieu indépendantiste, de faire ce choix. Et surtout de le faire en assumant que son chef, jusqu’à nouvel ordre, est J.F. Lisée, dûment élu. Mais j’aurai toujours le courage de mes opinions, si peu « dans le vent » soient-elles à certains moments.

« Péquisssssse » ? Disons plutôt que je suis une …  Je ne sais trop comment dire. Une opportuniste, tiens donc! Pourquoi pas ? Je voterai PQ parce que je veux l’indépendance de mon pays et que dans mon livre à moi, comme on dit, le seul et unique parti « indépendantiste » susceptible en ce moment de nous remettre sur la route pour 2018, c’est le PQ. Je ne suis pas une rêveuse et je ne vois aucune alternative à l’horizon. Alors, j’attends que l’on m’indique une autre option valable; si elle existe aujourd’hui. Pas demain. Ici et maintenant. Ou alors, que l’on me fasse un dessin précis de celle que l’on estime capable de s’imposer aux Québécois.es d’ici octobre 2018. Entendons-nous bien: pas susceptible de rallier les indépendantistes; capable de rallier les Québécois.es qui voteront ou non pour le pays. Y compris en tentant de convaincre quelques anglos, mais surtout le plus de nouveaux Québécois.es pas « de souche » mais enclin.es à épouser nos racines et notre choix d’avenir.

Oh! je sais, en France, il y a eu Macron!… Le Mouvement et le Miracle. Mais Macron est une exception. Le propre d’une exception c’est de l’être. Pour le meilleur ? Pas si sûr. Surtout si l’on pense à Trump.

Ainsi, je voterai donc PQ en 2018. Dans un an à peine. Sans surprise me dira-t-on. Sans surprise; je me compromets en ce sens. Et, croyez-le, je paye déjà le prix fort pour mes convictions. Mais je m’assume!…

Et vous ?

Que vous soyez ou non indépendantistes, la question se pose… Allez y répondre!

Nicole Hébert

____________

Image: ShBarcelona

Nicole Hébert

A propos de Nicole Hébert

Nationaliste dès la prime adolescence et indépendantiste depuis les premiers discours de Pierre Bourgault. Gaspésienne d'origine, Nicole Hébert est résidente de la ville de Québec depuis belle lurette. Intervenante sociale, elle a oeuvré dans différents milieux: psychiatrie infantile, éducation, toxicomanie. Elle apprécie maintenant une retraite qui lui permet de s'adonner à l'écriture; elle a publié, en 2007, à compte d'auteure, un recueil de "petites choses", intitulé "Étendre au soleil".

Voir tous les articles de Nicole Hébert

4 réponses à «Obsédante question…»

  1. Claude marchand A dit:

    Il faut clairement voter Parti Québecois. Que ce soit par opportunisme, par conviction, par dépit, que l’on soit de droite ou de gauche, si on est indépendantiste, il faut voter PQ.

    Le calcul me semble assez simple : toute autre option mènera au pouvoir un parti fédéraliste que nous n’aimerons pas. Une fois ce cycle infernal brisé, qui aura duré une quinzaine d’années, on votera selon nos convictions. Mais pas avant d’avoir un pays. Ce sera pour ainsi dire un vote stratégique, pour un parti qui est mieux structuré et mieux équipé pour prendre le pouvoir et mener à bien le projet indépendantiste.

    Répondre

  2. Bonneau France A dit:

    Je voterai PQ, c’est certain. Il n’y a que ce choix à faire si on désire un pays.
    Malgré les insatisfactions, imperfections du Parti.
    Rassemblons-nous autour de notre idéal commun. Aucun temps à perdre.

    Répondre

  3. Carole Smith A dit:

    Il faut surtout être pragmatique et réaliste. Dans les circonstances, parmi les choix qui s’offrent à nous, si on est indépendantiste, on doit miser sur le bon cheval. Le Parti québécois, malgré ses erreurs, est le meilleur véhicule pour arriver à donner une voix forte à notre peuple.

    Quelle tristesse de voir que les nôtres ont si bien intériorisé la culpabilité et la honte que nos adversaires savent si bien nous faire avaler. La propagande est en marche depuis tellement longtemps.

    Tant que les indépendantistes ne réaliseront pas qu’ils doivent s’UNIR, la tâche ne sera pas facile.

    Je voterai Parti québécois avec fierté. L’heure est grave!

    Répondre

  4. Josette Dionne A dit:

    Pour qui voter en 2018 quand on est souverainiste? La réponse semble pourtant bien simple, puisqu’il n’y a qu’un seul parti qui soit à la fois souverainiste et bien structuré, organisé et sérieux à cet effet. Et ce, même si on n’aime pas particulièrement son chef. Ou encore, même si le parti ainsi que ses chefs ont pu faire des erreurs, en cours de route!

    Toujours est-il qu’on ne peut nier qu’il soit le seul parti présentement en mesure de défendre efficacement la cause souverainiste. Puisque d’une part, Option Nationale est en mode survie et que Québec Solidaire est, pour sa part, avant tout intéressé par le socialisme. Ce qui peut être très bien en soi, mais pas nécessairement efficace pour la cause souverainiste!

    Ce qui est déplorable, c’est de voir la propagande des opposants à la souveraineté et à la fierté de la nation arriver à s’immiscer si aisément dans la population en général… jusqu’aux sympatisants souverainistes et semer ainsi la zizanie dans les rangs!

    Fallait-il que l’on manque de confiance en soi pour n’avoir pas su corriger le tir après le fameux: « l’argent et des ethnies » de 95! Ce n’était après tout que l’énoncé de données et de faits objectivement vérifés depuis, mais qui furent, hélas, dits dans l’émotion d’une cruelle et injuste défaite! Il serait temps d’en revenir et d’arrêter de donner raison à l’interprétation fournie par la partie adverse. Nous n’avons pas à avoir honte de qui nous sommes, ni oublier notre belle ouverture à l’autre. Mais surtout, il nous faut réaliser que l’adversaire est manipulateur, puissant et sournois!

    Répondre

Laisser un commentaire